On nous prend pour des cons (2)

On nous prend pour des cons. Oui, vraiment. Quand vous vous installez, quelle que soit la raison, vous faites de nouvelles acquisitions et l’enfer commence avec les modes d’emploi des appareils tout neufs.

Je ne citerai pas tous les exemples de modes d’emploi et conseils stupides, il y a des sites spécialisés, j’essaierai juste de réfléchir un peu plus à ce sujet,  mais voilà quand même quelques perles.

Je commence par celle qui me semble la meilleure : sur une housse permettant de couvrir le pare-brise de l’auto pour empêcher le dépôt de neige et/ou la formation de glace : Ne jamais conduire lorsque la housse est sur votre pare-brise. Si ce n’est pas nous prendre pour des crétins…

En voilà d ‘autres :

  • Sur un somnifère : Attention ce produit peut entraîner un état de somnolence. (Au fait, pourquoi prend-on ces cachets ?)
  • Sur un pudding Marks and Spencer : Le produit sera chaud après avoir été réchauffé. Euh, pourquoi, l’a-t-on réchauffé au juste ? A rapprocher de ce qu’on peut lire sur une  boîte de repas surgelé : Suggestion pour servir : décongeler. Dur, non ?
  • Sur la boîte d’un fer ROWENTA : Ne pas repasser les vêtements à même le corps. Euh, y en a-t-il qui le font vraiment ?
  • Sur un sachet de chips : Grand concours, nombreux prix, gratuit sans obligation d’achat. Détails à l’intérieur du paquet. Même chose pour une boisson gazeuse « au fond de la canette ». Sans obligation d’achat ? Vraiment…
  • Sur un paquet de cacahuètes : Avertissement : contient des cacahuètes. Ouf ! il n’y a pas tromperie sur la marchandise.
  • Sur une ampoule électrique : Ne pas avaler. Certains ont essayé ?
  • Sur une paire de ciseaux : Attention, cet objet peut couper.  Heureusement ! Sinon à quoi bon ?
  • Sur un savon DOVE  (désolée pour la publicité gratuite) : Utiliser comme un savon normal. On fait comment avec un savon normal ?
  • Sur une crème de beauté pour le visage : Si vous découvrez l’apparition de boutons, de rougeurs, d’abcès ou si la peau se fissure, consultez votre médecin. Rassurant, non ? Vous achetez ça, vous ? Moi, non.
  • Sur une boîte d’allumettes : Produit inflammable. Ah bon ?

J’en reviens aux modes d’emploi de mes nouvelles acquisitions. Incompréhensibles souvent. Illisibles aussi quelquefois, soit parce que l’impression a été mal faite (c’est rare mais ça arrive) soit encore, c’est plus nouveau, illisibles matériellement : les informations sont inscrites sur un CD utilisable sur PC. Zut, moi, j’ai un Mac ! Merci Whirpool ! Je ne saurai jamais ce que je suis censée savoir.

Je confesse (sans honte, je le répète, parce que j’ai découvert que je ne suis pas la seule) que mon téléphone, ma machine à laver, ma voiture et bien d’autres appareils œuvrent mais qu’ils ont d’innombrables fonctions que je suis incapable d’utiliser, faute d’avoir lu et compris le manuel d’utilisation. Souvent je renonce à la lecture rien qu’en voyant l’épaisseur du document (j’ai mieux à lire que ça, des romans par exemple. La presse, j’oublie ; revoir la chanson d’hier : Déjeuner en paix de Stéphane Eicher). Je vous assure aussi que maintenant, je supprime, dès réception, toutes les pages en langue étrangère. (Au fait par économie d’encre et de papier, les fabricants ne pourraient-ils pas imprimer plusieurs versions dans une langue unique, voire bilingues : anglais plus une autre langue selon les pays destinataires ? Si nous nous soucions de l’avenir et de la pollution… il faut réfléchir et faire des efforts.)

