La chanson empoisonnante

Minouche, promue par Gé, Présidente de la communauté « Musique à cœur… ouvert » a pris sa décision, elle a choisi son thème, et quel thème ! Comme c’est elle qui choisit, nous, on obéit. Pas très démocratique mais on a accepté les règles du jeu en participant.

Voilà ce qu’elle dit : « Parce que je vais vous demander de me mettre une (ou des, mais une suffira si vous ne voulez pas vous faire trop de mal) chanson que vous « subissez ».

Pour tout vous dire, en ce moment, c’est plutôt silencieux chez moi. A Saint Gilles, au moment où j’écris, c’est la nuit : silence (les fêtards sont couchés, hier ils se sont dépensés) et la seule grande activité est celle de l’Ocean Indien. Bien bruyant, je trouve ces derniers jours. Est-ce parce que je n’ai ni télévision, ni radio, ni enfants, ni famille, juste un mari aussi causant qu’une huitre, ni rien d’autre que mon ordi ou parce que je vais m’éloigner de lui, l’Indien, que je l’entends autant ? Oui, bel océan, tu vas me manquer. Quand je suis arrivée, je ne cessais de t’admirer. Puis je t’ai oublié, délaissé, mais tu étais là, fidèle au poste, chaque jour, chaque nuit. Tu vas me manquer, c’est sûr, comme m’ont manqué les montagnes enneigées, la chaîne de Belledonne en particulier quand j’ai quitté Grenoble.

Mais je m’éloigne du sujet, encore que… pas vraiment. Silence et bruit. Me voilà revenue trente deux ans en arrière, j’étais enceinte de ma fille aînée, dont c’était l’anniversaire le 1° juin. Ceux qui m’ont hérissé le poil, mis en rogne, en rage, fait côtoyer les affres du désespoir c’était, il y a déjà quelques lustres, les organisateurs de la fête commerciale de Saint Louis de la Réunion où j’habitais alors.

Ma maison était située sur la place du marché entre la pharmacie et le centre médical, quartier silencieux et même totalement mort après dix neuf heures, sauf les jours de fiesta ou en période de campagne électorale puisque la mairie, comme l’école, était toute proche. Ah, j’oubliais, la mosquée se  dressait sur le trottoir d’en face et j’étais aux premières loges pour les cris du muezzin. J’ai vite appris Allahou akbar. Pas plus gênant que les cloches (que j’entendais aussi puisque mairie, école et église sont souvent  voisines). Donc, pendant la fête commerciale, la sono « à fond » se déchainait : la musique disco me fatiguait, lancinante, jour et nuit, non stop de huit (8) heures à vingt (20) heures, douze heures de martyre… A croire qu’il n’y avait qu’un seul disque disponible, tant passait et repassait ce morceau que je ne supporte plus du tout, c’était :

Elle est D.I.S.C.O. ! Alors des souvenirs pour vous, ce truc ?

Je découvre le clip ce soir (oui, en ces temps reculés, il n’y avait qu’une seule chaine de télévision fonctionnant au minimum : pas d’actualités vraiment fraiches ni, ni ni…). J’ai envie de pleurer, non pas d’avoir été privée de cette œuvre, mais de voir ça. C’était l’époque de gym-tonic avec Véronique et Davina, ça se voit. Ottawan « chante », bouge, mais… ce ne fut pas un bide, de nombreux disques ont été vendus, il n’empêche que c’est… dramatique, vide, pauvre… Vous avez relevé, j’espère qu’elle est D désirable, I hystérique… Paroles très recherchées qui me font penser à une émission de télé-réalité dans laquelle un ou une candidate avait dit « je t’emmerde avec un grand A » et un autre demandait, en voyant une liste de courses à faire, « c’est quoi le time ? »… Time ? demandent les autres. « Oui, time, ça s’écrit T.H.Y.M. »… Misère, misère, aurait dit Coluche.

Fête commerciale en centre ville, près de la mairie, haut-parleurs et en boucle… D.I.S.C.O. Argh… J’ai vraiment eu envie d’assassiner quelqu’un. Demander de baisser le son ? De changer de disque ? Ah, ah, ah… Je l’ai fait. La réponse a été « c’est la fête, c’est comme ça et ce n’est pas une zoreille qui va venir faire la loi ici ». Alors, les zones de non-droit, je connais. Aujourd’hui, dans les villes réunionnaises circulent toujours des voitures avec haut-parleurs hurlants ; elles vantent les mérites de Pierre, Paul, Jacques… Usant. Je vous conseille pour en savoir plus la lecture de cet article CLIC là (déjà enlevé ?) ou encore de regarder cette vidéo ICI.

