L’école en chansons

Michel Sardou est le chanteur français déclenchant le plus souvent des débats de société. Même si Sardou refuse d’être qualifié de chanteur engagé, on ne peut nier qu’il dresse des états des lieux de la société française et chante des textes polémiques qui nous replongent dans les débats qui ont agité la France. C’est en pensant beaucoup à l’école cette semaine que des chansons me sont revenues en mémoire.

Je me souviens des deux écoles. C’était en 1984, la France vivait de nombreuses manifestations liées à la loi Savary qui proposait d’intégrer les maîtres privés dans l’école publique à plus ou moins longue échéance. (Je n’aimais pas cette idée moi qui avais passé le concours de recrutement de l’Éducation Nationale et qui savait comment étaient recrutés les enseignants du privé). Je ne suis pas allée à des manifestations à ce moment-là, le goût m’était passé (j’avais déjà vu quelques débordements effrayants ; j’ai eu l’occasion de voire pire plus tard) mais en juin 1984, deux millions de personnes ont manifesté pour le retrait de ce projet de loi pour préserver l’indépendance des établissements catholiques. Comme Michel  Sardou qui chante les Deux Ecoles, je ne veux pas défendre l’enseignement catholique mais laisser le choix à chacun de scolariser son enfant dans un établissement publique ou privé.

J’ai fait les deux écoles et j’ai tout oublié,
La nuit des carmagnoles, la fin des Assemblées,
Les dieux de l’Acropole et les saints baptisés.
J’étais des deux écoles et ça n’a rien changé.

Je veux que mes enfants s’instruisent à mon école
S’ils ressemblent à quelqu’un, autant que ce soit moi.
Après ils s’en iront adorer leurs idoles
Et vivre leur destin où bon leur semblera.

Je me souviens aussi de ce fameux Bac G,  devenu S.T.T. pendant ma carrière et désormais S.T.G. (on change les noms, on diminue le contenu des programmes…). La charge de Sardou contre le ministre de l’Education Nationale de l’époque, Lionel Jospin et sa loi d’orientation scolaire qui doit amener 80 % d’une classe d’âge au bac est violente mais justifiée à mes yeux. Dans cette chanson, Sardou se met à la place d’un professeur qui reçoit la lettre d’un de ses anciens élèves, qui a passé le Bac G « Un bac à bon marché dans un lycée poubelle, l’ouverture habituelle des horizons bouchés ». Vision désespérante mais ô combien réaliste. Ça me rappelle un courrier que j’avais remis en main propre au dit ministre et qui allait dans le même sens : les formations au rabais dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis-de-La Réunion, c’était peu avant les événements qui eurent lieu du 23 février à la mi-mars 1991. (Souvenirs devenus plus « drôles » des années plus tard.)

Votre question était « faut-il désespérer ? »

Il faut reconnaître que Sardou a frappé fort dès sa première chanson en 1967 : Les Ricains, est censurée à la demande expresse des plus hautes instances (De Gaulle à l’époque). Pourquoi ? Parce que Sardou fustige le manque de reconnaissance de l’État français pour les Américains venus mourir en France nous permettant ainsi de ne pas avoir à « saluer je ne sais qui » en étant « en Germanie ». Certes l’Europe qui voit l’Allemagne alliée de la France c’est bien, c’est beau, intelligent mais la reconnaissance envers ceux qui ont accepté de se sacrifier pour notre liberté doit exister véritablement.

Voilà peut-être une chanson pour commencer une leçon d’histoire de France. Il faut animer les cours alors pourquoi pas cette chanson ? Mais veut-on véritablement encourager les élèves à réfléchir ?

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3 réflexions au sujet de « L’école en chansons »

  1. Même si je l’ avoue, j’ aime Bien Sardou, parce que je pense comme lui, il faut bien lui reconnaître du courage de dire en chantant ce que certains pensaient tout bas !
    De plus il a un beau répertoire et une belle voix !
    J’ aime bien Pierre Perret aussi, femme grillagée en particulier, qui ne passe jamais à l’ antenne, pas plus que ses chansons coquines !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Les écoles cathos sont sont appelées privées dans les médias. Peu de personnes en France pourraient se permettre d’envoyer leur gamin dans une école privée. Il fut un temps où l’on disait enseignement libre… Tout ça pour dire qu’une seule école serait bien mieux. Quant à Sardou j’aime bien sa voix mais pas le mec
    JP

  3. J’adore sardou et suis une inconditionnelle.
    Particulièrement cette chanson surtout à cette époque …
    Vais voir l’autre article !

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