Les ponts de Paris (34)

Le pont de Grenelle enjambe la Seine entre le XV° et le XVI° avec un appui sur l’île des Cygnes. A l’extrémité aval de l’île se trouve une réplique de la Statue de la Liberté.


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Le pont de Grenelle traverse l’île du cygne comme le pont Rouelle et le pont Bir-Hakeim. Une nouvelle fois, regardez la photographie de Wikipedia (merci encore Wiki). Il relie le centre commercial de Beaugrenelle du nouveau Front de Seine à la maison de la Radio, siège de Radio France.

Un premier pont en bois a été construit en 1827 en même temps qu’un port et une gare fluviale, il était alors situé en dehors de la ville. Le pont, comme beaucoup d’autres, était soumis à péage :  deux (2) centimes pour un âne, cinq (5) centimes par personne (certains osaient-ils demander une réduction, justifiée au demeurant ?) et vingt-cinq (25) centimes pour un carrosse tiré par deux chevaux. Après la réunion des communes limitrophes à Paris en 1859-1860, la ville rachète les droits de la concession en 1865 et le péage survit jusqu’en mai 1874.

Le pont est très fréquenté, ces ouvrages d’art sont peu nombreux en ce temps-là ; il est rapidement fragilisé et reçoit de nombreuses réparations entre 1849 et 1873. Cette année là, l’activité diplomatique de la France lui est fatale : le 13 juillet alors que le chah d’Iran est en visite officielle à Paris, la circulation autour du périmètre du Trocadéro est interdite, de même que le passage des ponts alentours. Biens et personnes sont détournés vers le pont de Grenelle. L’augmentation du trafic est telle que, dès le lendemain, l’affaissement de plusieurs arches de bois est observé compromettant la sécurité de l’ensemble. Interdiction du pont, puis reconstruction sur les mêmes piles.

Un pont en fonte apparaît en 1875 ; ayant souffert des outrages du temps, il a été remplacé à son tour par un pont d’acier en 1968. Ce nouveau pont soixante-huitard est celui qui existe actuellement ; il franchit les deux bras de la Seine sans point d’appui. Il comporte deux travées métalliques principales de 85 mètres franchissant les deux bras du fleuve, une travée de 20 m au-dessus de l’île des Cygnes et deux travées de 15 m en béton, franchissant les quais rive droite et rive gauche. La longueur totale du pont est de 220 m, sa largeur de 30 m (22 m pour la chaussée, et 8 m pour les deux trottoirs).S’appuyant sur l’extrémité occidentale de l’île aux Cygnes, le nouveau pont se voit doté d’un rond-point, place idéale pour recevoir un monument : une statue de bronze, réduction de « La Liberté éclairant le monde » (1885). Initialement orientée vers l’est, donc tournant le dos à l’Amérique mais pas à l’Elysée, et regardant vers la tour Eiffel, elle a été tournée vers les USA en 1937 à l’occasion de l’exposition universelle et à la demande expresse de feu Bartholdi (enfin entendu, comme quoi, bien souvent, il est bon d’être mort, on y gagne de l’audience et très souvent une bonne réputation injustifiée).La véritable statue de la Liberté veille sur New York : celle qui se trouve à quelques pas du pont de Grenelle n’est qu’une réplique de la construction monumentale d’Eiffel et de Bartholdi, d’une taille très réduite : 11,50 m. Elle fut offerte à la ville de Paris par la colonie américaine des Français aux USA en 1885 (ou par une association de citoyens américains vivant en France), et fut érigée en 1898 à l’occasion de l’Exposition Universelle. La statue est, à l’origine, destinée à être érigée place des Etats-Unis dans le XVIe arrondissement. Pour diverses raisons, l’oeuvre n’est pas prête à temps et c’est le plâtre qui est inauguré le 13 mai 1885. «Notre» statue de la Liberté, haute de 11,50 m (20,50 m avec le socle) alors que l’originale de New York New mesure 46, 50m (92, 99 avec le piédestal), statue de bronze fondue par les frères Thiebaut, est inaugurée sur le pont de Grenelle le 4 juillet 1889, jour anniversaire de la fête nationale des Etats-Unis d’Amérique par le président de la République française d’alors, Sadi Carnot.

Déplacée à nouveau lors de la reconstruction du pont entre 1966 et 1968, la statue – tout en gardant sa nouvelle orientation – descend sur l’île aux Cygnes du côté aval, s’installant comme une véritable figure de proue. Elle humanise les formes fonctionnelles mais austères du nouvel ouvrage d’art dont les formes sobres sont l’expression architecturale des années 1960.

4 réflexions au sujet de « Les ponts de Paris (34) »

  1. Un bien joli article , sur ce pont dont le nom devient si familier
    Car Grenelle est devenu un nom à la mode dans le monde politique maintenant ,
    Au moindre problème , il faut se réunir pour faire un soi-disant « Grenelle » qui accouche souvent de pas grand-chose
    Doux et agréable , Lundi
    Bisous
    timilo

  2. un bien beau pont, que nous n’avons pas emprunté depuis longtemps, les abords ont du bien changer depuis 1987 ! bravo pour tes articles et ta documentation, bonne semaine et grosses bises

  3. Bonjour Françoise,
    J’ai fait le tour plusieurs fois de cette réplique de la statue de la Liberté, en bateau-mouche et j’ai bien aimé.
    Comme le dit Timilo, ce mot de « grenelle », maintenant on l’associe à autre chose et je me demande bien pourquoi on l’utilise de cette manière. Peut-être le sais-tu ?
    Bien amicalement, passe un bon lundi.

  4. sobriété convient bien à ce pont, mais originalité aussi, avec ce curieux rond- point, et cette langue de verdure !
    je me dis aussi qu’ en cette époque où on préconise l’ austérité, on pourrait bien reparler de  » péages  »
    bonne journée
    bisous

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