Le nombre de ceux qui lisent les modes d’emploi est restreint, tout le monde s’en doute, donc je n’ai pas honte à avouer ce travers. Et pourtant, je prends des risques car la rédaction des modes d’emploi par le fabricant est souvent motivée, non seulement par le souci d’aider et de guider l’utilisateur, mais surtout par la nécessité de dégager sa responsabilité, le but est de pouvoir dire « C’était écrit ! ». Pour pallier ce manque, dans chaque famille, il y a officieusement le préposé aux modes d’emploi (je viens de découvrir qu’il ne les lit pas non plus). Mon premier gendre et mon fils, diplômés en informatique tous deux, ont ce rôle dans notre famille, auprès de certains de nos amis, quelquefois des voisins, mais généralement ils n’ont pas lu non plus, ils ont découvert plus ou moins intuitivement des « fonctionnalités ». C’est bien parce que  la qualité des modes d’emploi est défectueuse que s’est créée cette troupe de « conseillers d’usage ». Leur nombre va-t-il s’accroître ? Celui qui a été aidé va-t-il conseiller à son tour ? Ceci nécessite un effort de réflexion, combien en sont capables ou en ont la volonté ? Quoi qu’il en soit, ce système d’entraide crée des liens. Si l’on peut s’en réjouir dans ce monde de plus en plus individualiste, égocentrique, je me pose quand même une question essentielle : Pourquoi les consommateurs ne manifestent-ils pas leur mécontentement ? Suis-je la seule à souffrir et à vouloir me plaindre ?

Beaucoup de commerciaux pensent, sans le dire, que, une fois le produit acheté, c’est au client de se débrouiller avec. La documentation n’ayant rien de stratégique, sa qualité influe peu sur les ventes et l’on se fout bien de ce que ressent le client… Et en cas de panne ? Et bien, on change… de produit. Pourquoi pas de fournisseur ?

Je vous raconterai, un autre jour, les difficultés que j’ai rencontrées et qui ont été nombreuses au moment de mon installation. Non je ne suis pas une râleuse. Vous à ma place… Tiens, on verrait… Madame « Pas d’chance », c’est moi certains jours. Cette année encore je m’en suis rendu compte. J’en ris, mais c’est usant. Rien que la carte grise… Allez, une autre fois vous en saurez davantage.

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5 réflexions au sujet de « On nous prend pour des cons (2) »

  1. Salut Françoise
    as-ti dejà mis un chat à secher dans le micro-ondes ou à laver dans la machine à laver le linge? Je ne pense pas. Mais parce qu’un jour un idiot ou une idiote l’a fait et qu’il a porté plainte contre le fabricant obtenant gain de cause, nous sommes maintenant abreuvé de mises en garde idiotes au dépens de vrais conseils d’utilisation. De plus, comme tu le fais remarquer, le nombre de langues s’accroissant sur la même brochure, les caractères sont de plus en plus petits et, parfois, j’ai du faire recours à la loupe. Et puis il y a les brochures d’utilisation pour l’ensemble de la gamme du produit: au fur et à mesure de la lecture on ne sait même plus ce que l’on a acheté.
    Alors j’attend la suite.
    Amitié
    Antonio

  2. Bonjour Françoise.
    Je vois avec plaisir que la chaleur n’entame pas votre ardeur à rouspéter. Et vous avez bien raison ! Moi aussi, je lis les modes d’emploi (en « diagonale » parfois !)….Et je trouve qu’on nous prend pour des débiles…Mais après tout, nous ne sommes que des acheteurs/consommateurs ! notre rôle est de consommer…..
    Alors, consommons sans oublier de « retirer l’emballage » !
    Bonne journée. « J’émerge » un peu ce matin…il fait un peu moins chaud ! Mon petit-fils Yannick passant me voir avec femme et enfants, courageusement…j’emmène tout le monde au restaurant ! Ma cuisine ? je ne peux y passer que quelques minutes…un peu chaude cette pièce !
    A bientôt.

  3. et que dire, lorsque la notice est en toutes les langues, sauf en français !
    rien que pour mon appareil photo, il y a un manuel de 307 pages !
    Alors je tâtonne, me disant que c’ est en forgeant qu’ on devient forgeron.
    bonne journée
    bisous

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