Conques

Conque : nom commun, féminin, ou substantif féminin si vous préférez.

I − ZOOLOGIE : 1. Mollusque à grande coquille bivalve ; coquille de ce mollusque. Conque marine, de Vénus. 2. Grande coquille en spirale pouvant servir de trompe aux soldats, aux chasseurs et même aux dieux de la mer : « Triton trottait devant, et tirait de sa conque Des sons si ravissants qu’il ravissait quiconque. », Hugo, Les Misérables.

II – Par analogie de forme : 1. ANATOMIE, cavité de l’oreille externe où prend naissance le conduit auditif : le pavillon de l’oreille. 2. TECHNOLOGIE, enceinte acoustique rappelant la forme de l’oreille. 3. ARCHITECTURE, partie circulaire terminant la grande nef d’une église.

Avec un S, c’est le pluriel mais aussi un village, un beau village de France. Il y a quelques jours, je suis allée m’y promener avec mon mari et mon fils.

Conques (Concas en occitan), est une commune française, située dans le département de l’Aveyron, région Midi-Pyrénées.

Pendant tout le Moyen Âge, Conques fut un important sanctuaire où étaient vénérées les reliques du crâne de Sainte Foy. La commune est célèbre grâce à son église abbatiale dont l’architecture et les sculptures du porche sont remarquables,

et son trésor, notamment la statue en or de Sainte Foy.

Depuis le XXe siècle, elle a été déclarée « étape majeure » sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

C’est un très joli village, classé en 1998 au Patrimoine mondial de l’humanité pour son abbatiale et son pont sur le Dourdou.

On pense que, dès le V° siècle, aurait existé à cet endroit une petite agglomération autour d’un oratoire consacré au Saint-Sauveur. Cet oratoire, après le passage des Sarrasins, aurait été reconstruit vers 730 par les soins de  Pépin le Bref puis par Charlemagne. Vers la même époque, l’abbé Dadon y fonda un monastère qui adopta en 819 la règle de saint Benoit. Cette abbaye, à l’organisation sociale bien structurée, va progressivement réunir d’importants domaines fonciers et constituer un îlot de prospérité dans la détresse économique du IX° siècle.

Entre 864 et 875, un moine de Conques, Ariviscus, parvint à soustraire les reliques de sainte Foy dans une église abbatiale, située aux environs d’Agen, où sainte Foy avait subi le martyre à l’âge de douze ans en 303. Ce type de vol, courant au moyen Age, est pudiquement appelé « translation ». Celui-ci aurait presque immédiatement déclenché des miracles et provoqua le venue de nombreux pèlerins. A la même époque, un tombeau reconnu comme celui de l’apôtre saint Jacques  fut découvert à Compostelle. Vers l’an 960, le comte de Rouergue est l’un des premiers pèlerins à se rendre à Compostelle en Galice pour vénérer l’apôtre. Trente ans plus tard, son fils Raimond eut un enfant et fut vainqueur des musulmans, aux environs de Barcelone ; en signe de reconnaissance, il fait cadeau à Conques d’une magnifique prise de guerre, une selle garnie de parements d’argent ciselé, avec lesquels les moines fabriquèrent une grande croix qui deviendra le symbole des chrétiens.

Tout au long du XI° siècle, sainte Foy, au nom symbolique, fut la patronne de la croisade de la Reconquista espagnole.

Au XIII° siècle, l’abbaye se renforce et atteint l’apogée de sa puissance économique, mais elle décline aux XIV° et XV° siècles.

Abandonnée au moment de la Révolution Française, Conques fut redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail avaient été conservés intacts par les habitants, mais l’église avait grand besoin de réparations.

En 1873, une petite colonie de six chanoines réguliers, vêtus de l’habit blanc de l’ordre, fut installée solennellement dans l’antique abbaye par l’évêque de Rodez et les habitants de Conques virent refleurir une époque dont ils avaient perdu jusqu’au souvenir : les cloches de l’abbatiale sonnèrent de nouveau matines, laudes, vêpres et complies, …

En 1911, un musée fut construit pour abriter le plus fameux trésor du Moyen-Age parvenu jusqu’à nous. Les reliques de sainte Foy, retrouvées en 1875 ont été reconnues et depuis 1878 le pèlerinage a été remis en honneur.


4 réflexions au sujet de « Conques »

  1. Salut Françoise
    certains de mes amis qui sont passé par Conques lors de leur voyage vers Compostelle m’ont décrit cet endroit non seulement beau, mais quasi magique tant on peut ressentir de vibrations.
    Merci pour ce partage
    Antonio

  2. C’est une région que j’adore. Les reliefs sont verts, mais d’un beau vert, éclatant. On s’y repose plutôt bien, dans un cadre tranquillisant, loin des métropoles. La richesse culturelle de ce patrimoine, est surprenante. Je pense y retourner prochainement. Amicalement, Pimprenelle.

  3. c’ est fou quand même que d’ un bivalve, on en arrive à notre histoire !
    est ce l’ endroit qui a fait sa réputation, ou les croyants, toujours est ‘il qu’ il s’ en dégage une sensation inexplicable
    bonne journée
    bisous

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