Horreur !

Savez-vous ce qu’est l’horreur ? Au sens premier, l’horreur c’est un violent sentiment d’effroi accompagné d’un recul physique ou mental, devant une chose hideuse, affreuse. Et bien c’est l’horreur qui m’a saisie quand j’ai lu le document ci-dessous.

Fiche de travail en français pour une classe de CM2 vue en juin 2020, publiée sur i-profs.

Je ne parle pas du niveau des élèves qui est descendu de manière phénoménale en trente ans, pis encore en un demi-siècle compte tenu des « adaptations » des programmes mais du niveau des publications. Lisez attentivement le texte de l’exercice 1. Je n’ai pas cherché davantage mais je m’inquiète.

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Quelle horreur !!!

Je reprends ce qui est écrit en attirant votre attention sur les mots à problème.

Je partis en colonie pour la première fois à 6 ans. Nous prîmes le bus de bon matin ma sœur et moi. Nous avions le cœur gros de quitter nos parents. Le car prit les nationales et nous arrivèrent tard le soir à destination. On nous conduisit directement vers le dortoir où nous défîmes nos bagages. Je vis que les lits étaient superposés et l’idée de dormir à l’étage supérieur me réjouis. Nous nous couchâmes et la lumière s’éteignit. Ce soir-là, je m’endormis difficilement.


  • Première remarque : 6 ans en chiffres alors que l’on m’a appris, jadis, que dans un texte il fallait écrire les chiffres (et les nombres) en toutes lettres donc SIX ans.
  • Deuxième remarque : nous arrivèrent ? Nous arrivâmes. Du verbe « arriver », premier groupe. Thème : verbes du troisième groupe. Est-ce parce que c’est un verbe du premier groupe qu’on peut écrire une ineptie ?
  • Troisième remarque : me réjouis ? Le verbe doit s’accorder avec le sujet. Qui est-ce  (ou qu’est-ce) qui me réjouit ? L’idée, donc l’idée me réjouit..

N ‘y-a-t-il plus aucune relecture avant les « éditions » de documents fournis aux élèves ? Qu’en pensent les professeurs des écoles utilisateurs de ces fiches ?

Tout va de mal en pis et tout le monde, en haut lieu en particulier, semble s’accommoder de l’à-peu-près. Rien ne va s’arranger.

Je me souviens que, lorsque j’ai passé le CAPES le document de l’épreuve orale de droit comportait une énorme coquille qui m’a beaucoup dérangée pendant la préparation de mon exposé. Par la suite, ayant pu lire des compte-rendus de jurys d’écrits de CAPES, j’ai été effarée par les fautes d’orthographe qui émaillaient lesdits documents. Un rapport s’attardait longuement sur les fautes d’orthographe et je dois avouer que j’étais sidérée. Et si les correcteurs voyaient des fautes là où il n’y en avait pas ?

Ceci me renvoie à un autre souvenir concernant ma fille : dans un devoir de philosophie, en école d’ingénieur, le professeur avait apposé ses appréciations sur la copie : « bon devoir mais attention aux fautes d’orthographe. » Surprise, ma fille m’avait montré les fautes soulignées et là (horreur aussi) les fautes n’existaient pas, le prof les avait faites (commises), il avait oublié une des règles de base de la grammaire :

« le participe passé employé avec l’auxiliaire AVOIR s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct (COD) lorsque celui-ci est placé avant le verbe ».

Certes la règle se complique dans certains cas mais là, c’était du simple.

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3 réflexions sur « Horreur ! »

  1. « Horreur » comme tu dis Françoise.
    « Tout fout le camp ».
    A très bientôt j’espère. Bise.

  2. Comment veux tu qu’alors les élèves ne fassent pas de fautes !
    Il me semble que la bonne vieille méthode avait fait ses preuves, alors pourquoi ne pas y revenir !

  3. …je dois dire que j’oublie quelquefois les règles de base, mais venant d’un professeur, il y a de quoi être horrifiés !! fautes dans les énoncés et fautes dans les corrections, où allons nous ? tu vas etre obligée de « rempiler » chere Françaoise, amities et bises

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