Pastiche

Depuis quelques semaines, sur le net, circule une lettre attribuée à Madame de Sévigné. Elle parait véridique à bon nombre de ceux qui La lisent mais attention, il ne s’agit que d’un pastiche : une Imitation du style de la dame de plume sans qu’il y ait véritable reproduction d’une oeuvre particulière. C’est intéressant, certes, mais c’est une parodie.

Voilà le texte, le pastiche :

Lettre de Mme de Sévigné à sa fille, le jeudi 30 Avril 1687

« Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements. 

Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu’il nous fait livrer,

Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de Monsieur Corneille « Le Menteur », dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ».

Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand’mode. tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer,

Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. »

Précisions historiques :

  • en 1687 : le 30 avril était un mercredi, non un jeudi,
  • Mazarin est mort à Vincennes le 
  • Vatel est mort à Chantilly le 
  • Pierre Corneille est mort le
  • La pièce Le Menteur a été créée en 1644,
  • aucune épidémie : les Français n’ont pas de souci de santé de masse.

Les masques à la mode en France en 1687 étaient des loups pour aller au bal ou ailleurs discrètement ; effectivement, en cas d’épidémie de peste, les médecins portaient des masques en forme de bec, beaucoup plus encombrants qu’aujourd’hui. Je me souviens de mon voyage à Venise et des masques, LÀ.

Symbole emblématique de la peste noire, les historiens de la médecine ont attribué l’invention du costume de « médecin bec » à un médecin français nommé Charles de Lorme en 1619. Il avait conçu le masque d’oiseau pour qu’il soit porté avec un grand manteau de tissu ciré, une protection de la tête aux pieds sur le modèle de l’armure d’un soldat.

de lorme costume

Le masque avec un bec semblable à celui d’un corbeau protégeait de l’infection, que l’on croyait transmise par l’air. En fait, les médecins pensaient que la maladie était propagée par des miasmes, une forme nocive de « mauvais air ». L’air nauséabond était combattu avec des fleurs séchées, des herbes et des épices (menthe, camphre, clou de girofle, …) entassées dans le bec du masque ; ces herbes étaient légèrement enflammées avant d’être mises dans le masque, pour que la fumée puisse protéger davantage le médecin. (Allez savoir comment il arrivait encore à respirer.)

Des lentilles de verre recouvraient les yeux pour éloigner le regard du patient, au cas où la maladie se propagerait par contact visuel.

Quand on ne sait pas, on fait comme on le sent. C’est toujours pareil en 2020.

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2 réflexions sur « Pastiche »

  1. C’ est en tout cas, un bel exercice de style, même si historiquement il ne tient pas la route !
    pas sur que dans les bals le loup empêchait de reconnaître !
    Les masquées vénitiennes sont souvent des oeuvres d’art !
    il est vrai que certains casques avaient un bec comme ces masques de protections des médecins d’alors !
    Mais pour les odeurs, même les rois ne prenaient que deux bains par an, et ces dames urinaient debout !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. oui bien tournée cette lettre, mais les événements de l’epoque n’etaient pas les memes et aux memes dates ! les gravures de l’epoque, montrent bien le masque du médecin, en bec, le loup n’était pas un vrai masque, on devait facilement deviner qui le portait … oui tu as raison , aujourd’hui quand on ne sait pas, on fait comme on le sent !! amities et bises chere Françoise bonne fin de semaine

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