La colonne de Juillet

Je reste place de la Bastille : c’est le 27 juillet.

Le 27 juillet 1831, Louis-Philippe posa la première pierre de la Colonne de Juillet. Elle fut inspirée par la colonne Trajane de Rome, fut dessinée par l’architecte Jean-Antoine Alavoine ; les travaux commencèrent en 1835. La colonne fut terminée en 1840 pour célébrer les dix ans de la révolution.

La colonne de Juillet est une colonne élevée sur la place de la Bastille à Paris, en commémoration des Trois Glorieuses. Ces trois journées de la révolution de juillet 1830 amenèrent la chute de Charles X et de la monarchie absolue (qui était revenue), et l’instauration de la monarchie constitutionnelle, avec le règne de Louis-Philippe I, duc d’Orléans, devenu roi des Français : la monarchie de Juillet. Sur une plaque, au bas de la colonne, il est écrit :

« À la gloire des citoyens français qui s’armèrent et combattirent pour la défense des libertés publiques dans les mémorables journées des 27, 28, 29 juillet 1830. »

Le fût de la colonne porte le nom des victimes des journées révolutionnaires de juillet 1830 et le sommet est orné d’une sculpture en bronze doré  : le Génie de la Liberté. Le Génie de la Liberté représente « la Liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière ». Il est nu, le pied gauche posé sur la sphère, la jambe droite levée, les ailes déployées, une étoile sur le front. Il tient dans la main gauche une chaîne brisée, et de la droite le flambeau de la civilisation. Cette sculpture a été réalisée par Auguste Dumont.

La Révolution de Juillet,  à la faveur de laquelle un nouveau régime, succède à la Seconde Restauration, se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les « Trois Glorieuses ».

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Le lundi 26 juillet 1830, magnifique journée d’été, il fait une chaleur accablante. (en 2011, Paris est calme et il fait frais). La publication des ordonnances du roi Charles X plonge le pays dans un véritable état de stupeur.

Les quatre ordonnances  :

  1. Autorisation préalable désormais nécessaire à toute publication (suppression de la liberté de la presse)
  2. Dissolution de la Chambre des députés (seconde fois en 70 jours)
  3. Modification de la loi électorale: seule la contribution foncière sera prise en compte pour la fixation du cens électoral, les préfets établiront seuls la liste des électeurs qui sera publiée cinq jours avant les élections, les votes auraient lieu à bulletin ouvert. ( Cette réforme du cens électoral est faite pour exclure la bourgeoisie du suffrage)
  4. Date des nouvelles élections, les 6 et 18 septembre.

Les Français s’attendaient à un coup de force, mais n’imaginaient pas que le roi agirait avant la réunion des Chambres prévue pour le 3 août.

Dès le début de l’après-midi, les propriétaires du journal « le Constitutionnel » organisent une réunion et publient une édition spéciale appelant à la résistance par la grève de l’impôt (c’est que je préconise de faire, maintenant que nous ne sommes pas contents : de la résistance fiscale,; les Grecs n’ont pas payé leurs impôts, nous paierons les dettes à leur place car il faut bien que quelqu’un rembourse). Thiers et Rémusat proposent d’élever une protestation solennelle qui est rédigée sur-le-champ et publiée le lendemain dans les journaux Le National, Le Globe et Le Temps. C’est la Protestation des 44 journalistes du 26 juillet 1830 :

« Le régime légal est […] interrompu, celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. […] Aujourd’hui donc, des ministres criminels ont violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essaierons de publier nos feuilles sans demander l’autorisation qui nous est imposée. »

Au même moment, quelques attroupements commencent à se former au Palais Royal, place du Carrousel, place Vendôme. On crie : « Vive la Charte ! À bas les ministres ! À bas Polignac ». Un calme trompeur retombe sur Paris qui s’endort dans l’inquiétude du lendemain.

Et moi, demain, je vous résume les Trois Glorieuses, si vous le voulez bien.

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6 réflexions au sujet de « La colonne de Juillet »

  1. Très bien raconté ! J’aime bien la place de la Bastille, j’attendais ma mère toutes les semaines sur un banc qui n’est plus là ! Bon mercredi

  2. finalement, on n’ en n’ est pas encore à ce point, mais ça vient doucement !
    on devrait déjà penser à la prochaine colonne !
    bonne journée
    bises

  3. c’est une place que j’ai beaucoup parcouru avec mon grand-père
    qu’est-ce que tu attends heureuse grand-mère,fille ou garçon?
    en bourgogne nous avons eu froid,la cheminée a été rallumumée
    bonne fin de journée et gros bisous
    janine

  4. Ton reportage me rappelle les années durant lesquelles j’ai vécu à Paris…En ce qui concerne le Manneken-Pis je pense avoir exagéré en ce qui concerne sa taille…vu d’en bas il a l’air grand mais c’est effectivement un petit bonhomme dont la taille exacte m’échappe…lundi et mardi ont été deux journées consacrées à la visite des Clubs de Martinique et des Vosges…c’était super ! je raconterai une partie des aventures dans des billets à venir…du coup je n’ai pas trouvé le temps nécessaire pour répondre à tes commentaires…bonne fin de journée amie

  5. ou est il possible de trouver la liste des noms des personnes inscrites sur la colonne de juillet place de la bastille

    merci

  6. Gil,
    A part sur la colonne elle-même, je pense que les noms doivent pouvoir se retrouver aux archives nationales puisqu’elle a été communiquée au graveur. Je ne peux en en dire ni en faire plus car si j’aime bien me promener dans Paris quand j’y suis, j’habite bien loin de la capitale : l’île de la Réunion. C’est dire.
    Bonne journée et merci pour l’intérêt que vous avez porté à mon blog.

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