Drôles d’oiseaux

Hier, je m’attardais sur «le dindon de la farce» et je me disais que les oiseaux sont très souvent mis en cause dans les expressions relatives à la bêtise. Quand on parle de noms d’oiseaux et surtout quand on se les donne, ça revient à s’insulter, à s’injurier. On est loin des oiseaux des îles, d’Hitchcok dont j’avais parlé LÀ  ou ou encore ICI et LÀ.

Pour mettre en évidence la sottise, on traite une personne de bécasse ou de bécassine (la célèbre et naïve Bécassine de jadis portait ce prénom, elle débarquait de sa Bretagne natale pour travailler à Paris comme bonne à tout faire. C’était une véritable oie blanche avec une cervelle d’oiseau. Hier, je disais que les filles étaient traitées de dinde, les hommes de dindons (rarement, non pas que la bêtise soit essentiellement féminine comme certains s’entendent à le répéter mais parce que les insultes envers les hommes sont au féminin la plupart du temps) ; la bécasse et la buse sont asexuées comme la tête de linotte qui note plus la distraction que la bêtise.

Je reviens encore sur la buse : pourquoi est-elle affublée quelquefois d’un coefficient multiplicateur ? La triple buse, vous en avez entendu parler. Pourquoi la buse seule peut-elle être triple ? Pas assez bête qu’il faille tripler la dose ou au contraire déjà si bête que l’être en triple, c’est être bête au delà de tout ce qui est imaginable ? Je me pose souvent des questions inutiles mais je ne peux empêcher mon cerveau de s’agiter.
Pourquoi des noms d’oiseaux féminins adressés à un homme ? Pour être encore plus injurieux ? Le nom est féminin, c’est une sorte de double peine, imaginez le pauvre homme traité de triple buse…

Une expression désuète existait au masculin : le grand serin plus rare aujourd’hui que le pigeon ou le dindon. Voilà ce que j’ai trouvé dans un dictionnaire d’argot à l’article  serin : Imbécile, idiot, niais ; type (péjoratif), terme de familiarité ; insulte. On peut dire : serin,  grand serin ; gros serin ; bougre de serin ; vieux serin ; passer pour un serin.

Et maintenant, pour finir une liste alphabétique, non exhaustive de noms d’oiseaux et d’expressions associées.

Aigle : «Ce n’est pas un aigle», c’est une personne peu intelligente, médiocre.
Alouette : le «miroir aux alouettes» est un piège séduisant qui fascine et qui trompe.
Autruche : hypocrite. «La politique de l’autruche», c’est refuser de voir le danger ou de voir, de regarder la vérité.
Bécasse : personne sotte, nigaude.
Bécassine : jeune fille niaise.
Buse : personne sotte et ignorante qui peut être « triple ».
Butor : personne lourde, stupide, grossière ; être brutal.
Canard : boiteux pour être intéressant ; être un canard boiteux, une personne mal adaptée au milieu dans lequel elle se trouve. Le canard boiteux équivaut souvent au cygne noir ou au vilain petit canard…
Chouette : femme laide, acariâtre. La « vieille chouette » serait réservée aux femmes d’un certain âge pas très avenantes, revêches et curieuses.
Coq : homme qui séduit ou se vante de séduire de nombreuses femmes. « Le petit coq » représente un personnage qui fait du bruit et se rengorge pour se donner  de l’importance.
Corbeau : auteur de messages anonymes ou très péjorativement celui qui dénonce.
Dinde : femme, fille stupide.
Dindon : être le dindon de la farce, la victime, la dupe dans une affaire.
Faisan : individu qui vit d’affaires louches.
Faucon : partisan de la force dans le règlement d’un conflit.
Geai : bavard comme un geai, être très bavard. Attention, on trouve quelquefois « un geai paré de plumes de paon » : une personne qui s’attribue les mérites d’autrui.
Grue : prostituée, fille de petite vertu.
Hibou : vieux hibou, homme triste, solitaire.
Hirondelle : policier à bicyclette (clic) ; avoir une hirondelle dans le soliveau, être fou.
Linotte : tête de linotte, personne écervelée, agissant à la légère.
Merle : vilain merle, personnage peu recommandable.
Moineau : cervelle de moineau, esprit faible.
Drôle de moineau : individu désagréable ou méprisable.
Manger comme un moineau : avoir un petit appétit.
Oie : personne très sotte, niaise. Oie blanche : jeune fille niaise, très innocente.
Boniments à la graisse d’oie : médiocre, de peu de valeur.
Oiseau : cervelle d’oiseau, petit esprit, étourdi. L’oiseau se décline en :
– Drôle d’oiseau : personnage bizarre.
– Être comme l’oiseau sur une branche : dans une situation précaire.
– Manger comme un oiseau : manger très peu.
– Oiseau rare : une personne ayant beaucoup de qualités.
– Oiseau bleu : personne (chose) impossible à trouver.
– Oiseau de mauvaise augure : personne qui apporte une mauvaise nouvelle.
Paon : fier comme un paon, d’une manière visible et risible.
Pousser des cris de paon : pousser des cris aigus.
Se parer des plumes du paon : tirer vanité des mérites d’autrui, vu plus haut avec le geai.
Perroquet : parler comme un perroquet, répéter, réciter sans comprendre.
Perruche : femme bavarde qui fatigue par des propos sans intérêt.
Pie : personne très bavarde ; trait réservé aux femmes, semble t-il.
Pigeon : homme naïf, facile à duper.
Pinson : gai comme un pinson, d’une gaieté expansive.
Poule : la poule, quand elle est mouillée, renvoie à la poltronnerie, au féminin comme au masculin. Quand la poule devient cocotte, elle désigne une personne de mœurs légères, c’est une grue. Il y a même des poules de luxe.
– Se coucher avec les poules, c’est se coucher tôt ; non, ne pensez pas de travers.
– Quand les poules auront des dents : jamais.
Poulet : familièrement, un policier qui (on l’a vu plus haut) peut-être hirondelle.
Rossignol : quelquefois même vieux rossignol, invendu, sans valeur, démodé ou invendable
Serin : niais, nigaud.
Vautour : personnage dur et rapace. Le vautour est en général utilisé pour désigner un individu dangereux qui ne recule devant rien, sans scrupule et amoral. Il y en a de plus en plus. L’espèce est loin d’être en voie d’extinction.

