Les mots tordus

Certains répètent des phrases mal entendues ou mal comprises, sans chercher à réfléchir. Des perroquets en somme. Cette déformation des mots entendus est la base d’un jeu : le jeu du téléphone arabe. C’ est un jeu très connu et très ancien qui se joue à plusieurs. Personne ne gagne dans le jeu du téléphone arabe, le principe est simple et tous les participants s’amusent. Le jeu montre les déformations que peut subir un message lorsqu’il passe d’une personne à une autre. Dans la vie courante, certains déforment sans s’en rendre compte. Quel meilleur exemple que celui de Coluche ?

« Il n’est pas sorti de la cuisine de Jupiter ». Cuisine au lieu de cuisse. j’ai utilisé quelquefois l’expression déformée mais je ne sais pas comment elle a été perçue. À en juger par la tête qu’a fait la fille d’une de mes amies, j’ai dû passer pour une demeurée quelques fois. Voilà le problème des générations : « nous n’avons pas les mêmes valeurs » ou du moins pas les mêmes références intellectuelles.  Dans le cas de la fille de mon amie, j’ai expliqué Coluche, etc, mais combien de fois ai-je été décalée, incomprise ? Pas grave ! J’en ris toute seule. Alors une petite série de mots et d’expressions déformés. Je suis certaine que vous avez déjà entendu beaucoup de mots surprenants.

« Vieux comme mes robes » pour « vieux comme Hérode ».

« Attention, les murs ont des orteils ». Les oreilles, je comprenais, les orteils… pour déplacer les murs peut-être ?

« Au diable les varices » au lieu de « Au diable l’avarice ». C’est vrai que les varices sont laides et inconfortables. Au diable, donc !

« Ça se vend à la vitesse de l’équerre » ! Sans doute au moment de la rentrée des classes.

« Ça m’a mis l’astuce à l’oreille »… Est-ce mieux qu’une puce ? Dans ce monde qui se veut stérilisé, sans doute. La puce électronique à l’oreille, c’est bien aussi pour les discours, examens, concours…

« Ça me fait ni feu ni flamme » : joyeux mélange du « ça ne me fait ni chaud ni froid » et du « il est tout feu, tout flamme ». Surprenant !

« Ce gars là est un bout du train« . La dernière roue du carrosse ? Loin du boute-en-train, cheval ou oiseau ?

« C’est la foire d’Antoine, ici ! » pour la foire d’empoigne. Fauteur de trouble, Antoine ?

« C’est un juste boudhiste » qui a oublié sa zénitude, un fanatique oui ! Un jusqu’au boutiste.

« Des pommes de terre en robe de chambre » au lieu de « Des pommes de terre en robe des champs ». L’expression fautive semble avoir été acceptée.

 « En bonnet difforme », c’est pas joli. « En bonne et due forme », c’est mieux.

« Fier comme un petit banc » ou « un bar-tabac » au lieu de « Fier comme Artaban ».

« Il a pris la foudre d’escampette. »

« Il avançait à pas de serpent » encore plus silencieusement que le loup. Remarquez qu’un serpent à pattes, c’est très rare. Un lézard, sans doute.

« Il est entre la vie et la morgue » ! À l’hôpital, sans doute ? Soins intensifs ? Urgences ?

« Il a vraiment besoin de redorer son plastron ». Les blasons se font rares, c’est vrai.

« Il faut mettre de l`eau dans son bain ! » Oui il faut, c’est mieux. Dans son vin, bof !

« Il faut remettre les pendules à leur place ». Et à l’heure en même temps, non ?

« Il ne faut pas tout prendre au pli de la lettre. » Au pied de la lettre, mais pourquoi le pied ?

« Il ne voit pas plus loin que le bout de son pied. » Le nez, c’est encore plus court.

« Il s’emmerdait comme un roi mort. » Moi, je préfère les rats morts !

« Ils vont voir de quel bois je me chausse ! » Des sabots ? Et le chauffage à la tourbe  ?

Il y a loin de la soupe aux lièvres.

J’ai besoin d’un tournevis crucifix.

J’ai l’estomac dans les pantalons.

« Je le connais ni des lèvres ni des dents » au lieu de « Je le connais ni d’Ève ni d’Adam ».

 Les pas drôles s’envolent, les aigris restent.

« Les pieds de Damoclès » au lieu de « L’épée de Damoclès.

« Manger à la fortune du pauvre » au lieu de « Manger à la fortune du pot ».

On lui a rendu l’appareil.

On peut les compter sur le dos de la main.

On va régler ça en un tour de rein !

Paris ne s’est pas construit en plein jour !

Se retrousser les coudes – avec de l’huile de manche ?

 » Suzanne ouvre-toi  au lieu de « Sésame, ouvre-toi ».

Taper du poing sur les i.

T’as pas les oreilles qui enflent toi ! Non, j’ai les chevilles qui sifflent.

Tous les égouts vont dans la nature. De quoi devenir vert !

Vous m’enlevez l’eau de la bouche. Et le pain, il met l’eau à la bouche ?

 « Un violon dingue » au lieu de « un violon d’Ingres ».

*****

Si le cœur vous en dit, vous pouvez m’en citer d’autres. Merci d’avance.

 

2 réflexions au sujet de « Les mots tordus »

  1. Merci Maman, j’ai beaucoup ri !
    Moi j’ai cru aux « pots de sauce devant les yeux » jusqu’à ce que je découvre le « poteau rose » quand j’étais plus jeune !

    Je suppose que certains n’ont plus « les oeufs en face des trous », ennuyeux quand on est une poule.
    Ici, à la Réunion, tous les chemins mènent au rhum.

  2. Coluche nous en avait fait un sketch complet, avec le savant de Marseille, et le fameux chien des montagnes le sarah bernardt

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