Les ponts de Paris (33)

Le pont Rouelle relie le XV° (rive gauche) au XVI° (rive droite) en passant l’île aux Cygnes. Ce pont, uniquement ferroviaire (ligne C du RER), a été construit à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, avant d’être désaffecté, puis remis en service en 1988.

Il compte plusieurs parties bien différentes : de la rive droite vers la rive gauche, on trouve successivement : une arche en maçonnerie qui enjambe la voie sur berge ; une arche métallique sans pile intermédiaire qui enjambe le bras droit de la Seine ; une petite arche en pierre qui franchit l’Île des cygnes et enjambe l’allée piétonnière ; enfin la dernière partie, métallique elle aussi, qui enjambe le bras gauche et repose sur deux piles dans la Seine. L’ensemble s’étend sur trois-cent-soixante dix (370) mètres.La photo, empruntée à Wikipédia, montre au deuxième plan le pont de Rouelle.

Mais d’où ce pont tire-t-il son nom ? C’est celui d’une rue du XV° arrondissement, la rue Rouelle, baptisée du nom d’un chimiste français du XVIIIe siècle, Guillaume-François Rouelle, considéré  comme l’un des fondateurs de la chimie en France, qui a fait avancer la chimie des sels et des acides et a introduit le terme « base » en chimie.

Quand j’ai cherché l’origine du nom du pont, que j’ai trouvé Monsieur Rouelle, pour tout vous dire, je n’avais jamais entendu parler de ce fameux chimiste jusqu’à… hier. Et ce matin, j’apprends qu’il avait un frère, chimiste lui aussi, avec lequel il travaillait : Hilaire-Marin, dit le Cadet, Guillaume-François étant dit l’Aîné.

Par contre la rouelle et même la ruelle, ça me parlait.

Les ruelles, je connaissais, non pas dans mon quartier de Grenoble mais dans le Midi de la France ; les petits villages des Corbières où j’ai passé souvent des vacances, comptaient de nombreuses ruelles ombragées, pentues, bruyantes ou silencieuses selon les heures du jour, odorantes… Je me souviens surtout de l’odeur des figuiers quand le soleil les écrase à la fin de l’été… Odeurs et gourmandise : c’est manger. Et avant : cuisiner.

En cuisine, une rouelle est une tranche ronde de légumes et de viandes. Ainsi, la rouelle de veau est la partie de la cuisse d’un veau coupée en travers et qui se trouve de forme ronde, c’est idem pour la rouelle de porc. D’un morceau de viande aux interdits religieux, le passage est rapide.

Les Musulmans ne mangent pas de porc, les Juifs non plus (curieux que des gens qui se détestent aient autant de points communs ; je sais qu’ils viennent du même endroit et se battent pour de la terre…) et là, hop,  me revient une autre rouelle : étoffe de couleur jaune imposée aux Juifs comme signe distinctif par les autorités civiles à la suite du concile de Latran en 1215.

Les Juifs, persécutés de tous temps, devaient porter, appliquée sur leur robe au Moyen Âge, la rouelle. Etoffe de couleur jaune, découpée en disques, symbolisant les  trente (30) deniers de Judas (prix de sa trahison de Jésus), c’était l’ancêtre honteux de l’immonde étoile de David. Cette étoile, jaune, à six (6) branches, monstrueuse marque distinctive imposée en Europe pendant les années 1930 et 1940 à des enfants, des femmes, des hommes, qui n’avaient d’autre tort que d’avoir du sang non aryen. Aimez-vous vraiment les bons aryens ?

Ceci dit, n’y voyez pas d’antisémitisme primaire, les Juifs d’Israël font payer aujourd’hui, en particulier aux Palestiniens,  mais au reste du monde aussi puisqu’il faut tenter de gérer ce conflit permanent, les tourments qu’ils ont subis… Salomon est une référence pour les Chrétiens et les Juifs aussi. Le roi sage dont on connait le jugement de l’enfant «réclamé» par deux mères, Salomon le sage, en raison de ses péchés, perdit progressivement son trône, sa santé et même sa sagesse. Il avait accaparé trop de femmes, d’or, chevaux, etc.

Et si, en toutes choses, la modération était la meilleure voie ?

Mais je m’éloigne des rouelles qui peuvent être aussi des rondelles de fer ou d’acier qu’on ajoutait à certaines armures, pour couvrir les articulations de l’épaule, du coude et du genou ou de simples objets décoratifs métalliques, à fonction monétaire et/ou votive, semblable à une petite roue à rayons. Il en existait déjà durant la Préhistoire. Elles étaient des éléments de décoration, portées en pendentif, bijoux, symboles solaires vraisemblablement.

