Coquilles, bourdes, bourdons et autres « joyeusetés »

Dans ce monde pas tous les jours drôle, on peut quand même  trouver de quoi rire grâce aux différents médias et aux « célébrités ».

Commençons par l’étranger :

D’abord, une bourde plus qu’une coquille.Cette annonce est parue dans un journal anglais (a gauche) : Traduction

Félicitations Georges! pour le plaisir de 15 femmes pour une journée entière ! Nous avons toutes été comblées et vraiment satisfaites et pensons à l’année prochaine… Toutes, nous vous remercions.

Après réflexion, un rectificatif a été publié (a droite) :

Nos excuses sincères à Georges et à la rédaction. Notre intention était de le remercier pour un voyage de vacances qu’il a organisé. Cette tradition annuelle est très appréciée.
Tout sous-entendu inapproprié était non intentionnel et nous prenons l’entière responsabilité pour l’annonce parue dans le journal d’hier.

En français, chez les Belges, à la RTBF, 28 juin 2007 : « Des nouvelles du roi : [Albert II] a été opéré mardi d’une fracture du col de l’utérus. Tout s’est bien passé, Albert II a entamé une rééducation ». Tiens, je ne connaissais pas cette partie du corps humain. Les rois ne sont donc pas comme nous ?

Aux Etats Unis. « En dehors des meurtres, notre ville a un des plus bas taux de criminalité au pays. » Paroles de Marion Barry, maire de Washington. Tout de suite, on est plus rassuré !

Mais en France, on n’est pas en reste.

Une bêtise qui va plaire aux Alsaciens, je suis sûre : à l’occasion de la victoire de Strasbourg en coupe, Thierry Roland a hurlé : « la coupe est partie à l’étranger ! »
C’est toujours agréable à entendre, non ?

Le même Thierry Roland, qui braille et dit régulièrement de très gros mots (je ne répéterai pas) est raciste, ou du moins ça en a l’air : Mundial 1986, quart de finale Angleterre – Argentine : il s’offusque du but de la main accordé à Maradona et prend à témoin Jean-Michel Larqué : “Honnêtement, Jean-Michel, ne croyez-vous pas qu’il y a autre chose qu’un arbitre tunisien pour arbitrer un match de cette importance ?”. Si ce ne sont pas des propos racistes, cela y ressemble fort, non ? Un exemple de plus : 2002, match Corée du Sud – France, il pouffe de rire à l’antenne : “Il n’y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen, surtout habillés en footballeurs, d’autant qu’ils mesurent tous 1,70 m, qu’ils sont tous bruns. » Pourquoi poursuit-on le vieux monsieur Guerlain pour avoir dit « travailler comme un nègre », ce que tout le monde dit sans être raciste et non ce stupide commentateur ?

On ne leur demande pas d’être vraiment intelligents aux sportifs et aux commentateurs, mais quand même.

Dans les journaux, il y en a de bien bonnes :

Midi Libre (2006) : « Il a alors fait une chute d’une vingtaine de mètres et s’est tué sur le COU, succombant à une noyade. » Trop fort, il a réussi à mourir deux fois en une. C’était bien écrit : cou. C’était le coup de Trafalgar, cette chute.

Nord Matin, 1977
« Cinq morts à Paris dans un accident sans gravité ». Je n’ose pas penser au nombre de victimes si ça avait été plus grave.

« Le chauffeur s’est assoupi et le camion s’est couché sur le bord de la route ». Bien. Qui était fatigué alors ?

Le Provençal : « Un trou de balle a été relevé à la base du dos« . Et bien oui. Et alors ?

Et aussi :

« Quoique très sérieusement brûlé, l’homme a su garder son  sang froid ».

« Les kinésithérapeutes se sont massés devant la préfecture. » Le travail au grand air, il n’y a que ça de vrai ! Travail d’équipe en plus.

Double sens douteux : « Strauss-Kahn dément« . Fou ? Menteur repenti ?

