I.V.G.

Rien n’est jamais acquis. Non je ne chanterai pas Aragon même si j’aime ses mots.

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n’y a pas d’amour heureux

Non, quand je dis « Rien n’est jamais acquis », je pense à l’IVG. Je me souviens être allée aux manifestations des années 1970, entrainant même ma mère, une fois. J’ai été manifester car je croyais qu’il s’agissait d’un droit indispensable pour les femmes : avoir le droit de devenir mère ou pas et de faire ce choix sans risquer sa vie. Je pense toujours la même chose les femmes doivent être libres de choisir de donner la vie ou non et de disposer de leur corps. Je croyais que ce droit était acquis définitivement. Il n’en est rien.

Ceci dit, je suis contre l’avortement. Je m’explique : je suis contre la suppression d’une vie potentielle et contre le fait qu’une femme puisse faire avorter pour « convenances personnelles » en n’ayant pas utilisé les moyens de contraception qui existent et qui sont à sa disposition MAIS je suis pour que l’avortement soit libre, chacune doit pouvoir faire le choix qui lui convient sans avoir à se justifier. Il s’agit de liberté.

Par ailleurs, je suis contre l’IVG gratuite ou du moins pas systématiquement gratuite. Il n’y a pas de raison que certains contraceptifs soient payants et les avortements gratuits. Il faut que la prise en charge à 100% corresponde à des cas particuliers : jeune fille mineure, viol, malformation du fœtus, risque pour la mère, revenus insuffisants… et pas plusieurs fois par an car certaines considèrent l’IVG comme un moyen de contraception. La Sécurité Sociale devrait rendre gratuits d’autres interventions ou d’autres soins bien avant l’IVG.

Savez-vous qu’un grand nombre de centres pratiquant les interruptions de grossesse ont fermé en France depuis dix ans faute de rentabilité ? L’activité n’est ni gratifiante ni rentable.

Savez-vous aussi que,  même si délai est passé de 10 à 12 semaines en 2001, pour obtenir un premier rendez-vous avec un centre IVG il faut bien souvent attendre 3 semaines minimum ?

J’ai peur pour la liberté et la condition féminine quand je pense aux conservatismes religieux de toutes sortes et aux discours culpabilisants  multiples. Prenons-nous modèle sur les États-Unis d’Amérique une fois de plus ? Voulons-nous reculer comme en Espagne ? Ou être aussi hypocrites que les Italiens ? Il paraît, d’après le ministère italien de la Santé, que 70 à 80 % des gynécologues invoqueraient l’objection de conscience pour ne plus pratiquer d’avortement. Résultat les interventions clandestines seraient en hausse et estimées à plus de 20 000 par an.

En France, la même clause  de conscience existe et n’a jamais été supprimée. La loi précise que l’avortement est accessible aux mineures sans autorisation parentale. Si depuis 20 ans, le nombre d’IVG ne baisse pas et stagne autour de 210 000 par an., c’est que le nombre de mineures qui avortent augmente (une question d’éducation et de morale, encore !).

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2 réflexions au sujet de « I.V.G. »

  1. Pour moi mon coeur balance
    Oui sans aucune hésitation pour l’IVG en cas de viol ou de malformation
    Pour le reste même si la loi française exigeait une forme de détresse ce qui n’a jamais été en réalité le cas ça devrait être un acte de dernière chance sans le banaliser pour autant. La maltraitance existe dans tous les coins de rues et devoir accepter une personne de plus sous son toit n’arrangerait certes pas les choses chez certains couples.
    Alors une vie détruite n’est-elle pas plus préférable à un long calvaire de violences ?
    Personnellement j’opterai à cet âge pour la mort, après c’est chacun qui voit.

  2. Je ne comprends pas pourquoi on a pris le risque de ressortir une loi qui avait l’ avantage d’ exister, juste pour la modifier dans un esprit de libéralisme supplémentaire.
    Pour moi, l’ Ivg doit rester l’ ultime recours.
    Comme tu dis, il existe assez de moyens de contraception, gratuits pour les filles encore scolarisées.
    Et sauf, cas particuliers, en effet, cette intervention ne devrait être à notre charge.
    Il ne faut quand même pas oublier, que la vie d’ un embryon est en jeu.
    bon dimanche Françoise
    bisous

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