Chameau !

Encore un animal, des animaux plutôt. Chameau !  C’était un mot qu’utilisait ma grand-mère quand on la faisait tourner en bourrique.  Ah les animaux dans le langage courant ! Bien plus jeune que ma grand-mère, la marraine de mon fils, elle aussi, aimait beaucoup ce mot « chameau », ce qui lui avait valu (par mes enfants) le surnom de « Tatie Chameau. Dans le langage familier et populaire, le chameau est une personne méchante et désagréable mais

 

les chameaux sont simplement des mammifères de la famille des camélidés.

Le Chameau de Bactriane qui présente deux bosses est d’origine asiatique ; on distingue deux sous-espèces :

  • le Chameau domestique,
  • le Chameau sauvage de Tartarie reconnu comme une sous-espèce sensiblement différente de l’espèce domestique du Bactriane.

Le Dromadaire ou chameau d’Arabie n’a qu’une bosse et vit dans l’ouest du continent asiatique, en particulier dans le désert d’Arabie, et en Afrique du Nord.

Les deux espèces (chameau et dromadaire) sont interfécondes et l’hybride est appelé Turkoman (je me demande s’il y en a, et où ?).

Je vous ai parlé des « australian camel » dans mon avant-dernier billet et je tiens à préciser que les chameaux australiens (qui sont en fait des dromadaires) ont été introduits en Australie au XIXe siècle par les Européens, ces dromadaires étaient d’un précieux secours pour la construction des lignes de chemin de fer dans le grand désert australien.

Les premiers animaux, inconnus en Australie, ont été amenés par les Britanniques dans les années 1840 comme animaux de bât pour l’exploration de l’Australie, avec des chameliers venus d’Inde et d’Afghanistan. Ces dromadaires étaient tout indiqués, pour s’adapter aux espaces vastes, aux conditions de vie difficiles de l’Outback et du Red Center auxquelles les chevaux ne résistaient pas. C’est ainsi que l’installations de colons blancs a pu être tentée ainsi que la création de villes telles qu’Alice Spring. Ces animaux participèrent activement,  au début du 20ème siècle, à la construction de la voie de chemin de fer qui relie Adélaïde au sud à Darwin au nord  en passant par Alice Springs. Ce train est appelé « Ghan », il assura le transport des marchandises et le déplacement des hommes du sud au nord rendant les chameaux inutiles. (Le Ghan circule encore mais surtout pour les touristes. J’avoue que c’est un de mes rêves.) Quant aux animaux, ils furent abandonnés, en liberté, avec l’idée qu’ils ne survivraient pas sans les hommes dans ce milieu si hostile. Grossière erreur ! Ils se sont si bien adaptés qu’il y a maintenant des troupeaux de dromadaires en Australie. Certains sont dans des fermes et sont vendus pour leur viande, d’autres domestiqués à nouveau attendent les touristes pour des balades (j’avoue que je suis allée à dos de chameau, en Australie Occidentale, avec mari et enfants dans les années 1990,).

La population de camélidés revenue à l’état sauvage (marronnage) augmente de façon exponentielle (doublement en 8 à 12 ans) pour dépasser sans doute un million de têtes maintenant ; elle représente même une menace pour la faune et les paysages d’Australie et pendant la saison sèche de 2009, environ 6 000 dromadaires à la recherche d’eau sont venus assiéger la petite localité de Kaltukatjara (appelée aussi Docker River).

Voyez la différence entre un chameau à deux bosses (2 syllabes) et le dromadaire à une seule bosse.

Les dromadaires, au poil plus court, résistent à des températures élevées (qui dépassent 50 degrés). Les chameaux (à poil laineux 🙂 ) peuvent résister à de longues périodes de froid en hiver (le désert de Gobi peut atteindre moins 40).

Les différences entre un chameau et dromadaire

Pour la petite histoire (que j’aime beaucoup) : les Afghans ou Ghans sont les chameliers originaires d’Afghanistan, principalement des Pachtounes, envoyés en Australie afin de guider les dromadaires chargés de faciliter l’exploration puis la mise en valeur de l’outback, l’arrière pays désertique du continent.