C’est LA seule chanson m’a perturbée à ce point-là, j’en cauchemardais la nuit. D.I.S.C.O. Revenaient I hystérique, C c’est formidable…

18 réflexions au sujet de « La chanson empoisonnante »

  1. Souvenir d’une chanson (très belle) mais qui m’abaissais le moral au maximum : « La Mama  » de Charles Aznavour.. « Elle va mourir la Mama », quand vous venez de subir une très grave opération et que votre entourage et vous-même pensez que vous êtes mal partie…entendre ça à longueur de journée, avouez que c’est un peu dur ! J’ai survécu Dieu merci…et la chanson aussi !

  2. Ottawan ? Et oui, je m’en souviens, j’étais ado. Mais c’était tellement mauvais que, avec des copines, on s’amusait à les chanter en prenant des voix de demeurés mentaux !! Valait mieux en rire en effet, sinon… Ce qui me donne envie de hurler en ce moment dans les magasins, c’est cette espèce de musique appelé « house » que l’on entend un peu partout, j’ai même demandé à une vendeuse de baisser le son il n y a pas longtemps de ça car je commençais à craquer ! Bises et belle journée

  3. Salut Françoise
    et moi qui ne supporte pas d’écouter un morceaux plus de 3 fois de suite!
    Belle journée
    Antonio

  4. il y a de l’ambiance chez toi…un passage ça va, mais en boucle, j’aurais pété les plombs…c’est sûr. Il y avait de quoi faire des cauchemars.. heureusement que tu as retenu les autres lettres de l’alphabet… le premier mot de ta fille fût D I S C O o:)) Bises

  5. euh DISCO….oui on sait au moins comment ça s’écrit!!!!
    mdr bonne journée

  6. Je crois bien que ça m’aurait agacée aussi !
    Vive la musique de l’océan ! Ici ce n’est pas le même mais je l’aime quand-même 😉
    Mais tu t’en vas , alors ?

  7. Merci de ta participation, et désolée de réveiller ton traumatisme, mais tu m’a bien fait rire !!! je suis du 1er juin comme ta fille, et quand tu souffrais d’entendre çà, moi, je le fredonnais, même si je trouvais çà débile !!!!
    souvenirs souvenirs !!!! et c’est vrai que les paroles ne cassent pas 3 pattes à un canard !!! Bon mercredi quand même !!!! (et voilà que j’ai cet air idiot dnas la tête!!!! je vais te maudire, mais je l’ai bien cherché aussi !!!)

  8. Quel traumatisme, c’est le cas de le dire (rire) tu me diras, je n’aurais pas supporté non plus

    Merci Françoise pour ce petit article intime, sur les rengaines de ta vie HiHi

    Bisous et bonne journée

    Le Noctamplume

  9. Je peux comprendre !! Même la meilleure chanson, en boucle pendant 12h… Je pense que je la vomirais !

  10. …ah les bruits insupportables !! d’où l’avantage d’être sourd ! mais c’est bien le seul … passe une bonne journée, bisous

  11. Est-ce que du haut de son minaret, il commence à 5 heures ? ou même plus tôt parfois ? car en Afrique noire c’était vraiment comme ça tôt… j’aurai bien coupé le fil de son haut parleur !!!
    Mes amitiés
    jean

  12. C’est sûr que, passé en boucle, même la plus belle chanson devient une torture!
    C’est dommage, parce que, sans être un chef-d’oeuvre, elle est sympa, cette chanson, à la base…
    A bientôt!

  13. Pigé, je compatis ! je n’aime que Boney m ! mais alors,… comme il est question d’une mosquée par ici, je me demande… je préfère les cloches, ça ne dure pas longtemps et au moins on sait l’heure ! en fait depuis des mois, ce qui me fait vraiment … ce sont les ambulances, privées, qui passent à fond à heures fixes « en urgence », sirène, vitesse, à toutes les heures, pour passer devant les autres voitures; elles réveillent nos bébés, les monstres ! même policiers et pompiers sont plus discrets … bon assez râlé, amitiés, très bon dimanche !

  14. Bonjour Françoise,
    ben, j’aimais bien le disco … Mais évidemment, quand on entend une chose en boucle ça devient vite lancinant et pénible.
    Merci malgré tout pour un souvenir d’ambiance sympa
    Bises

  15. Une chanson quelle qu’elle soit , intelligente ou non, passée en boucle devient insupportable c’est certain.
    Tu sembles , au travers de tes mots, ici ou ailleurs , avoir besoin de couper avec le moment présent, de faire un break de tout.Fatigue…
    Bonne journée Françoise

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