Avaler la pilule et la dorer

Hier, je terminais mon billet en pointant le fait que ce sont toujours les mêmes qui paient : des cotisations, des impôts, ou des diminutions de remboursement… et ça, pour que d’autres profitent d’un système inadapté et d’autres encore se glorifient de se montrer généreux avec de l’argent qui ne leur appartient pas ; le leur, ils l’ont mis à l’abri ; en plus ils vivent «aux frais de la princesse» France qui est un peu ruinée. Une pilule un peu amère et difficile à avaler.

Avaler la pilule” signifie endurer patiemment quelque chose de désagréable ou croire un mensonge. Nous en avalons des pilules depuis des mois et même des années et nous avons des spécialistes, nos politiciens pour nous “faire avaler la pilule”, nous faire croire leurs mensonges  et nous faire accepter, à l’aide de paroles mielleuses ou de quelques minuscules détails favorables un avenir incertain et une situation particulièrement difficile. C’est de la même veine que l’avalage de couleuvres dont j’avais parlé dans un précédent article (clic).

L’expression “dorer la pilule” est proche de la précédente expression, elle désigne le fait de maquiller quelque chose pour le rendre attirant ou de flatter quelqu’un pour lui faire accepter quelque chose de désagréable ; elle trouve son origine, il y a de nombreuses années, autour du XVIIe siècle. À cette époque, les pilules étaient directement fabriquées par les apothicaires mais elles avaient deux gros défauts : elles avaient souvent un goût infâme et elles avaient tendance à coller entre elle. Un pharmacien de ce temps eut alors une idée remarquable pour que les patients avalent leurs médicaments sans rechigner : les pilules étaient enrobées de sucre voire d’une fine pellicule d’argent ou d’or ; ah les jolies pilules ! Il va de soi qu’avec une couverture d’or, le prix du médicament montait en flèche mais la pilule était ainsi moins dure à avaler : sucrée, colorée.

Au XXe siècle, est née l’expression pronominale “Se faire dorer la pilule” ou «se dorer la pilule» qui n’a aucun rapport avec “dorer la pilule”.  Elle signifie se faire bronzer ou “se la couler douce”. Le mot dorer a dû faire rêver les gens qui commençaient à prendre plaisir aux congés payés et qui avaient besoin de soleil, de détente. On peut faire un rapprochement entre la peau cuivrée d’un adepte du farniente et les pilules vendues pour la protection de la peau avec un effet “bonne mine”.

Il me revient en tête une autre expression «se dorer les miches» ; c’est plus gros que la pilule mais le résultat est le même : faire bronzette.

Pour le moment en France métropolitaine, le bronzage n’est pas une réussite.

4 réflexions au sujet de « Avaler la pilule et la dorer »

  1. Très bien cet article, il fallait mettre ça au « clair ». En contradiction avec la bronzette, car comme tu le dis si bien , ça tarde à venir le soleil

  2. Puisqu’il n’y a pas de soleil, il y a toujours vos articles pour nous faire sourire, même quand ils nous rappellent notre vie actuelle ! Au moins, ils sont instructifs ! « Dorer la pilule » c’est ce qu’on nous fait….Nos politiques en connaissent « un rayon » en la matière . En connaître un rayon ? quelle explication nous donnez-vous pour cette expression imagée, mais qui date de quelle époque ?
    Je vous souhaite un bon dimanche et je vous embrasse Françoise.

  3. disons que quelque soit la crise, nos gouvernants savent se dorer la pilule en nous la faisant avaler !
    Toutefois, les excipients cachent de moins en moins l’ amertume !

  4. Bonjour Françoise
    Des expressions à connaître pour ne pas les utiliser
    « à tort et à travers »
    Bisous et doux lundi
    Frieda

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