Restent de drôles d’oiseaux : les Shadoks . Ce sont des oiseaux avec de très longues pattes, de drôles d’oiseaux pas si bêtes qu’on pourrait le croire.

4 réflexions au sujet de « Drôles d’oiseaux »

  1. Bravo! voilà un superbe article! sûr que ce n’est pas… de la « roupie de sansonnet!!! Hihi! Bonsoir A+

  2. Bonjour douce Françoise, sais-tu qu’avoir un appétit de moineau est une fausse note ? En vingt-quatre heures un moineau peut manger, une quantité d’aliments dont le volume dépasse en moyenne trois ou quatre fois son propre volume. Hi Hi

    Vendredi, déjà, un vrai bonheur.
    Vive l’été et la musique !

    Merci à quelques amis qui m’ont renseigné pour Lysrose. Quelle

    tristesse que des personnes malfaisantes poussent de si gentilles

    personnes à bout, à tel point qu’elles craquent et ferment leur blog.
    Lorsque l’on sait que bien des gens n’ont qu’internet pour ne pas être

    seules, c’est pitoyable que d’autres les réduisent à plus rien.
    Honte à ceux-ci !

    Je viens pour ma part t’offrir mon sourire, mon café, mon amitié et

    tout ce que tu attends de mes messages et de moi.
    Lorsque l’on donne, il ne faut rien attendre en retour, je n’attends

    qu’une chose de toi, c’est que tu sois heureuse (eux) de me lire

    chaque jour.

    Je te souhaite un doux été sans tempête et sans orage.
    Prends soin de toi de ceux que tu aimes et même de moi si
    tu le souhaites, j’adore que l’on me dorlote hi hi !

    Lolli

  3. Et bien, voilà résumé toutes ces expressions relatives aux oiseaux.
    c’ est tout de même étonnant, parce que rien ne correspond à la réalité !
    il y a même des corvidés capables de se servir d’ un outil, pour se procurer de la nourriture !
    Le perroquet peut être, encore qu’ il ne répète qu’ à bon escient !

    au final, l’ homme renvoie souvent aux animaux, oubliant qu’ il en est issu !
    bonne journée Françoise
    bisous

  4. rôles d’oiseaux… Oui, cela ne manque pas !!!
    Aujourd’hui nos amis reçoivent leurs enfants qui reviennent pour 3 semaines d’où? de la Réunion où ils sont allés vivre….

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