Silence !

Silence ! Silence, hôpital. Silence, on tourne ! Des impératifs. Ta gueule, quoi ! Faire taire. Voilà qui m’a longtemps révoltée puisque “réduire au silence un adversaire”, c’est l’empêcher de parler, de s’exprimer en général et que “passer sous silence un sujet”, c’est éviter d’en parler, donc de faire preuve d’hypocrisie et surtout de lâcheté.

C’est une façon de voir sur laquelle j’avais insisté dans d’anciens billets, récemment “Silence…” et bien avant “Mensonge par omission“, “La fin d’un secret de famille“, “Droit et devoir de taire“… En clair, le silence me révoltait, je ne voyais que ses mauvais côtés : la «loi du silence», celle du secret, celle qui protège La Mafia (ou plus généralement une mafia) et cette “majorité silencieuse” composée de gens qui n’expriment pas volontiers leurs choix ou leurs opinions ou qui n’en ont pas. J’étais pour le droit à la parole mais depuis quelques temps, j’ai de vrais grands doutes quand j’entends ce que j’entends. Certes, je ne nierai pas mon amour du verbe, j’étais une bavarde et je peux l’être encore mais j’ai découvert les joies et les bienfaits du silence.

Aujourd’hui, je viens d’écrire à quelqu’un qui me fut très cher : “je crois que j’aime le silence et ça ce fut une surprise. La plupart des gens se sentent mal dans le silence. J’étais comme eux. J’ai changé. Je me trouve. Je crois qu’il faut faire silence pour oublier, pour comprendre, pour trouver du sens à certaines choses, pour se poser et se reposer, se perdre dans ses souvenirs. Je comprends aujourd’hui le pourquoi du silence des monastères et abbayes : laisser à l’âme la possibilité de s’exprimer en silence au fond de notre cœur, dans notre esprit. Le silence permet de se trouver.

Il faut oublier ce qui nous a bercé : l’activité incessante, le bruit quotidien. Dans ce charivari permanent, le silence est angoissant et met mal à l’aise la plupart des individus qui s’empressent de brancher radio, télé, n’importe quoi qui fait du bruit. Jamais auparavant je n’aurais imaginé dire un jour : “Quelle douceur que de se taire ! Quelle extase que d’écouter le silence”. Le passage d’un ange ne m’effraie plus. Peut-être parce que certains silences en disent plus long que bien des mots.

Et si le silence était aussi un véritable langage ?

Il faudrait, dans ce cas, enseigner aux enfants que ne pas parler, ce n’est pas forcément ne rien dire mais c’est le dire autrement, en donnant des clés de décryptage car il est vrai qu’un silence peut marquer à la fois un accord ou une désapprobation ; pour le moment les mots doivent le préciser mais quelle utilité que de débattre pendant des heures sur des points de détails ? Pour meubler ?

Et si l’on allait directement à l’essentiel ?

Brut de décoffrage ? Trop sincère ?

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3 réflexions sur « Silence ! »

  1. il est bien certain qu’ une bonne réflexion ou introspection se fera plus facilement dans les jardins d’ un monastère que sur une place de marché !
    Ce que je me dis aussi, c’ est qu’ il est fou en France de voir comme on commémore tout le passé, mais qu’ on parle bien peu du futur !
    Ne pas en parler ne veut pas dire qu’ on a oublié !
    et cette formule ne date pas d ‘hier, qui prétend que le silence est d’ or, quand la parole est d’ argent
    bonne journée Françoise, sous la pluie chez moi
    bisous

  2. Moi y’a un truc qui me sidère
    On nous pousse à marcher et à parler depuis la naissance
    Pour qu’ensuite nos vieux nous disent de fermer nos gueules et de rester là
    Comme les chiens, pas bouger ^^
    Comme quoi y’a réellement un abus d’autorité et une incompréhension
    Pas étonnant que leurs absences puissent être un énorme soulagement

  3. “Bavarde je suis, bavarde je resterai”… Mais, j’aime également le silence qui vous permet de réfléchir…Plus je vieillis, plus j’aime le silence et plus je réfléchis ! Et si “on peut m’empêcher de parler, on ne peut pas m’empêcher de penser” ! Pour ça, je suis mon maître !
    Et je suis bien d’accord avec vous “ne pas en parler, ne veut pas dire qu’on a oublié…”
    Bavardes comme nous sommes toutes deux, avouez que nous avons bien du mérite de nous taire parfois !
    Bonne journée Françoise. Je vous embrasse.

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