Une langue « animale »

Le français : une langue animale. Merci à ma cousine Geneviève de m’avoir fourni l’article du 14 décembre.  Pour diverses raisons, je ne suis pas disponible pour mon blog durant quelques heures, sans compter que ma plateforme d’accueil sera en chantier en fin de journée du 13.  Le 15 tout devrait être rentré dans l’ordre.

Un peu de lecture quand même. J’ai fait quelques modifications à l’original.

«Myope comme une taupe», «rusé comme un renard», «serrés comme des sardines»… les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine (surtout pas les sardines en boites, c’est trop récent, là c’est plutôt du Boby Lapointe) ; les animaux sont partout.

La preuve :

Que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, rusé comme un serpent, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenus chèvre pour une caille aux yeux de biche et à la taille de guêpe, prêt à avaler des couleuvres.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous, avec la chair de poule, gai comme un pinson, curieux comme une belette, fier comme un paon et frais comme un gardon et là, … pas un chat ! Vous faites le pied de grue pendant un bon moment. Rien ne vous a mis la puce à l’oreille, vous vous demandez si cette bécasse vous a réellement posé un lapin. Il y a anguille sous roche. Pourtant celui qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon et qui n’est pas une langue de vipère ne peut devenir le bouc émissaire. Il vous l’a certifié : cette poule a du chien, ce n’est pas une vieille chouette, au contraire, une vraie panthère ! Plus tard, deviendra-t-elle, une couguar ? C’est sûr, vous n’êtes pas un butor, aurez-vous le regard d’un crapaud mort d’amour ? Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive, légère comme une hirondelle. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Bien que tout cela se passe entre chiens et loups, vous voyez bien que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande et myope comme une taupe. Elle souffle comme un phoque, bave comme un crapaud, rit comme une baleine et a une cervelle de moineau. Elle ne se montre guère souriante, ni aimable, une vraie peau de vache quoi, et en plus laide comme un pou en y regardant bien. Votre œil de lynx ne vous trompe pas. Là, vous êtes fait comme un rat .

Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien maintenant de vous séduire la fine mouche, de vous tirer les vers du nez, elle jacasse comme une pie, elle saute du coq à l’âne et vous finissez par noyer le poisson en répondant n’importe quoi. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous vous inventez une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre, alors que d’habitude vous seriez plutôt lent comme une tortue ou comme un paresseux.

Vous n’êtes pas une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir cruel, comme le loup dans la bergerie. Il n’y a pas de lézard, vous fuyez, vous glissez comme une couleuvre hors u piège. Vous ne l’oublierez pas de sitôt ce rendez-vous manqué car vous avez une mémoire d’éléphant .

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence ou de faire l’autruche ? Ça aurait mené où ? Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup malgré votre habituel appétit de moineau, vous compensez. L’envie de dormir comme un loir vous prend après le repas. C’est une histoire classée, vous avez d’autres chats à fouetter.

Inutile de monter sur vos grands chevaux, malgré votre caractère de cochon, vous n’êtes pas un requin et vous n’énervez que vous quand vous ruminez comme… au choix, la liste des ruminants est longue.

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11 réflexions au sujet de « Une langue « animale » »

  1. Bonjour Françoise,
    J’ai mis un texte quasiment identique sur mon blog, il y a quelque temps, je crois qu’on ne se connaissait pas encore.
    Donc tu es très prise, c’est vrai que je n’ai pas de nouvelles depuis quelques jours.
    Bisous et bonne journée.

  2. Sommes-nous tellement attachés aux animaux de ferme, de basse-cour , exotiques et autres ? Ce texte est formidable et devrait être donné en « devoir » à nos lycéens….
    Bon, c’est pas tout ça, je vais terminer ma crèche (en chantier depuis deux jours !)…Noël approche…
    Bonne journée et bises !

  3. j’ ai beau chercher, je crois que c’ est complet !
    bel exercice !
    bonne journée
    bisous

  4. Lors de la guerre en Irak, parlant des liens de la Grande-Bretagne envers les USA, on disait que Mr.Blair était le caniche de l’Amérique. Il était aux ordres. Pour posséder, un caniche femelle, je puis vous dire qu’elle est parfois têtue, mais ses autres qualités effacent ce petit défaut. Amicalement. Pimprenelle.

  5. Bonjour
    C’est bien rigolo de parler avec toutes ces expressions…
    Sincèrement
    Jean

  6. Si nos expressions imagées prennent leurs couleurs dans le monde animal , c’est simplement pour nous rappeler qu’en chacun de nous sommeille une bête et que finalement on n’est pas si éloigné de leur monde
    Un bien joli article qui prête quand même à sourire
    Douce journée
    Bisous
    timilo

  7. Passionnant comme devoir pour des collégiens…Noêl approche et l’excitation et le manque de temps aussi. Bonne fin de semaine

  8. Excellent. Il n’y a rien à ajouter. Tout le monde animal y a trouvé sa place.
    Bonne soirée: papy Scham

  9. Salut Françoise
    en italien aussi nous avons beacoup d’expression animalières, très souvent les mêmes. parfois il n’y a que l’animal qui change.
    Bonne journée
    antonio

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