Rien ne va plus

« Faites vos jeux. Rien ne va plus ». Ces derniers mots signifient que la période de mises est terminée à une table de casino et que la partie peut commencer : « Les jeux sont faits ! » . Cette autre expression (titre d’un roman de Jean-Paul  Sartre, paru en 1947) indique qu’il n’y a rien plus rien à faire, qu’il est trop tard pour changer le cours du destin. Et aujourd’hui en France ? Entre le Président et le Premier Ministre ? Entre le peuple et le gouvernement ?

Il semble que rien en va plus entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Je crois surtout que le dialogue de sourds est à la mode, stérilité d’échanges polémiques qui se termine par des ordres de « silence » et des désordres au sein de la majorité.

Des dialogues de sourds en France en 2013, il y en a eu depuis le « Mariage pour tous »… Que se passe-t-il aujourd’hui à Notre-Dame-des-Landes ? À Trappes ? Qu’en est-il du rythme scolaire quand les parents, les enseignants, les maires s’y opposent et que le Ministre continue sa réforme ? De la semaine des 35 heures ? De la retraite à 60 ans ? Peut-on rabibocher le patronat et le gouvernement ? Les syndicats et les travailleurs ? Des hausses d’impôts ont suscité le mécontentement des patrons «pigeons», les petits patrons que l’on confond trop souvent avec les « gros patrons ». A-t-on écouté sérieusement ces petits qui fournissent beaucoup d’emplois ? Quid des artisans sérieux qui galèrent de plus en plus ? Que raconter encore au peuple pressuré, tondu par l’État ? Entend-on ce peuple qui grogne de plus en plus souvent  ? Pas assez fort ? Ne peut-on en finir avec les politiques d’austérité successives ?  Et l’Europe ? Écoute-t-on le bon sens des petites gens ou seulement les avis d’énarques surpayés ?… Les décalages sont trop grands. Le fossé se creuse entre droite-gauche, haut-bas, pauvres-riches, élite-prolétaires, hommes-femmes, jeunes-vieux, fonctionnaires et salariés du privé, police-peuple… L’exaspération est grande et les compromis impossibles à établir, chacun défendant son bout de gras et ne se remettant pas en question. Une grande question générale : Le pouvoir rend-il encore plus sourd ?

Une petite chanson pour finir ? Connaissez-vous ce reggae-là ?

Voilà les paroles de ce « Dialogues De Sourds » :

Surveiller les images, contrôler les radios
Nous allons les prendre pour des idiots
Qu’ils se comportent comme des moutons
Que nous soyons à l’aise pour jouer le rôle des matons
Qu’ils viennent nous demander pardon
Nous garderons les rênes, nous contrôlons l’information
Mais pour durer en politique, cher collaborateur,
N’oubliez jamais qu’avant tout il faut leur faire peur
Placer des bombes ci et là pour effrayer la foule
et nous verrons qui est là pour éloigner la foudre
Nous chasserons les barbares et les fous
qui ne croient pas que la démocratie capitaliste est une fin en soi
Nous voulons un monde meilleur
Décrocher les wagons pour ne garder que les meilleurs
Mais si vous n’en êtes pas, aller voir ailleurs,
Comptez sur vos écrans pour vous le rappeler d’ailleurs
Refrain:
Ils veulent faire mal
Ils veulent faire mal
Rassasier le monde de leur valeurs animales
Ils veulent faire mal
Ils veulent faire mal
Fatiguer l’esprit critique et le sens moral
Nous ne sommes pas tous de grands chercheurs avérés
Mais, ne nous prenez pas non plus pour les dernier des teubês
Nous sommes convaincus que tout reste à prouver
Si l’équilibre existe nous allons le trouver
Avec ou contre vous mais vous devez compter avec nous
Car à nous prendre pour des fous vous allez briser vos genoux
A chacun sa conception des choses
La mienne est si différente de la vôtre je crois que tout nous oppose
Dialogue de sourds, on entend comme un bruit qui court
Ce n’est pas la haine je l’assure ni la revanche qui nous animent,
Mais à vos frasques grand public j’oppose une misère anonyme
Et quand les tentes se montent par dizaines sur les quais de la capitale
Ne pensez vous pas que ces hommes aimeraient changer de littoral
Et quand ils dorment dans des cartons pensez vous que c’est une farce
Qu’ils jouent à cache-cache et que leur maison est en face ?

Chacun ses mots. Ses maux aussi. Ce n’est pas du Baudelaire, ni du Hugo, c’est plus actuel.

Faut-il garder espoir ? Je le crois.

Je l’espère.

 

 

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4 réflexions au sujet de « Rien ne va plus »

  1. Là encore, c’ est l’ Allemagne qui donne l’ exemple !
    Son président est le garant des institutions du pays, et il donne les grandes orientations au Bundestag.
    C’ est la chancelière qu dirige le pays !
    En France, le premier ministre est devenu un pantin qui n’ a plus les mains libres, et doit jouer au bon chien, s’ il ne veut pas être sorti de la niche par le président !
    Tous ces couacs nous coûtent cher, et freinent toutes avancées possibles !
    Il est grand temps de changer les choses, mais ce ne sera pas la gauche qui le fera, destructrice de la nation française au bénéfice des communautés.
    Bonne journée Françoise
    bisous

  2. Il n y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre… Et ces sourds ont été très forts pour nous donner des os à ronger (mariage pour tous ou autres) pour qu’on se déchire, diviser pour mieux régner, vieille méthode !

    Passe quand-même un beau Noël Françoise, bisous

  3. Rien ne va plus et « ils s’en foutent »… eux ils sont à l’abri….

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