J’arrête là pour aujourd’hui. Je dois me limiter. Pas facile.

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10 réflexions au sujet de « Les ponts de Paris (33) »

  1. Aujourd’hui , c’est une belle journée de Rugby qui s’annonce
    Mais avant un petit bonjour
    Toujours approfondis tes articles ,Françoise , j’aime bien ta façon de relier toutes ces informations
    Passe un bon et agréable, Dimanche
    Bisous
    timilo

  2. Je comprends mieux ,Françoise , tous tes articles sur ces ponts de Paris , une façon à toi de parler de ces liens qui relient les hommes et d’exorciser l’éloignement, J’imagine qu’un pont qui relirait Paris à la Réunion serait un grand soulagement ,
    Raccourcir ces distances , même si aujourd’hui on peut communiquer avec tous les nouveaux moyens mis à notre disposition , rien ne vaut le contact ,et serrer ses enfants dans ses bras.
    Même si mes enfants sont plus près , je ressens cela aussi
    Courage, tes enfants savent l’attachement que tu as pour eux , c’est pour eux très rassurant
    Bisous
    timilo

  3. Bonjour Françoise, les ponts de Paris nous emmènent vers des destinations imprévues, comme Israel, ou bien les ruelles des villages de Corbières…le but d’un pont est de relier une rive à l’autre, mais là tu fais un grand bond…mais j’aime bien aussi la rouelle, bien cuisinée…merci de ton coucou chez moi, et du commentaire déposé sur nos petits enfants, blonds ou bruns, c’est la même chose, on les aime tout autant, n’est-ce pas ? bise et bon dimanche…

  4. bravo pour cet agreable billet sur le pont de Rouelle, dont nous avions aucun souvenir ! nous avons quitté Paris en 1987 ! une bonne rouelle de porc, un excellent plat à deguster sans moderation ! si l’on n’est pas juil ni musulman !! bon dimanche chere amie, bisous

  5. Bonjour Françoise,
    Une pensée en amène toujours d’autres chez toi, ton cerveau semble toujours en ébullition, ce qui n’est pas pour me déplaire, car on apprend plein de choses.
    Si j’avais un exercice à faire où on me demanderait de passer d’un pont à des ruelles puis à des juifs, à des musulmans, puis encore à des rouelles, je t’avoue que je serais bien embarrassée ( rires !). Mais toi, tu le fais naturellement, ça coule bien.
    Et en plus, tu nous demandes si on aime les bons aryens (ou les bons à rien) ?
    En ce qui me concerne, je m’en fiche totalement, un être humain quel qu’il soit mérite le respect.
    Chère Françoise, repose-toi bien en ce dimanche, je t’embrasse bien affectueusement.

  6. bon dimanche Françoise et un bel article bien documenté
    la photo aérienne est superbe
    bisous

  7. tout se tient dans notre monde !
    au départ, il y avait les sémites, tribus des frères qui ont vite montré des tendances différentes, , mais une base commune !
    les juifs attendent toujours le Messie, les musulmans pensent l’ avoir trouvé !
    je trouve, que pour des religions monothéistes, prônant le spirituel, on tient bien trop compte de détails matériels, dont Dieu, ou Allah ne devraient pas se préoccuper !
    Quand à ce fameux porc, dont je peux comprendre qu’ on se méfiait, puisqu’ il répand certaines maladies, surtout dans les pays chauds, je me dis qu’ ils suffit de bien cuire la viande pour les éviter !
    bon dimanche
    bisous

  8. Excuse-moi, mais l’histoire des ponts de Paris très peu pour moi. Mais j’aitrouvé d’autres pages intéressantes. Dis-moi, les bagues, les as-tu tapées en dormant ? Si oui, dors de temps en temps qu’on rigole. Amicalement. dinosaure80.

  9. Et en plus,j’oublie de relire mon texte. Tu vas penser que c’est moi qui dort en tapant. Je ferai mieux la prochaine fois. Tchao. Henri.

  10. Francoise, il est vraiment dommage que les catholiques ont une analyse toujours simpliste du conflit israelo-palestinien. Mais bon, cela leurs permet d’oublier la menace musulmane dans leurs propres pays. Revoyez en profondeur les ecrits originaux de la Thora et du Talmud (brules d’ailleurs par le « bon »roi Saint Louis qui fit porter la rouelle aux juifs), cherchez la bonne traduction de ces textes, et non celle biaisee de l’eglise, et vous connaitrez enfin la verite. Ne vous arretez pas sur la rive du bien pensant de l eglise, prenez ce pont de la verite!

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