Nostradamus

Je vois déjà certains se demander si j’assure des prédictions pour 2014. Non, n’y comptez pas, d’autres s’en chargent. Comme chaque année, entre décembre et janvier, nous avons droit d’une part aux rétrospectives de l’année qui s’achève et d’autre part aux prévisions, présages, prédictions et autres prophéties pour l’année à venir.

Sans risque de me tromper, je pense qu’on apprendra qu’il y aura un tremblement de terre… au Japon, aux USA (depuis le temps qu’on attend The Big One) ou ailleurs… et un grand rassemblement sportif avec des réussites pour les uns et des déceptions pour les autres… L’art de cultiver le flou et de faire patienter ou espérer.  J’ai une idée qui me fait sourire mais  permettrait enfin d’ouvrir les yeux de certains  : au moment des prédictions pour l’année à venir, il faudrait rappeler celles de l’année précédente et faire une sorte de comparatif avec les réalisations. Surprises à coup sûr. On se moque de nous pour nous faire acheter du papier ou nous endormir un peu plus. Il n’y a pas que de charlatans, diront certains. C’est vrai mais combien de profiteurs ?

Pourtant, moi qui aime l’histoire j’ai envie de vous parler d’un devin : NOSTRADAMUS qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis des siècles.

C’est en 1555 que parait à Lyon la première édition des « Centuries astrologiques » signée Nostradamus, de son vrai nom : Michel de Nostre-Dame. Né à Saint-Rémy-de-Provence en décembre 1503, d’origine juive, il fut apothicaire plutôt que médecin (les faux médecins pullulaient en ce temps-là) et astrologue comme bon nombre de ses confrères de l’époque. Il s’établit à Agen, se marie, a deux enfants qui meurent lors d’une épidémie de peste. Il se met à voyager et outre l’acquisition de nouvelles connaissances en herboristerie et hygiène, il se rend compte de son « don » de voyance. En effet, un jour, il croise un moine sur la route, tombe à genoux devant lui en disant : « Je m’agenouille devant Sa Sainteté », ayant reconnu dans ce modeste religieux le futur pape Sixte V.

De retour dans sa région natale, il s’installe à Salon-de-Provence en 1546, ouvre un cabinet médical, se remarie en 1547 avec une jeune veuve de la ville, lui fait six enfants et se tourne vers le ciel, les étoiles, les observations astrologiques. En 1550, il rédige son premier almanach populaire qui contient une collection de prédictions, un calendrier et d’autres informations énigmatiques et polyglottes. En 1555, il rédige des prédictions perpétuelles dans un ouvrage, de plus grande envergure et presque sans dates ciblées, publié par l’imprimeur lyonnais Matthieu Bonhomme : ce sont les Prophéties qui feront  sa gloire auprès de la postérité malgré leur côté « imperméable ». Le style des quatrains est obscur ; le vocabulaire est un mélange de français moyen, de latin et de grec ainsi que de provençal  qui donne aux exégètes une grande liberté d’interprétation.

Pour ajouter du mystère à ses quatrains, Nostradamus a employé toutes sortes de figures littéraires. Une chose est sûre, cette œuvre lui apporta la notoriété. Catherine de Médicis, passionnée d’occultisme, fit venir Michel de Nostre-Dame à sa cour en juillet 1556. Le devin lui annonça alors que ses trois fils monteraient sur le trône de France, prédiction qui se réalisa puisqu’ils seront tour à tour François II (mort à 16 ans dans d’insupportables maux d’oreille), Charles IX (pleurésie à 24 ans) et Henri III (assassiné, le dernier des Valois). Leur père, le roi Henri II leur avait rapidement laissé la place, mourant à quarante ans, d’une blessure à l’œil lors d’un tournoi que Nostradamus aurait prévu dans ce quatrain :

« Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle. »

mais que ni Nostradamus, ni ses contemporains n’ont relié alors  à l’événement.

En 1564, Charles IX confie à Nostradamus (qui meurt deux ans plus tard), l’importante charge de médecin ordinaire du Roi, une situation prestigieuse. Le 2 juillet 1566, Nostradamus rend visite au Roi (qui le protégea contre les chasseurs de sorcières de l’Inquisition), reçoit en cadeau trois cents pièces d’or du souverain, rentre chez lui, met l’argent en sûreté, se sent mal et meurt avant même d’avoir pu s’étendre sur son lit.

De retour d’ambassade, Don de roy mis au lieu,
Plus n’en fera : sera allé à Dieu,
Parans plus proches, amis, frères du sang,
Trouvé tout mort près du lict et du banc.

La raison principale de ce style nébuleux serait-elle simplement le désir d’assurer la pérennité de l’œuvre ? À moins que, tout bonnement, l’astrologue ait rédigé ses prédictions pour éviter toute poursuite ou toute accusation d’hérésie.

Il avait du sang juif, son grand-père s’était converti mais il est conseillé d’être prudent quelquefois.

2 réflexions au sujet de « Nostradamus »

  1. j’ ai tenté de lire ses prédictions, mais j’ ai trouvé ça abscon !
    L’ homme est ainsi fait, que bien que la vie soit courte, il voudrait toujours connaitre le futur, ce qui explique certainement l’ abondance de cabinets de voyance.
    Pourquoi chercher à savoir, puisque dit on l’ histoire se renouvelle sans cesse !
    bonne journée Françoise
    bisous

  2. Il y a de nombreuses années, je vendais des bibles sur une foire…. et bien celui qui vendait « Nostradamus » en vendait plus que moi… j’étais pas content content du tout…. Par contre content de t’avoir faire contente…
    Sincèrement
    Jean

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