La vanille de l’île de La Réunion

La vanille de la Réunion fait partie de l’appellation «vanille Bourbon», normal puisque l’île de la Réunion s’appelait jadis Ile Bourbon, mais la vanille de la Réunion, c’est la vanille de la Réunion. Bien meilleure et bien plus soignée que les autres vanilles venant de Madagascar ou d’ailleurs.

La vanille Bourbon ou vanille de Bourbon est un label créé en 1964 pour différencier les productions de vanille (Vanilla planifolia) de l’Océan Indien (en particulier celle de la Réunion) des productions  antillaises, mexicaines ou tahitiennes (vanilla Pompona).

Ce label s’applique aujourd’hui à la vanille provenant de l’île de La Réunion, de Madagascar, des Comores ou de l’île Maurice, c’est pourquoi chaque pays cherche maintenant à développer sa propre marque d’origine géographique.

La vanille est une orchidée originaire du Mexique.
Les Aztèques l’utilisaient déjà bien avant l’arrivée des conquistadors espagnols, elle était utilisée pour parfumer le cacao, une boisson composée de miel, de farine de maïs et de piment. Les conquistadors l’emportèrent alors avec l’or et elle arriva en 1516 à la cour espagnole. En 1602, un Anglais l’utilise pour parfumer les bonbons. En 1762, Bezaar Zimmerman, un médecin allemand, la déclare aphrodisiaque, ce qui lui assure une renommée certaine.
 Elle arrive enfin en France en 1812 grâce à un jardinier nommé Milier qui l’utilise de façon ornementale. La vanille débarque finalement à la Réunion le 26 juin 1819 avec le commandant Pierre-Henri Philibert Marchand. Il veut diversifier les ressources de la colonie, mais si la vanille n’a aucune difficulté à pousser sur la côte Est, elle a besoin d’un insecte particulier pour être fécondée et donner des gousses. Il lui faut l’abeille appelée Mélipone que l’on ne trouve qu’au Mexique. Comment faire ?

Les plantes à la Réunion ne pouvaient pas produire ces précieuses gousses et la culture de cette orchidée décevait avec ses très faibles résultats. Cependant, en 1841, un miracle se produit : un jeune esclave, Edmond Albius, découvre une technique de fécondation manuelle de la fleur. Grâce à une épine de bois, il déchire la membrane qui empêche les organes de la fleur de se rencontrer. La légende veut qu’Edmond, un jour où il était en colère contre ses maîtres, froissa (écrasa ?) des fleurs de vanille entre ses doigts. C’est ainsi que la fleur se transforma quelques jours plus tard en une gousse. Une version de l’histoire plus édulcorée, lénifiante, m’a été servie samedi dernier lors de ma visite à la coopérative de Bras-Panon : esclave et orphelin de naissance, Edmond aurait été recueilli, éduqué, instruit, initié à la botanique et à l’horticulture par Féréol Bellier-Beaumont, son maître. C’est joli mais je n’y crois guère. L’esclave Edmond n’a été affranchi que deux mois avant la proclamation officielle de l’abolition de l’esclavage, (je reviendrai sur les détails un autre jour) et il est mort à cinquante et un ans dans un hospice, dans le plus parfait dénuement. Je ne dis pas qu’il n’existait pas de bons maîtres mais de là frayer avec les esclaves, c’est de l’utopie.
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La vanille est cultivée dans des vanilleraies qui se situent principalement sur la « côte au vent », à l’Est de l’Ile. La plante est une liane qui n’a besoin que d’un tuteur pour pousser (le bois de chandelle),  une orchidée qui ne peut se féconder toute seule, il faut donc le faire manuellement à défaut de l’insecte pollinisateur qui convient. Cette opération se déroule de septembre à décembre, c’est un travail dévolu aux femmes qui sont appelées les « marieuses ». Elles peuvent féconder jusqu’à 2 000 fleurs par jour.

Les gousses vertes apparaissent quelques jours plus tard. Il leur faudra neuf mois pour arriver à maturité.

Une fois ces gousses mûres, elles sont cueillies puis plongées environ 3 minutes dans une eau à 65°. On dit qu’elles sont échaudées.

Ces gousses sont ensuite égouttées puis mises à étuver pendant quatre mois dans une malle tapissée de couvertures de laine. C’est à ce moment là qu’elles prennent leur couleur noire.

Après ces quatre mois, elles sont mises à sécher au soleil pendant 3 à 5 heures par jour pendant une semaine.

Après cela, elles sont triées en fonction de leur taille et de leur qualité.

Les gousses sont ensuite placées dans des caisses tapissées de papier sulfurisé pendant 8 mois. C’est pendant cette étape, appelée affinage, que l’arôme se développe.

Pour finir, elles sont une dernière fois triées et calibrées.

A la fin de ces étapes, un kilo de vanille verte donnera 250 grammes de vanille noire
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Temps de culture, de fécondation, de récolte, de préparation… tout cela peut justifier le prix élevé de la vanille de La Réunion.

6 réflexions au sujet de « La vanille de l’île de La Réunion »

  1. J’adore le goût de la vanille et celle de la Réunion est très réputée,

    Ce n’est pas si évident que cela , de féconder les fleurs de vanilliers , ce qui fait son prix sans doute

    Douce journée Françoise

    Bisous

    timilo

  2. bravo pour ce bel exposé à la gloire de la « vanille de la Réunion »… tu as raison elle est incomparable ! bonne fin de semaine, bisous

  3. Il est sur que lorsqu’ on l’ utilise chez soi, on n’ imagine pas toute son histoire.
    La première fois que j’ ai vu la plante, sur Arte, j’ ai cru que c’ était une liane.
    J’ ai un peu extrapolé, en repensant à tous ces avertissements concernant la disparition des abeilles et autres insectes pollinisateurs !
    Des emplois en perspective, si cela devait arriver !
    bonne journée
    bisous

  4. J’adore la vanille…
    Douce Nuit Françoise

    Mon amitié s’est envolée✿
    Chez toi elle s’est posée✿
    Pour te souhaiter✿
    Une très belle nuit✿
    Car tu mérites le meilleur en toute sincérité✿

    Bisous✿

  5. Bonjour Françoise,
    Merci pour ce billet vanillé !
    Je m’en sers régulièrement en bâtons, en poudre ou liquide.
    Bon mercredi
    Amitiés

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