« Trois enfants ont été découverts égorgés par les secours. » Je vous ai déjà dit qu’on ne pouvait se fier à personne ? Je n’insiste pas sur les exemples.

Même les plus « grands » disent des bêtises :

La dernière perle de Christian Estrosi en public : lors d’un meeting en Bourgogne, il a appelé à voter pour la gauche. Le ministre de l’Industrie avait auparavant déjà confondu deux Premiers ministres, séché sur le prix du timbre et maltraité l’orthographe. (Cliquez sur timbre et vous pourrez lire l’article « Michel Audiard… » et voir une vidéo d’Estrosi).

François Mitterand lui même, qui  pesait en général ses mots, a dit : « Le Bicentenaire, ça ne se fête pas tous les ans, ça se fête tous les cent ans. « Personne n’est à l’abri d’une bêtise. Combien de bicentenaire avant le tricentenaire ?

J’étais à l’oral. Passons à l’écrit. Dans les journaux, on peut trouver :

– les bourdons : mots (ou lettres) oubliés ;
– les doublons : mots (ou lettres) répétés.

Si un journal se jette vite, il n’en va pas de même pour ce qui est taillé dans la pierre ou n’importe quel support solide et durable. La faute est plus ennuyeuse. Je vous explique.

Pradier, sculpteur, venait de terminer le monument consacré, à Molière dans la rue Richelieu. Une statue représentant la Comédie tenant à la main un rouleau sur lequel sont inscrits les titres des chefs-d’œuvre de notre célèbre auteur ; une partie du travail avait été confiée à un apprenti sculpteur. Bon en sculpture sans doute, moins brillant en orthographe, il avait écrit « L’avarre ». Quelqu’un, plein d’esprit s’écria : « Tiens, voilà un avare qui a un air misanthrope » (r mis en trop).

Et quelques coquilles, enfin  : lettres mises à la place d’autre.

– Amphithéâtre : enceinte circulaire garnie de gredins (dans un dictionnaire).

« C’est avec erreur que nous avions annoncé dans notre dernier numéro que monsieur M… était pécheur de poules. Nos lecteurs auront rétabli d’eux-mêmes. En réalité monsieur M… est lécheur de moules. » Bis repetita. « Errare humanum est, perseverare diabolicum est. » (Sénèque le Jeune). Se tromper est humain, mais persister [dans l’erreur] est diabolique ».

« Les juges, trouvant la faute légère, n’ont condamné le pauvre diable qu’à huit jours d’empoisonnement.  » L’empoisonnement à dose homéopathique ?  Quel est la peine pour une faute plus lourde, plus grave ?

Avant, la justice était plus sévère. Pour les fautes d’orthographe et pour tout le reste. Étienne Dolet, imprimeur à Lyon, fut pendu et brûlé, comme athée et relaps, pour avoir ajouté les mots du tout à la fin de cette phrase, traduite de Platon:  » Après la mort, tu ne seras plus rien.  » Cette addition, qui changeait tout justement, n’était-elle  pas qu’une malheureuse coquille.

C’était le bon temps ?

6 réflexions au sujet de « Coquilles, bourdes, bourdons et autres « joyeusetés » »

  1. Il y a tant d’erreurs en paroles et en écrits qu’on peut se croire lésés quand il n’y en a pas ! Journalistes, politiques de tous bords…ils ont tous une bêtise à dire et ne s’en privent pas ! On écorche mots et expressions à tout va. Risible ou triste ? Le « c’est moi que j’suis l’professeur d’ français qu’on vous a causé »… raconté par mon père est devenu courant !
    Vos petites anecdotes sont très drôles et lues dès le matin alors que le ciel de Toulouse est bien gris, c’est du soleil pour la journée ! merci.

  2. Merci Geneviève pour votre commentaire et continuez à me régaler de vos articles. Je rédigerai un autre article sur les bourdes et coquilles que j’ai retouvées dans mes archives.Bonne journée et Joyeuses fêtes de Pâques.
    A bientôt.

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