L’homme révolté

«Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux» des mots d’Emiliano Zapata, repris par Dolores Ibárruri Gómez, plus connue sous le nom de La Pasionaria, celle-là même qui a crié « ¡No pasarán! », voilà des mots de rebelles, de révoltés.

Le rebelle, c’est celui ou celle qui se révolte contre l’autorité du gouvernement légitime (ou non) , contre l’ordre, le pouvoir établi. Rebelle et révolté sont synonymes ou au moins très proches.

L’homme révolté dit non, il dit non à ce qu’il voit. C’est un lucide qui refuse le monde tel qu’il est, mais s’il refuse, il ne renonce pas : il veut se défendre, se battre, il crie «Assez, c’est fini ! » car après avoir obéi trop longtemps, il juge soudain inacceptable d’accepter un nouvel ordre. Il dit « les choses ont trop duré », « vous allez trop loin », ou comme j’aime à le répéter «au delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable ! »

C’est, en résumé, la création d’une barrière. L’autre « exagère », il a franchi la frontière de l’insupportable (mon droit existe et fait face au droit de l’autre, il le limite).

Un mouvement de révolte s’appuie sur le sentiment d’avoir raison, sur le refus catégorique d’en supporter davantage. La conscience fait naître la révolte chez les uns et la révolte fait venir la conscience chez les autres. Cette conscience annonce la possibilité d’un sacrifice du révolté pour le «bien» supérieur, souvent la liberté ou le respect, un bien dont il a pris conscience et qu’il veut voir reconnu (laïcité, honnêteté, liberté, indépendance, égalité, mérite…). Le révolté n’a plus peur de la mort et le dit : «Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux». Voilà pourquoi les révoltes finissent souvent dans le sang.

***** :
J’ai retrouvé cette phrase de Chateaubriand, Tome 3 des Mémoires : «Les Polonais seraient toujours tentés de se révolter, non par un esprit révolutionnaire, mais parce qu’il est dans la nature humaine qu’une nation veuille conserver son nom et refuse de perdre son indépendance.»

Tiens donc…

10 réflexions au sujet de « L’homme révolté »

  1. Phrase prémonitoire de ce qui pourrait se passer en France si on continue à brader l’identité des français car si l’on peut dépouiller l’homme de son argent, on ne peut pas le dépouiller de sa mémoire et de son histoire!
    Amicalement
    Antonio

  2. Se révolter est salutaire et empêche le dépôt excessif de servitudes. Et Dieu sait que les servitudes sont légions de nos jours; entre celles qui nous sont inhérentes, imposées par nos codes et réglementations de tout bord et de tout acabit et celles que nous nous créons par besoins artificiels et consommables interposés nous frisons l’encrassement des idées et de nos idéaux jusqu’à l’asphyxie.
    Il existe tellement de façons de se révolter au quotidien dans nos gestes et comportements ainsi que dans nos propos ou écrits que vouloir ne pas en tenir compte ou choisir de l’oublier peut paraître révoltant! Et les petites additions de nos petites révoltes font l’assurance du maintien et de la survie de ces grandes conquêtes passées qui nous ont installés progressivement, avec douleur, dans la dignité mais n’en demeurent pas moins menacées.

  3. L’avenir de ce pays est incertain , il faut dire stop à la dérive , une identité ça se mérite
    Bon wkend

  4. Bonjour Françoise
    il dire stop, au grand désordre mondial, dirigé par les banques
    Je te souhaite un très bon samedi
    Nos amitiés bises
    Qing&René

  5. Je sens que l’actualité va nous donner des raisons de nous révolter
    Mais aujourd’hui , c’est journée Crêpes
    Quand la Chandeleur tombe un Samedi , un doux régal pour le palais
    Bon et doux weekend Françoise
    J’espère que tout se passe pour le mieux à La Réunion
    Bisous
    timilo

  6. vaut mieux être debout .pour combattre. c’est important de rester debout face aux aléas!

  7. un signe qui ne trompe pas, la montée des extrêmes !
    Dans un climat social délétère, la révolte prend son essor, surtout lorsqu’ en plus on cherche à toucher à la culture du pays !
    bonne journée
    bisous

  8. Pour mourir debout… il faudrait déjà « pouvoir » exister !
    Pour ce qui est de vivre à genoux, c’est déjà comme ça, on nous met à genoux de jour en jour !!

    Bon week end Françoise et gros bisous

  9. Faudrait faire lire ça à nos dirigeants successifs qui sont à genoux devant la finance depuis bien longtemps….

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