Les ponts de Paris (18)

Le pont Notre-Dame est situé au niveau de l ‘Hôtel-Dieu et du marché aux fleurs sur l’île de la Cité, qu’il relie à la rive droite. C’est à sa place que le premier pont de Paris, appelé Grand-Pont franchissait la Seine sur son grand bras dès l’Antiquité, dans le prolongement du Petit-Pont.

En 886, après le siège de Paris et les attaques normandes , ce premier pont est détruit, puis remplacé par le pont des Planches de Milbray qui résistera jusqu’en 1406. En 1413, Charles VI fait construire le premier pont qui sera appelé Notre-Dame, un solide ouvrage de bois reliant l’île de la Cité à la rue Saint-Martin sur lequel on construira soixante maisons, trente de chaque côté, toutes identiques qui empêchent toute vue sur la Seine. Il s’effondrera pourtant le 25 octobre 1499 dans un grand fracas, emportant dans sa chute quelques habitants et noyant des lavandières surprises par la montée brutale des eaux. Le prévôt des marchands Jacques Piedefer, les échevins furent rendus responsables et finirent leurs jours en prison. En ce temps-là, les responsables étaient trouvés, désignés coupables et punis.

En 1500, on décide de le reconstruire en pierre de taille, en le dotant de six grandes arches. Un bac assure la  traversée du fleuve le temps des travaux. L’ouvrage terminé en 1507 sera encore surplombé de demeures et de boutiques, 68 maisons semblables faites de pierre et de briques, 34 de chaque côté, achevées en 1512. Deux pièces, un magasin, une cave, une mansarde desservie par un escalier en colimaçon composent chaque habitation. Le pont deviendra vite un endroit commerçant très fréquenté. Ces habitations sont les premières dotées d’un numéro à Paris (même numéro de chaque côté de la rue avec précision « amont-aval »).

En 1660, le pont est remis en état et redécoré pour honorer l’arrivée à Paris de la fille du roi d’Espagne Philippe IV, Marie-Thérèse d’Autriche, qui devient alors reine de France et de Navarre en épousant Louis XIV conformément au traité des Pyrénées.

Le pont Notre-Dame porte ensuite une pompe hydraulique, installée en 1670 à la suite de trois années de sécheresse qui avaient rendu problématique l’approvisionnement de Paris en eau. Ce sont alors deux bâtiments et une tour qui sont construits, bien visibles sur le tableau ci-dessous.Tableau de 1756, de Nicolas Jean-Baptsite Raguenet,  intitulé « joute entre le pont au change et le pont Notre-Dame » (image provenant  du site http://commons.wikimedia.org). Il montre combien l’activité sur la Seine était grande et comme les maisons étaient élevées. La vie grouillait dans le secteur.

En 1786 sur ordre du roi, on détruit les habitations qui le surmontent et qui sont devenues insalubres, la décision avait été prise en 1769 mais inappliquée faute de crédits..

Sous le second Empire, les ponts n’échappent pas à la frénésie haussmannienne. Le pont Notre-Dame, qui avait été rebaptisé temporairement « pont de la Raison » sous la Révolution, est l’objet d’une reconstruction ; celui qui succède en 1853 est construit en maçonnerie, par économie sur les mêmes fondations, et n’a que cinq arches elliptiques de 17 m à 19 m d’ouverture ; il est large de 20 m et long de 90,36 m. Ses piles sont ornées de chaque côté d’une tête de  bélier. Suite à de nombreux accidents qui y ont lieu , il se voit baptiser le pont du Diable.

Image provenant du site http://www.galerie.roi-president.com/photo-19-40

Dès octobre 1901, un réaménagement est étudié pour faciliter le passage des bateaux. Il y a débat. La volonté de faire des économies l’emporte : les arches de rives sont maintenues et, entre elles, sera lancée une arche métallique de 60 m. L’étude définitive est acceptée fin 1907, les travaux commencent en 1910 et se terminent en 1914 : le pont mesurera 106 m de long et 20 de large. L’inauguration officielle est repoussée, elle intervient le 5 septembre 1919 avec Raymond Poincaré, président de la République. Quatre mascarons d’hommes barbus, couronnés de plantes et de fleurs, ornent de chaque côté les clés de voûte des arches latérales. Sur ces mêmes arches, la balustrade de pierre porte un décor de feuilles d’acanthe.
Je retiens que le pont Notre-dame, a eu pour autres noms : pont de la Raison officiellement et pont du Diable officieusement ; des ponts du Diable, il en existe plus que de raison.
En connaissez-vous ?
Y en a-t-il un près de chez vous ?
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11 réflexions au sujet de « Les ponts de Paris (18) »

  1. Et dire qu’avant on construisait des habitations sur les ponts ,
    Une bien jolie histoire que celle de ce pont de Paris
    Douce et agréable journée ,Françoise
    Bisous
    timilo

  2. Non, je ne connais pas de pont du diable bien que ce soit un nom assez répandu mais je n’ai pas gardé les lieux en mémoire

  3. tu as mis un joli tableau
    je connais bien ce pont,mais je ne connaissais pas son histoire
    je vais répondre à ton mail dans la soirée
    il fait très chaud,moi qui ne crains pas la chaleur aujourd’hui je suis hs
    bonne soirée
    gros bisous
    janine

  4. bonsoir, je ne connais pas du tout Paris, mais par votre histoire j’en sais un peu plus et en suis ravie…
    merci pour ce partage et vos commentaires sur mon blog..Amicalement ..MAmoune

  5. Ce sont des ponts qui ont fait partie de ma jeunesse car maintenant je vais rarement à Paris même juste dans la grande banlieue voir mes enfants. Bisous

  6. Bonjour
    C’est peut-être le seul pont que j’ai franchi à Paris à pieds…
    Des ponts du diable, on peut en trouver si on veut….
    il veut souvent nous faire aller où on ne devrait pas !!!!
    Amitiés
    Jean

  7. Bonjour Françoise
    d’où vient cette passion pour les ponts? l est vrai que la symbolique du pont est complexe et par conséquent chacun de nous peut en être touché, même si inconsciemment.

    En Italie on trouve encore quelque ponts habité, par les commerces maintenant, notamment à Florence.

    Quant au pont du diable il en existe un dans la tradition de mon village en Italie, appellation non officielle bien sur. Un auteur avait écrit il y a longtemps une jolie histoire la dessus, si je la retrouve je la traduirais et te l’enverrais.
    Bonne journée
    Antonio

  8. Bonjour Françoise, je préfère le dernier pont au premier.
    Quelle idée de construire des maisons sur un pont !
    Chez moi, toujours la canicule.
    Une bonne fin de soirée.
    Bisous.

  9. Coucou Françoise …
    Merci pour cette fascinante page d’histoire ..et cette promenade sur ce superbe pont .. On ne connaîtra jamais assez l’histoire de tous ces ponts de Paris .. Merci pour ton sourire sur mon blog …
    Bonne journée ..

  10. Dans mon enfance on allait souvent en Suisse car plus avantageux au cours du change…On passait souvent dans un endroit assez lugubre et dangereux… Je ne me souviens plus exactement où c’était sinon dans les montagnes et là, père nous montrait die Teufel’s Brüke ( le pont du diable) un passage au-dessus d’un torrent tumultueux.

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