Proverbe créole 13

« Larzan séré i fé pa pti », l’argent serré (économisé, caché) ne fait pas de petits… mais il faut vraiment savoir investir pour gagner de l’argent. Investir, oui, mais ma question du jour est  : « investir où ? (Je  n’ai pas la réponse.)

Cacher l’argent sous ou dans son matelas est improductif, c’est sûr mais le placer ou plutôt l’investir aujourd’hui semble de moins en moins rentable et rassurant. « Larzan séré i fé pa pti », mais celui placé ou investi n’en fait pas plus… On risque même de le perdre avec les banques qui peuvent faire faillite. Quelle est la bonne solution ?

Nous entrons dans un cycle de récession, de faible rendement du capital et même de danger en ce qui concerne la pérennité du patrimoine des personnes.

Les certitudes du passé n’existent plus, l’immobilier ne rapporte désormais rien, les contrats d’assurance vie sont de plus en plus menacés, les actions dégringolent depuis plus de dix ans maintenant … Que faire pour lutter contre cette crise qui s’éternise ? Oui, elle n’est pas finie. Attendre de tout perdre ?

« Il y a quelques années, des commentateurs américains avaient trouvé une formule choc pour caractériser le sort qui attendait les classes moyennes : « die-broke », littéralement « mourir ruinés ». Ils partaient d’un constat : en raison de l’allongement considérable de la durée de la vie, les retraités allaient peu à peu manger leur capital pour maintenir tant bien que mal leur niveau de vie. Partout, même en France, ce sera pareil. Ne nous leurrons pas.

Chez nous, les fonctionnaires de Bercy à l’imagination débordante, dès qu’il s’agit d’inventer des taxes et d’augmenter les impôts, feraient bien de se méfier, ils n’ont jamais compris la psychologie des épargnants qui sont des humains. Aujourd’hui, le capital et l’épargne ne rapportent plus rien et ce n’est pas nouveau. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, si les très grandes fortunes ont bénéficié des avantages du bouclier fiscal et des prélèvements forfaitaires mais les classes moyennes dites supérieures et les épargnants en général n’ont pas profité de ces largesses. Sur cinq ans, le CAC 40 a perdu 50 %, les placements en actions ont été négatifs sur dix ans, c’est-à-dire que l’épargne de précaution accumulée pendant une vie de travail a fondu sur les mauvais conseils de banquiers. Quant aux revenus fonciers, tous ceux qui ont investi dans le but d’avoir un revenu complémentaire au moment de leur retraite savent que leur investissement n’est pas du tout satisfaisant. Au fil des ans, les maigres avantages ont disparu sous le fardeau des frais  (entretien et le cas échéant, copropriété), des impôts et des taxes, il ne leur reste que l’espoir d’une plus-value de cession éventuelle, de plus en plus taxée elle aussi. Voilà pourquoi les rangs des propriétaires-bailleurs sont de plus en plus clairsemés d’année en année (pourtant ce sont ceux-là qui font la santé du marché  immobilier).

Nos hommes politiques, à force de plumer ceux qui ont un peu de biens, vont s’apercevoir  que les recettes sur lesquelles ils comptent ne sont pas au rendez-vous et ils devraient enfin comprendre que plus ils taxeront l’épargne et le capital, plus les épargnants vont liquider leurs positions (vendre leurs titres). Comme les retraites et les salaires, ne progressent pas et ont même tendance à diminuer, les baby boomers (dont je fais partie) vont peu à peu manger leur capital.

Ceux de la classe moyenne, plus ou moins riches, se font plumer petit à petit et perdent leur patrimoine qu’ils croyaient pouvoir « arrondir », tandis que la spéculation pure est réservée aux professionnels et à ceux qui ont beaucoup, beaucoup d’argent. Nous voyons ainsi  le patrimoine des ménages fondre, la  base imposable diminuer, l’ensemble du pays s’appauvrir. Les banques dans tout ça  ? Quand elles perdent ? Les clients paient et, souvent, les états les renflouent. Un jeu avec des dés pipés ? C’est bien ça. Depuis le début ? Peut-être pas !

Nos dirigeants savent-ils où ils nous emmènent ? Allons-nous suivre le modèle américain, pas celui du développement, du progrès, de la toute-puissance, non le modèle des subprimes et des junk-bonds  et des familles sans toit ? Nos politiques parlent de fin de crise mais où allons-nous ?

On ne peut pas mener de pair une politique de rigueur (en dépensant toujours trop dans certains domaines) et une politique de croissance (utopiste) sans avoir une véritable politique de l’épargne qui profiterait à tous ; si l’Elysée, Matignon et Bercy ne comprennent pas ça, la France et les Français mourront ruinés, « die-broke ».

Mais bon qui sait ce que sera demain ? Même Elisabeth Teissier, grand gourou du feu Président François 1°, se trompe, elle qui avait vu le 11 septembre 2001 comme un « jour heureux pour les transports ».

6 réflexions au sujet de « Proverbe créole 13 »

  1. avant d’ exiger des autres, il faut d’ abord montrer l’ exemple, ce que notre gouvernement ne fait pas !
    Rien que le cumul des mandats, montre à quel point sénateurs et députés sont récalcitrants.
    La bourse est un métier, qui peut amener la fortune, comme la ruine !
    c’ est surement ce qui explique que le livret A a du succès, malgré son faible rendement.
    J’ ai aussi remarqué, que c’ est souvent ce qui fait le malheur des autres, qui fait la fortune des petits malins !
    bonne journée
    bisous

  2. La France et les Français sont déjà ruinés…. et nous continuons de vivre au-dessus de nos moyens, il y a tant à dire sur le sujet, qu’il vaut mieux n’en plus rien dire… enfin si je menais mes finances comme l’état, il y a longtemps que je serais sur la paille et même en prison pour banqueroute…

  3. Ce n’est pas évident de gouverner ; vous avez des pressions de tous les côtés. Y a-t-il vraiment des « riches » en France ? Il faut bien quelques capitaux si on veut rester une grande nation. En ce qui me concerne je me tais, et ayant voté « à gauche » je pense qu’ils font tout ce qu’ils peuvent et je leur fais confiance. Les « autres » étaient si souvent puants (enfin, il y en a deux ou trois que je ne peux pas encadrer), que je préfère tout à fait la situation actuelle…
    Bises de métropole (campagnarde) !

  4. Salut Françoise
    amer constat que je fais depuis au moins trois ans: globalement l’argent qui me reste dispobible se réduit à cause des prelèvements toujours plus voraces.
    Tu parles des loyers outre le fait que l’on ne peut pas déduire tous les frais, ce qu’il reste passe d’abord à la moulinette de la CSG, qui va encore augmenter cette année et l’année prochaine, puis à celle de l’impôt sur les revenus. Les retraites elles ne bougent pratiquement pas, mais les prelèvements augmentent réduisant encore le pouvoir d’achat. Les mutuelles atteignent des montants exorbitants à cause des déremboursements et des charges qui lui sont imputées.
    Alors oui nous serons amenés à manger du capital concourant à l’appauvrissement général.
    Triste constat.
    Passe une belle semaine malgré tout.
    Amitié
    Antonio

  5. A force d’accorder de l’importance à ces bouts de papier , on ne vit plus , à quoi sert de les entasser , on ne se les emmène pas pour notre dernier voyage

    La vie est une grande richesse par elle-même , accordons plus d’importance à la vie , à notre terre , à notre voisin .on en sera bien plus riche.

    Douce journée Françoise

    Bisous

    timilo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *