De qui se moque-t-on ?

Il est vraiment de plus en plus facile pour nos dirigeants et les technocrates qui les assistent de se moquer de nous. Personne ne les arrête.

Voilà ce qui vient de se passer dans l’école que fréquentent mes petits-enfants à Saint-Denis-de-La Réunion.

Mon petit-fils est plus directement concerné. Lui n’a pas pleuré en vivant les événements du jour mais certains de ses petits camarades n’ont pu retenir leurs sanglots.

La mairie de Saint-Denis de la Réunion, représentée par ses sbires, cumule les erreurs, que dis-je les horreurs en ce qui concerne nos enfants.

Depuis la rentrée d’août (le 18), et oui, nous rentrons de plus en plus tôt, une histoire de calendrier scolaire bâtard, ni métropolitain, ni climatique (encore un sujet de discorde et de « foutage de gueule » des enfants et de leurs parents), donc, depuis cette rentrée 2014, grâce à la réforme des rythmes scolaires, les petits de maternelles sont lâchés chaque soir à 15 heures environ ; ils viennent le samedi matin pour deux heures de 8 à 10 ; les plus grands (cinq ans), ceux de grande section de maternelle n’ont plus le droit de faire la sieste (de toutes façons, il n’y a jamais eu de dortoir). Ceux dont les parents travaillent et qui ont une place en garderie sont à l’école de 8 heures du matin jusqu’à 17 h 30 en passant jusqu’à 2 heures 30 à ne rien faire après 15 heures puisque la garderie, c’est du gardiennage sans activité organisée. Oui pour les petits, aucune activité péri-scolaire n’est prévue, ni maintenant, ni plus tard.

Les rares parents qui se manifestent ne sont guère écoutés. L’administration fait comme bon lui semble sans se préoccuper du sort des enfants. Il faut dire que cette école n’est pas au centre ville, ce n’est ni un quartier particulièrement favorisé ni vraiment défavorisé. C’est un quartier dans lequel bon nombre de parents ne travaillent pas, les mères en particulier. Un quartier qui n’ose pas trop faire de vagues.

Le plus beau dans cette école a eu lieu ce mardi 16 septembre.

La commission de sécurité est passée visiter l’école comme elle doit le faire régulièrement.

Il est rare qu’un avis défavorable à la poursuite des activités dans un établissement soit donné car chaque responsable, chaque commune, est conscient de sa responsabilité et engage les travaux nécessaires à la sécurité de tous. En principe.

Or, alors que depuis des années, rien n’avait été déclaré non conforme, aujourd’hui : patatras, rien ne va plus !

Il parait qu’un bâtiment n’a pas vu de permis de construire déposé, il y a plusieurs années, or la salle de classe était utilisée depuis tout ce temps sans que rien ne soit dit (préfabriqué installé en 2010 et occupé depuis).

Alors que l’instituteur qui avait pris possession à la rentrée de cette salle de classe, un homme consciencieux qui y avait fait des aménagements à la fin des vacances, qui avait déménagé ses affaires, posé un tableau magnétique, investi son temps (et sans doute quelque argent, comme je l’ai fait moi-même du temps où j’enseignais), le maître qui avait bien installé ses petits depuis un mois, s’est vu expulser de sa salle avec sa marmaille, comme ça de but en blanc (pas manu militari, mais presque).

Faute de place dans l’enceinte de la maternelle, lui et ses ouailles ont été déplacés, exilés dans l’enceinte de l’école élémentaire, dans la salle de motricité (ex-salle de gym du temps jadis), salle qui d’ailleurs ne doit pas être conforme à ce que précisent les textes, un minimum de 120 m2 et une hauteur de plafond de 3 à 5 mètres avec aération, climatisation, etc.

Le tout est c’est que mon petit-fils, ses camarades de classe avec leur maitre ont été déplacés comme ça, sans ménagement, d’où les larmes de certains.

Ce soir, mon petit-fils a eu de longs moments de silence et de réflexion. Que se passait-il dans sa tête ?

Pourquoi tant de précipitation de la part de la commission de sécurité et de la mairie ? Tant de précipitation aujourd’hui ?

Par contre, pourquoi rien n’est-il fait pour l’alarme incendie qui ne fonctionne plus depuis des mois ? Rien pour les fenêtres cassées qui n’ont pas été remplacées depuis 2012 ? J’en passe…

L’intérêt des enfants ? Le respect des petits ? Le respect du travail  et de la conscience professionnelle d’un instituteur ?

Quid de la responsabilité de ceux qui ont laissé installer cette classe  ? (Classe qui est utilisée depuis des années), au moins cinq.)

Et si les parents réagissaient et portaient plainte pour mise en danger de la vie de leurs enfants ?

Rien ne va plus, c’est sûr !

L’intérêt de nos enfants… Encore du pipeau !

 

 

 

 

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3 réflexions sur « De qui se moque-t-on ? »

  1. S’il fallait encore s’occuper du bien-être des enfants dans les écoles, où irions-nous ? Je comprends votre colère et peut-être aussi la colère des instituteurs, élus municipaux et autres qui croyaient que tout était en règle ! S’apercevoir au bout de plusieurs années qu’il manque pour l’école, un permis de construire, il y a de quoi vous décourager…
    D’autres écoles ont bien du mal avec les nouveaux rythmes scolaires qui ne semblent pas faire l’unanimité …. Que deviennent les enfants ?

  2. Ping : Le bon sens, la bonté | FrancoiseGomarin.fr

  3. @ Geneviève
    C’est bien ça le véritable problème : que deviennent les enfants?
    Quant aux rythmes scolaires, j’ai écrit un billet sur la situation des écoles de Saint-Denis de La Réunion, difficile de faire pire.

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