Langue française…

Nombreux sont ceux qui, comme moi, sont choqués par des erreurs de langage. Je ne parle pas des « pataquès », pléonasmes, anglicismes… mais des erreurs qui quelquefois n’en sont pas vraiment. Je pense particulièrement à cette expression qui me hérisse : « au jour d’aujourd’hui ».

Au jour d’aujourd’hui me semble particulièrement redondant puisque aujourd’hui comporte déjà deux fois l’idée du « jour où nous sommes » : JOUR + HUI  ; le sens de hui, qui vient du latin hodie, c’est jour, donc « au jour d’hui » signifie déjà au jour de ce jour, alors  » au jour d’aujourd’hui », ce n’est plus de l’insistance, c’est du « harcèlement ». Reprendre trois fois la même idée en si peu de mots.

Et pourtant Au jour d’aujourd’hui se trouve même parfois dans la langue littéraire, chez de fort bons auteurs, et très bien employé, lorsqu’il y a volonté d’insistance, pour bien marquer soit une étroite limite temporelle, soit une immédiate actualité. Ainsi chez Maurice Genevoix : « Une riche plaine bien de chez nous, aussi belle qu’au jour d’aujourd’hui ». On l’emploie néanmoins souvent avec une nuance de plaisanterie. L’essentiel est de n’en pas abuser, mais en elle-même, cette tournure n’est pas véritablement incorrecte.

J’ai tendance à dire « c’est moins pire que » :

 – conséquent : Qui suit quelque chose de manière logique et qui est souvent employé dans le sens d’important, ce qui me contrarie.

– aréoport au lieu d’aéroport et aéropage pour aréopage.

– rénumération pour rémunération

–  savoir gré à quelqu’un de quelque chose et non pas être gré : je vous saurais gré et non je serais gré…

Combien d’autres qui vous contrarient vous ?

10 réflexions au sujet de « Langue française… »

  1. bonjour Françoise, vocabulaire, orthographe, langage…sont bien maltraités de nos jours ! « au jour d’aujourd’hui » n’est pas d’usage très courant chez nous, « c’est moins pire que », non plus ! une chose qui me hérisse c’est le « tout à fait! » pour remplacer le « oui » ! pourquoi pas, après tout ! bon weekend, ou bonne fin de semaine, comme tu veux ! bisous

  2. Chère Françoise,
    J’ai fait un sujet là-dessus en relevant tous ces pléonasmes, il y a quelques temps, je ne sais pas si tu t’en souviens ?
    Ce qui hérisse par dessus-tout, c’est « les projets d’avenir » et c’est employé sans cesse dans les médias.
    Notre langue est souvent bien maltraitée.
    Bisous du samedi.

  3. Nous en avons parlé toutes les deux ! Moi aussi je suis « hérissée » par toutes ces expressions employées … souvent par les médias ! Pauvre langue française….le « c’est moi qu’je suis l’ professeur de français qu’on vous a causé » raconté par mon père jadis, devient un modèle de langage correct !….

  4. Bonjour Françoise,
    comme je partage ton opinion sur la maltraitance de l’écriture française, mais… me permets-tu de te faire remarquer, sans vouloir te froisser, que les répétions d’un mot dans un texte, ne sont pas du meilleur goût…
    je me permet juste de reprendre ton texte précédent et de le rectifier légèrement……
    Il y a des mots que j’aime bien (comme ça) Des noms de (lieux) aussi, ce qui m’a fait visiter des (lieux)… (endroits)… un peu méconnus. C’est (comme ça)… (ainsi) que j’ai découvert Chicoutimi au Québec, le Never-Never en Australie… mais je vous en parlerai un autre jour. Pour l’heure, je vous présente…
    Pardon Françoise, ceci n’est pas dans mes habitudes, personne n’est parfait, certaines expressions datent d’une époque où la portée avait un sens différent… il arrive également qu’une malheureuse traduction heurte notre conception actuelle de leurs significations…
    La langue française te mérite, tu me fais plaisir .

  5. Bonjour
    Et en plus les journalistes ne sont pas les meilleurs en Français…
    Je relève souvent et ça me fiche en boule….
    Par exemple:
    – « Ils allaient à la messe…. alors que ceux sont des protestants… un protestants ne va pas à la messe mais « au culte »….
    – Puis ceux sont des évangélistes…. alors que ceux sont des « évangéliques »
    Mais tes remarques sont encore plus criantes pour des journalistes qui devraient tout de même connaître le Français !!!!
    Bon week-end à lundi…
    Jean

  6. « Bien évidemment » Françoise que je suis d’accord avec toi. Honnêtement je ne sais pas ce que fait là ce bien. Evidemment tout seul cela suffirait amplement.
    Bonne journée
    Antonio

  7. Je suis entièrement de votre avis. Le français de Montaigne, n’était pas celui de Montesquieu, et celui de Montesquieu n’était pas celui de Mauriac. L’évolution de notre langue est programmée depuis sa naissance, par le brassage des peuples, qui a fait la France et qui fera la France de demain. Forcément, à nos yeux, comme le disent nos jeunes, on parlera « mal la France », et on ne pourra plus parler à l’imparfait du subjonctif et demander à sa boulangère : « j’eusse aimé que vous enveloppassiez ma baguette, et que vous ficelassiez cette boîte de gâteaux et que vous me rendissiez la monnaie en pièces ». Essayez, çà demain, chez votre boulangère, çà ne mange pas de pain. Amicalement, Pimprenelle.

  8. Et oui, Petit Prince, quand on écrit un peu trop vite pour être au rendez-vous pour quelques rares fidèles auxquels on tient, qu’on n’a pas bien relu, on publie des sottises, des à-peu-près. En général, j’essaie de faire attention.
    Merci pour la remarque, j’ai corrigé illico, changé le deuxième « lieux » en « endroits ».

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