Les Trois Glorieuses

Le 27 juillet 1830, bravant les ordonnances, Le National, Le Temps, Le Globe et Le Journal du commerce paraissent sans autorisation et publient la protestation des journalistes.

Aussitôt, le préfet de police ordonne la saisie des presses des quatre journaux rebelles et le parquet lance des mandats d’arrêt contre les signataires de la protestation. De vives échauffourées ont lieu entre la police et les ouvriers typographes, qui redoutent de perdre leur emploi. Qui sont les autres insurgés ? Des victimes de la crise économique, des exclus, des artisans, des boutiquiers, des employés, des ouvriers saisonniers, des étudiants et des meneurs politiques. Tiens, tiens. Nous avons tout bien réuni, sauf le bel été et les meneurs politiques qu’on a envie de suivre en masse.

La majorité des députés n’a aucune envie de créer l’irréparable avec Charles X et les ministres ; ils s’accommoderaient d’un retrait des ordonnances et d’un changement de ministère (comme aujourd’hui : il ne faut pas perdre une aussi bonne place, sans oublier qu’aujourd’hui le statut de députés est financièrement bien plus enviable même s’il a perdu de son prestige).

Pendant ce temps, les premiers groupes d’émeutiers ont commencé à se heurter à la police et à la gendarmerie aux alentours du Palais-Royal. Les premières barricades sont dressées par des étudiants et des ouvriers. La foule est exaspérée par l’annonce de la nomination du maréchal Marmont au commandement de la 1re division militaire de Paris. Marmont représente, aux yeux du peuple, l’archétype du traître, celui dont la défection, en 1814, a contraint Napoléon à abdiquer (les Français se souviennent). Poussés par quelques meneurs, les manifestants harcèlent les troupes à coups de pavés, de briques ou de pots de fleurs (en droit, on appelle tous ces objets des armes par destination). Les insurgés s’emparent de leurs premières armes dans la boutique d’un arquebusier. Finalement, au début de la soirée, les soldats se mettent à tirer. On ramasse, sur le pavé, les premiers cadavres que les républicains brandissent comme des trophées, pour exciter le gros des émeutiers à l’insurrection. La Révolution de 1830 commence véritablement à ce moment-là.

28 juillet : la révolution populaire

La liberté guidant le peuple (28 juillet 1830). Eugène Delacroix, musée du Louvre.(Savez-vous que Delacroix est probablement le fils de Talleyrand ?)

Au matin, le centre et l’est de la capitale sont hérissés de barricades. 10 000 insurgés pillent les armureries en chantant La Marseillaise . À onze heures du matin, les ministres, Polignac en tête, viennent se réfugier auprès de Marmont au palais des Tuileries. Marmont juge la situation très sérieuse ; il envoie au roi, qui se trouve au château de Saint-Cloud, le célèbre message :

« Ce n’est plus une émeute, c’est une révolution. Il est urgent que Votre Majesté décide des moyens de pacification. L’honneur de la couronne peut être encore sauvé. Demain peut-être il ne serait plus temps. »

Charles X ne répond pas.

Durant la journée du 28, les soldats, mal ravitaillés en vivres et en munitions, sont pris au piège des ruelles étroites du vieux Paris coupées par des barricades, et sous des pluies de projectiles divers. En fin de matinée, les insurgés se rendent maîtres de l’Hôtel de Ville au sommet duquel ils hissent le drapeau tricolore, provoquant une intense émotion dans la population parisienne. Plusieurs fois perdu et repris au cours de la journée, le bâtiment, hautement symbolique, finit par rester aux mains des insurgés.

29 juillet : c’est le triomphe de l’insurrection. Pendant la nuit du 28 au 29 juillet, de nouvelles barricades ont été élevées. Le Louvre et les Tuileries, attaqués, tombent aux mains des insurgés tandis que les troupes royales se replient en désordre à travers les Champs-Élysées jusqu’à l’Étoile. Dans la soirée, l’insurrection est maîtresse de Paris et les débris de l’armée royale ont pris position dans le bois de Boulogne pour protéger le château de Saint-Cloud où Charles X se terre.

Les émeutiers sont alors les maîtres de la capitale. Bilan : 1 000 morts (200 soldats, 800 insurgés).

L’heure de la solution de compromis est passée : le trône de Charles X est désormais condamné.

Le Roi est mort, vive le Roi !

Charles X part, Louis-Philippe I arrive.

11 réflexions au sujet de « Les Trois Glorieuses »

  1. Bonsoir Françoise, tu m’embrouilles avec tes trois glorieuses, la Révolution, c’était bien le 14 juillet 1789 ! Bon, c’est vrai que des guerres internes, il y en a eu beaucoup !
    Alors, toujours pas de bébé, c’est fichu pour le 27.
    Avec du retard, bon anniversaire, j’étais dans l’impossiblitié de venir te le souhaiter.
    Une bonne nuit, gros bisous.

  2. Bonjour Françoise,
    Plusieurs fois, les français ont du se révolter contre des réformes et des situations économiques injustes ! va-t-il falloir recommencer ? moi je suis pour dans la mesure où il n’y a pas de sang, car je suis pacifiste avant tout.
    Merci pour ce rappel des faits, passe une bonne journée et bises bien amicales.

  3. C’est bien expliqué et si on connaît déjà le problème de l’époque c’est clair ! Quelle époque que ce fut ! Bisous

  4. Et il en a encore fallu, des révoltes émeutes, massacres, écrivains engagés, ouvriers et paysans… Les lois constitutionnelles de la III° république ne datent que de 1875, et non 1870 comme on a tendance à le croire. Quelle époque ce XIX°, un bouillon d’idées; le moins drôle a été la Restauration justement; les gens dans le Vexin et le Mantois ont souffert; la famille de La Rochefoucault et la Duchesse de Berry ont sévi… Bravo, j’aime bien tes sujets; mes amitiés

  5. bonjour françoise
    il y a eu beaucoup trop de morts,beaucoup de gens ont trop souffert
    et ce bébé est-il né enfin?si elle continue à se faire attendre on va l’appeler désiré!!!!mais elle l’est certainement
    temps mi-figue mi-raisin en métropole,mais il fait moins froid
    bonne fin de journée
    gros bisous
    janine

  6. Bonjour Françoise ..
    Merci pour cette page d’histoire bien connu ..Depuis , les jours se succèdent et se ressemblent presque dans certains endroits si l’on regarde bien ..Merci pour ta visite …
    Bon Week-End .. Je serai absente quelques jours , mais je programmerai quelques billets .. A bientôt Dame lointaine ..
    Bisous ..

  7. je me fais la réflexion qu’ il ne faut pas si longtemps pour que les français se soulèvent, et à force de les priver tous les jours d’ une liberté, et de rajouter sans arrêt de nouvelles taxes, pourrait bien les réveiller !
    et ce n’ est pas moi qui les condamnerait !
    merci pour ces rappels d’ histoire, de notre histoire !
    bonne soirée
    bises

  8. Merci pour ce rappel…à te lire il faut admettre que la paix est bien plus difficile à obtenir que la guerre…faut-il vraiment appliquer les paroles latines « si vis pacem para bellum »..?

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