Cacatoès

Le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve a ironisé, hier mercredi, sur « le syndrome du cacatoès » visant un député UMP, Jean-Pierre Vigier, répétant « la même chose » que d’autres élus de son groupe « tous les mercredis », lors de la séance de questions au gouvernement.

Le député de l’opposition évoquait la fin du quotient conjugal (qui attaque les couples mariés), « le matraquage fiscal » et « l’obsession » gouvernementale d’attaque contre les familles ». Le Ministre a riposté : « M. le député, vous êtes atteint d’un syndrome bien connu mais qui a fort heureusement un excellent remède : le syndrome du cacatoès »… et il a ajouté qu’il était « absolument convaincu que ce syndrome peut se guérir dès lors que ce cacatoès au moins une fois de temps en temps rencontre la bonne foi ». J’ai failli défaillir en entendant parler de bonne foi. Si c’est la même que celle de Jérôme Cahuzac, de Laurent Fabius, de DSK ou de François Mitterrand… c’est fou comme je crois à la bonne foi des membres du PS. J’ajoute que si les députés UMP sont des cacatoès ceux du PS sont sans doute leurs frères car eux aussi répètent toujours la même chose et ils ont, c’est certain, des cervelles d’oiseaux à la mémoire  très courte.

Si le ministre Bernard Cazeneuve se croit finaud en utilisant sept fois cacatoès, s’il pense être doué en rhétorique, il est bien loin de Zola, l’intellectuel, l’écrivain naturaliste et non socialiste qui n’a pas craint d’affronter l’ordre établi, payant même de sa personne (comme Hugo, Zola dut s’exiler). Sept cacatoès contre huit « j’accuse ». L’anaphore de «J’accuse» montre l’engagement personnel et l’ éloquence de Zola. Malheureusement n’est pas Zola qui veut.

Ce grand auteur utilise également l’ironie, comme Voltaire, pour convaincre le lecteur quand il affirme dans ce pamphlet que les trois experts en écriture ont menti «à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue ou du jugement». Il emploie aussi des métaphores qui apportent du lyrisme à son texte : «la passion de la lumière», «le cri de mon âme», «l’explosion de la vérité» ; Zola croit à ce qu’il écrit, il est impliqué dans cette affaire et prend des risques personnels. Mais au fait savez-vous comment est mort l’écrivain ? D’une asphyxie au gaz, des émanations toxiques produites par sa cheminée. Immédiatement qualifiée d’accident, sa mort n’a cessé de soulever questions et controverses. Assassinat ? (Le premier qui dit la vérité, Il doit être exécuté… air connu).

J’ai retrouvé d’autres textes de Zola qui s’appliquent à notre époque et nous montrent que rien n’a véritablement changé, bien au contraire : « Là est ma continuelle stupeur, qu’un tel retour de fanatisme, qu’une telle tentative de guerre religieuse, ait pu se produire à notre époque, dans notre grand Paris, au milieu de notre bon peuple. Et cela dans nos temps de démocratie, d’universelle tolérance, lorsqu’un immense mouvement se déclare de partout vers l’égalité, la fraternité et la justice ! […]

Désarmons nos haines, aimons-nous dans nos villes, aimons-nous par-dessus les frontières, travaillons à fondre les races en une seule famille, enfin heureuse ! Et mettons qu’il faudra des mille ans, mais croyons quand même à la réalisation finale de l’amour, pour commencer du moins à nous aimer aujourd’hui autant que la misère des temps actuels nous le permettra. Et laissons les fous, et laissons les méchants retourner à la barbarie des forêts, ceux qui s’imaginent faire de la justice à coups de couteau. » […]

« Regardez-moi, messieurs : ai-je mine de vendu, de menteur et de traître ? Pourquoi donc agirais-je ? Je n’ai derrière moi ni ambition politique, ni passion de sectaire. Je suis un libre écrivain, qui a donné sa vie au travail, qui rentrera demain dans le rang et reprendra sa besogne interrompue. Et qu’ils sont donc bêtes ceux qui m’appellent l’Italien, moi né d’une mère française, élevé par de grands-parents beaucerons, des paysans de cette forte terre, moi qui ai perdu mon père à l’âge de sept ans, qui ne suis allé en Italie qu’à cinquante-quatre ans, et pour documenter un livre. […] Et, si même je n’étais pas Français, est-ce que les quarante volumes de langue française que j’ai jetés par millions d’exemplaires dans le monde entier, ne suffiraient pas à faire de moi un Français, utile à la gloire de la France ! »

Pour en revenir à nos jours, si hier traiter Taubira de singe était indigne et inadmissible, aujourd’hui traiter le député Vigier de cacatoès n’est pas plus rigolo… et sans aucun doute moins ressemblant, les Hommes étant plus proches des singes que des oiseaux. Ce que je retiens de tous ces échanges c’est qu’on pourrait créer l’expression « Méprisant comme un socialiste ». Est-ce le manque d’argument qui les fait agir ainsi ? Et dire que j’y ai cru…

« La vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera », une petite phrase extraite de « J’accuse » d’Émile Zola. Tremblez, menteurs de tous bords !

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Une réflexion au sujet de « Cacatoès »

  1. il y a certes l’ arrogant Cazeneuve, mais aussi le pitoyable Ayrault qui avec sa voix de fausset tente de faire croire qu’ il est soutenu par le président !
    et que dire de Cécile, bien trop heureuse de son statut pour imiter Mamère, bien qu’ on se moque des verts
    Autant de ministres, autant de faux jetons, mais à droite ce n’ est pas mieux !
    un certain Martin va rejoindre la cohorte socialo, pas si âne que ça !
    La cacatoès au moins est beau !
    bonne journée Françoise
    bisous

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