Le premier mai

Depuis que je m’amuse à écrire sur mon blog, je me rends compte que jamais je n’ai consacré un article au premier mai mis à part quelques mots à propos du muguet en 2011 que vous pouvez relire en cliquant là. Aujourd’hui, je vais essayer de parler de ce jour si particulier : férié, chômé.

Dans la tradition celtique, le premier mai est la date à laquelle les Celtes passaient de la saison sombre à la saison claire ; c’est donc l’opposé d’Halloween.

Que fête-t-on maintenant ce jour-là ?

Nous fêtons sans vraiment savoir ni le pourquoi ni le comment :

1 – Le muguet appelé aussi lys des vallées, une plante originaire du Japon, présente en Europe depuis le Moyen-Age qui a toujours symbolisé le printemps avec des vertus porte-bonheur. Le 1er mai 1561, le roi Charles IX (un peu givré selon Jean Teulé), ayant reçu  un brin de muguet en guise de porte-bonheur ce jour-là, décida d’en offrir aux dames de la cour. Ainsi naquit sans doute la tradition.

2 – Le travail. Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains demandèrent la limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisirent de débuter leur action le 1er mai, date du moving day. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, fut largement suivie. et se prolongea dans certaines entreprises. Le 3 mai, puis le 4, les événements dégénérèrent. Sept policiers furent tués et cinq syndicalistes anarchistes arrêtés puis condamnés à mort (quatre furent pendus le vendredi 11 novembre 1887 malgré l’inexistence de preuves, le dernier s’était suicidé dans sa cellule).

À Paris, le 20 juin 1889, le congrès de l’Internationale socialiste, réuni  pour le centenaire de la Révolution Française, décida de faire du 1er mai un jour de lutte à travers le monde avec pour objectif la journée de huit heures. L’année suivante, les manifestants arborèrent un triangle rouge symbolisant leur triple revendication : 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs.

Ce n’est qu’en 1907 que le brin de muguet fit son grand retour.

Le 23 avril 1919, le sénat français ratifie la loi instaurant la journée de huit heures et l’Assemblée déclare officiellement le 1er mai 1919 comme journée chômée. Dans les années qui suivent, le 1er mai s’impose et en 1936 ont lieu les plus grandes manifestations qui contribuent à l’élection, deux jours plus tard, de la première coalition républicaine de centre gauche : le Front populaire. Le socialiste Léon Blum préside ce gouvernement qui ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs :  la semaine de 40 heures, les deux premières semaines de congés payés et la reconnaissance du droit syndical.

Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure officiellement le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale », suivant la devise « Travail, Famille, Patrie ».

En avril 1947 sur proposition du dé­puté socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est ré-institué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale. C’est le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

En 1968 : la CGT lance un appel à manifester dans les rues de Paris après une période de quinze ans d’interdiction de défiler.

Une tradition parisienne voulait que les forts des Halles portent le muguet au président de la République au Palais de l’Élysée le matin de chaque premier mai.

rené coty

Le président René Coty et  Madame, recevant le muguet offert par les reines et Forts des Halles le 30 mars 1955.

Aujourd’hui, une tolérance de l’administration fiscale, dans certaines communes, permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes sur la voie publique en respectant toutefois les autres obligations légales (il s’agit par exemple de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté, sinon ce serait de la revente).

Le premier mai est un jour marqué par la mort d’Ayrton Senna en 1994, celle d’Oussama Ben Laden en 2011 (nuit du 1° au 2 mai) et plus tôt par celle de Joseph Goebbels, suicidé en 1945.

C’est aussi le jour du « suicide » de Pierre Bérégovoy en 1993, soit 21 ans aujourd’hui. Suicide, pas suicide ? Lui seul le sait (peut-être quelques autres car il est des suicides qui arrangent tout le monde). Une chose est sûre, l’affaire a inspiré et fait couler de l’encre, avec entre autres : La Mort étrange de Pierre Bérégovoy, un crime d’Etat ? par Eric Raynaud, éditions Alphée.

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4 réflexions sur « Le premier mai »

  1. Du temps où je travaillais le 1er mai était la fête du travail même si je ne manifestais pas, les interprètes ne le faisaient pas. Merci pour ton article, bonne fin de semaine, bisous

  2. il est vrai qu’ avec Mitterrand, il y a eu pas mal de suicides sans réelle explication !
    la lutte des classes c’ est bien, mais il faut à un moment se montrer raisonnable; et je trouve que la Cgt ne l’ est pas, et a fait perdre beaucoup d’ argent au pays !
    Gardons cette tradition fleurie !
    Bonne journée Françoise
    bisous

  3. Bonjour ma petite Françoise
    Je te souhaite un doux vendredi même si celui-ci
    reste pluvieux.
    J’ espère que tu as eu un joli premier mai.
    Nous reprendrons nos visites chez mes amis lundi, en
    attendant je te souhaite de passer une belle journée et un
    bon weekend end.
    Pour moi total repos mais je ne t’oublie pas comme tu peux
    le voir jusqu’à dimanche.
    Prends soin de toi.
    Lolli

  4. Ping : Jour chômé payé | FrancoiseGomarin.fr

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