Grèves de la Sncf

Bientôt une semaine que le merdier français s’aggrave grâce à la Sncf. Le merdier, c’est bien ça. Nous sommes habitués. Nous et notre réputation de fouteurs de pagaille… D’après le Larousse, le merdier, c’est une expression populaire et dans les faits un grand désordre, une situation complexe, confuse, où il n’y a que des difficultés. 

(Ce billet date de quelques jours, avant mon isolement, avant qu’internet ne soit « coupé » ; ceci dit aujourd’hui encore j’ai été à nouveau privée de téléphone mais ça devrait être enfin réparé).

Revenons à la Sncf. J’avoue que je ne sais pas vraiment de quoi il retourne pour que cette grève continue. J’ai compris que l’on va «saucissonner» encore davantage le système ferroviaire, créer trois «Epic» (EPIC, établissement public industriel et commercial) : SNCF Mobilité, chargé de faire rouler les trains, SNCF Réseau, chargé de l’entretien et un « Epic de tête » qui piloterait l’ensemble, non pas pour la bonne marche de l’entreprise mais sans doute pour caser deux ou trois copains, fils, neveux… Dans le même temps, les employés perdraient nombre de leurs avantages.

Si les Français regardent de travers les cheminots, c’est qu’ils sont excédés de ne pouvoir circuler librement alors que leur vie n’est pas simple, particulièrement dans les grandes villes ; ils se disent que les grévistes sont quand même des privilégiés par rapport à eux.

Envier est humain mais je crois que personne ne devrait oublier que ce n’est pas en déshabillant Pierre que Paul sera mieux habillé et ceux qui tirent le maximum de profit restent dans l’ombre.

Je suis persuadée qu’à la Sncf, il y a d’autres moyens  de se battre que de faire souffrir la population. On peut se défendre sans prendre systématiquement en otage les voyageurs : grève du zèle par exemple, pas de contrôle.

Je voudrais aussi répéter qu’il faut appeler « un chat un chat » et toujours utiliser le mot qui convient aux situations, alors arrêtons de parler d’usagers en évoquant les voyageurs empruntant le train. Il faut dire clients car les voyageurs ne sont pas transportés gratuitement ; les usagers sont des personnes qui utilisent des services publics gratuits, ce qui n’est pas le cas de la Sncf, entreprise publique et non service public, tout comme EDF (ce qui permet à leurs employés d’avoir des statuts particuliers privilégiés).

D’après le Larousse, un usager est une personne qui a recours à un service, en particulier à un service public, ou qui emprunte le domaine public : Les usagers de la route. La route est de plus en plus privée, merci à Monsieur Jospin d’avoir permis la privatisation des Autoroutes du Sud de la France dont les contribuables avaient longuement financé la construction : privatisation partielle en mars 2002, mise en bourse de 49 % du capital, recette : 1,8 milliard d’euros. Ben oui, il avait besoin de sous notre ami Lionel ou plutôt pour l’autre François, le François 1er de la nouvelle démocratie. Belle gestion de la gauche ! À la manière de Louis XIV, François Mitterrand a endetté le pays pour laisser des traces de son passage : grande Arche de la Défense, Colonnes de Buren, Pyramide du Louvre, BNF… Et dire qu’en 1981, je croyais encore à la démocratie socialiste.)

Aujourd’hui alors que tout va mal en France, l’attitude jusqu’au-boutiste de certains grévistes montre le mépris qu’ils ont de leurs compatriotes tant les travailleurs que les jeunes lycéens candidats au bac et les familles en général.

Il est en outre abusif de faire payer des billets pour des trains « blindés » de monde, qui partent quand ils veulent et arrivent de même  : nous payons deux fois la Sncf : primo impôts et deuxio titres de transport.

C’est bien à cause des grèves à répétition que la SNCF a perdu le frêt des marchandises ; les voyageurs vont finir par fuir et tenter le covoiturage par exemple ; ce n’était peut être pas la peine de faire faire des wagons plus larges (que les quais), s’ils ne sont pas remplis régulièrement.

Qui va indemniser les dommages et préjudices de cette nouvelle prise d’otages ?

Un point positif à cette grève ? Je crois. Il parait que dans un train bondé : les passagers ont été solidaires et se relayaient sur les sièges ; les personnes âgées et une femme enceinte ont pu s’asseoir pendant tout le trajet ; une jeune femme a proposé à une passagère debout de partager son siège (en première, ils sont assez larges). Retour à plus d’humanité et de convivialité ?

Je crois que c’est toujours dans les périodes difficiles que les Français (et les autres ?) arrivent à se serrer les coudes. Comme il y a eu la Résistance, l’espoir d’un monde meilleur, nous sommes peut-être sur le point d’arriver à un nouveau tournant. Bon d’accord il y a eu des collabos et des résistants de la dernière heure, mais il y a eu des courageux, des rêveurs, des fous.

« Bienheureux soient les fêlés, ils laisseront passer la lumière« . Michel Audiard

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4 réflexions au sujet de « Grèves de la Sncf »

  1. Franchement ça me déglingue
    Jadis ces mêmes « branleurs » ont fait grève pour l’inverse c’est à dire empêcher la séparation de la SNCF de RFF comme quoi tout les prétextes sont bons pour foutre le bordel. Je ne les envies pas ils ont opté pour ce genre de travail à eux d’assumer maintenant. Ce que je leurs reproche ce sont des revendications qui dépasse l’absurde, ne pas vouloir remédier aux erreurs d’incompréhension comme ces rames trop large qui vont nous couter un bras, à des revendications statutaire qui ne sont à priori et hélas pas remis en cause. Car franchement est-il normal d’avoir une dette aussi astronomique et d’exiger quoi que ce soit ? hormis une privatisation ou la clef sous la porte c’est inadmissible de les laisser creuser un peu plus ce déficits chaque jour un peu plus comme si nous moutons que nous sommes devraient se saigner à blanc pour ces gabarits.
    Notre système est débile, tout comme ce pays faible qui se plie aux exigences de ce qu’elle à créer, des parasites. C’est pas pour rien que notre emblème est le coq car il est le seul à pouvoir chanter sur un tas de fumier pour ensuite faire le beau … ^^

  2. et derrière tout ça, il y a la Cgt et maintenant sud-rail qui fait de la surenchère.
    Combien de millions ce syndicat a fait perdre à la Franc ?
    et bien entendu, il se sert des fonctionnaires, qui ne craignent pas pour leur emploi, et qui peuvent paralyser la France par leur chantage !

    Un service public, ne devrait pas avoir le droit de grève, ce serait le désavantage de s avantages.
    j’ ai préparé un article pour lundi.
    j’ ai un beau frère qui était contremaitre de l’ entretien des locomotives, et une belle soeur qui préparait les salaires !
    Bonne journée Françoise
    bisous

  3. Les cheminots sont vraiment une race à part..; et là je deviendrais « raciste »….
    Beau week-end
    Jean

  4. La grève à la SNCF ? je la trouve écoeurante…Ils ont tellement d’avantages importants à notre époque ! Moi aussi, comme Jean, je deviendrai raciste !

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