En 1860, le gouvernement de Victoria fait venir 24 dromadaires et 3 guides qui prendront part à l’expédition ralliant le sud au nord, de Melbourne au golfe de Carpentarie. Ces méharistes musulmans sont 600 en 1901 et finissent par constituer une minorité de 3 000 personnes en Australie, dominant le secteur du transport dans l’intérieur du pays. La ville d’Alice Springs, avant l’arrivée du chemin de fer, était dépendante des Afghans qui la ravitaillent  depuis Oodnadatta grâce à leurs « vaisseaux du désert ». Cependant, malgré leur importance dans l’économie locale,  les Ghans sont mal acceptés par la population qui ne comprend pas pourquoi ces musulmans refusent d’acheminer porc et alcool fort.

Par la suite, les Afghans contribuent à la construction de la ligne de chemin de fer entre Adélaïde et Alice Springs, ligne surnommée « The Ghan » en leur honneur, ainsi qu’à la ligne de télégraphe courant parallèlement à la voie ferrée et rejoignant Darwin au nord. Ils établissent de petits centres de peuplement le long des chantiers comportant la plupart du temps une petite mosquée faite de tôle ondulée et surmontée d’un minaret.

Cette population masculine ne peut, en raison de préjugés raciaux, se marier qu’avec les femmes défavorisées : aborigènes ou femmes blanches répudiées. Malgré les discriminations, certains parviennent à faire fortune. Ainsi les frères Taj et Faiz connaissent la réussite dans le commerce, tandis que Mohammed Alam Khan devient un herboriste reconnu à Adélaïde. En raison de l’application de la politique de l’Australie blanche, la majorité des Ghans a été amenée à quitter le pays (mais les  immigrants sont toujours nombreux dans le pays).

******************

Pour finir avec le chameau, quelques informations supplémentaires :

« … c’est un cheval dessiné par une commission d’experts. » ont dit un jour Pierre Dac et Francis Blanche. Voilà sans doute le pourquoi de leur étrange allure (aux chameaux et dromadaires).

Retenez aussi que :

  • Le chameau blatère ; sa femelle est la chamelle, son petit le chamelon ou chamelet.
  • Le poil de chameau naturel présente un dégradé de couleurs, un camaïeu depuis le brun foncé jusqu’au blanc, la teinte moyenne est fauve. Il se file mal.

Et pour finir, connaissez-vous cette expression : Faire passer un chameau par le chas d’une aiguille ? 

Elle signifie essayer ou vouloir quelque d’impossible. L’origine de cette expression se trouve dans la Bible (souvenez-vous des Béatitudes) : Jésus voulait montrer qu’une personne riche désirant accéder au paradis mais incapable de renoncer à ses biens les plus précieux ne pourra y parvenir. L’accès au royaume des cieux est impossible aux nantis selon Jésus mais depuis il y a eu les « indulgences » (qui ont beaucoup rapporté aux religieux) et des révolutions pour tout changer… en vain.

Je m’éloigne de mon idée du début. J’arrête là pour aujourd’hui.

3 réflexions au sujet de « Chameau ! »

  1. c’ est là un phénomène qui s’ est répété pour d’ autres espèces animales !
    Au départ, on importe un animal pour l’ utiliser, jusqu’ à ce que des machines le remplacent !
    IL devient de ce fait encombrant et inutile, et finit par poser problème parce qu’ il se reproduits !
    On peut même considérer que la réintroduction du loup et de l’ ours est une erreur, puisqu’ ils n » ont pas de prédateurs naturels, et seront immanquablement trop nombreux en peu de temps !
    IL me semble me souvenir que dan ma jeunesse, les lodens étaient en poils de chameau !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Merci pour toutes ces explications sur les camélidés !
    J’ai appris plein de choses mais je savais ce qu’est un « vieux chameau », un peu comme « une vieille canaille » ! 😉
    Bon jeudi … Déjà !
    Bisoux, ma chère françoise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *