Toujours l’hypocrisie

Après plusieurs reports, le plan de lutte contre les addictions vient d’être publié. Le gouvernement entend changer la réglementation en matière de vente d’alcool, renforcer la lutte contre les trafics et surtout protéger les plus jeunes. Le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 a été validé par le cabinet du Premier ministre le 19 décembre 2018 et vient de sortir (en loucedé, en douce, discrètement, en cachette, en secret, en catimini).

Ce plan était très attendu, le précédent couvrait la période 2013-2017 et depuis il n’y avait plus rien. Rien pour 2018. Ce nouveau plan a été publié très discrètement ce mardi 8 janvier 2019 comme étant le plan 2018-2022. Raté, nous sommes en janvier 2019 et une année est bel et bien passée à la trappe. Le « nouveau » et très attendu plan n’amène pas de mesures spectaculaires (désaccords au sommet ?) ; la question des addictions (première cause de mortalité évitable) n’est toujours pas une priorité nationale.

L’État se soucie davantage de l’économie de la filière alcool que de la santé des Français, en particulier celle des Français de La Réunion. Le rapport évoque la nécessité préalable de quantifier l’impact d’une telle mesure sur les différents secteurs économiques concernés et s’inquiète davantage des conséquences de la baisse de consommation sur l’économie que de la santé (et de la sécurité) publique et ce, bien que plusieurs acteurs politiques locaux défendent une augmentation du prix des boissons alcoolisées sur l’île.

Le plan 2018-2022 

  1. Protéger dès le plus jeune âge
  2. Mieux répondre aux conséquences des addictions pour les citoyens et la société
  3. Améliorer l’efficacité de la lutte contre le trafic
  4. Renforcer les connaissances et favoriser leur diffusion
  5. Renforcer la coopération internationale
  6. Créer les conditions de l’efficacité de l’action publique sur l’ensemble du territoire

1 – Dès le plus jeune âge ; que dit le rapport sur l’alcoolisation foetale ? Ça existe, oui.

2 – Conséquences des addictions : accidents, violences et notamment les violences conjugales, suicides, etc.

6 – Ensemble du territoire : c’est vrai que La Réunion c’est loin et qu’on oublie souvent ce département-là , département entièrement à part (même le président de la République actuel ne savait pas où c’était avant d’y venir ; on se souvient aussi qu’il a dit, lors de son séjour réunionnais, que la Guyane était une île (il a manqué visiblement de cours de géographie). Le département de La Réunion est à la deuxième place nationale après le Nord-Pas-de-Calais pour la consommation d’alcool ; le niveau moyen de consommation par habitant est plus faible que dans l’Hexagone mais à La Réunion, une petite frange de la population concentre un très haut niveau de consommation et le paye de sa vie (Misère, misère !).

N.B. : des observatoires régionaux auront la charge d’étudier les niveaux de consommation dans les DOM. mais depuis le temps qu’on étudie (et à quel coût ! ?) il faudrait tirer les conclusions qui s’imposent. On sait bien et le rapport le rappelle que « les consommateurs et consommatrices en situation d’addiction (8 % des buveurs) et ceux en situation de risques (25 % des buveurs) représentent 90 % de l’alcool consommé en France ».

Certaines des mesure(tt)es présentées (sont à mourir de rire) :

  • Agrandir les pictogrammes « femmes enceintes » sur les bouteilles d’alcool.
  • Placer immédiatement en fourrière les véhicules des automobilistes contrôlés positifs au test d’alcoolémie ou de stupéfiants.
  • Renforcer la lutte contre les trafics internationaux.
  • Réviser les conditions de vente des boissons alcoolisées.

Souvenons-nous aussi qu’avec son humour coutumier et léger, tout à fait approprié aux circonstances, le chef de l’État, qui fait résolument passer l’économie avant la santé, avait déclaré en février 2018 : « Moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup en la formule de Pompidou : « N’emmerdez pas les Français. »  Il boit combien et quoi midi et soir ?

Un fois de plus, pas peu fier de son bon mot tout comme : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent… » Respect pour les DOM ?

Décidément, il a le chic pour se faire apprécier du plus grand nombre. À force de jeter de l’huile sur leS feuX… Si on se décide à aller le chercher, ça risque de faire très mal.

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3 réflexions au sujet de « Toujours l’hypocrisie »

  1. Hé oui, faut respecter les dom ! Naméo !!!
    J’ai rien compris pour le kwassa : ça veut dire quoi cette phrase ???
    C’est quoi, ça ?
    Pour les addictions, c’est quoi cette fixette sur l’alcool ?
    Il y en a beaucoup d’autres … 🙄
    Commentaires toujours courts à cause de mon dos et mes yeux …
    sauf sur les blogs où je me retrouve avec 3 nouveaux billets !
    Bon dimanche, toujours doux et humide …
    Rien ne change ! Lolll
    Bisoux, ma françoise ♥

  2. le pognon mène la danse !
    Les vacances sont choisies en fonction du tourisme et des sports d’ hiver !
    La loi evin n’ était pas appliquée dans toute l’ Europe, et le sport en a souffert en France !
    Je viens de lire un article montrant que la France était en tête pour la consommation de cannabis !
    http://www.bvoltaire.fr/la-france-au-premier-rang-europeen-de-la-consommation-de-cannabis-pourquoi/?mc_cid=844a81dfa2&mc_eid=ead64e6ae8
    Peut être faut il faire en sorte que le verre de jus de fruits soit moins cher que le verre de vin ?
    Passe un bon dimanche Françoise
    Bisous

  3. Je crains devoir te décevoir car les addictions n’ont fait, pour moi, que grossir le déficit de la sécurité sociale. C’est transformer les vices en maladie. C’est créer encore plus d’assistés, de gens sans volonté.
    Puisque tu parles de l’alcoolisme à la Réunion sache qu’il sévit partout autant en sur l’hexagone qu’outre-mer. J’ai eu un petit aperçu du problème en Martinique où les gens du cru boivent en général ce qu’ils appellent le rhum paille. J’ai pu constater par moi-même qu’il valait mieux absorber un punch pour se désaltérer qu’un soda qui appelait à consommer plus. Si un collègue était imbibé presque chaque soir, ce n’était pas mon cas. Tout est question de volonté. Celui qui détruit sa santé par les abus, quels qu’ils soient ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Nous pouvons l’aider à s’en sortir à condition que lui-même fasse un effort. Le jour où j’ai décidé de ne plus fumer c’était dans la seconde même. L’effort a été beaucoup plus long quand il m’a fallu cesser de me gaver…
    Quant à ton podium sur l’alcoolisme, je croyais que les bretons tenaient la tête avec, en particulier, le département d’Ille et Vilaine. Tu y places les « chtis » ce qui ne va pas plaire à « trublion » (sourire).
    Bon apéro, je vais prendre le mien !

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