Histoire

Qu’est-ce que l’Histoire ? Voilà une grande question que le cours de philosophie de terminale traite. Je n’ai pas la prétention de donner de leçons dans ce domaine que j’aime il est vrai mais qui n’est pas le mien. Je ne peux que vous conseiller d’aller lire sur http://www.philolog.fr ce que Madame Simone Manon en dit. C’est un superbe travail qu’elle présente.

Dans son cours, on notera que  » l’histoire est la connaissance historique, le discours ou le récit que les hommes élaborent de la vie des sociétés humaines  dans le temps ou la réalité historique, l’ensemble des événements et des faits historiques ».

Je resterai plus… terre à terre et je commence par citer Goethe qui a écrit « Écrire l’histoire est une manière de se débarrasser du passé. »

Ce qu’il est convenu d’appeler le passé n’est dans notre esprit qu’un souvenir présent des choses passées, il ne doit pas être oublié, dans la mesure où il recèle une expérience inégalable et où il participe à notre identité présente, néanmoins, il est vrai que l’on peut, parfois, ponctuellement et sagement, se débarrasser du passé quand il étouffe l’élan de la vie dans le présent, s’il n’est que rancune et amertume.

Il est par ailleurs absurde d’opposer le passé au présent comme s’il s’agissait d’états fixes car le temps est mouvement, il est continuité du passé dans le présent qui déterminera lui-même l’avenir. Nous le voyons bien en ce moment en France. Si la Prusse, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, l’Angleterre ne sont plus nos ennemis depuis que l’Europe se structure, il n’en va pas de même avec le Maghreb, l’Afrique et les conflits récents qui ont opposés la France à ces pays. Le passé pèse très lourd dans la relation franco-algérienne en dehors même du problème de l’Islam.

Les mêmes événements n’ont pas une valeur identique pour l’historien qui doit tenter de rester neutre et pour un individu dont la mémoire est « sentimentale ».  Ecrire l’histoire, la vivre ou s’en souvenir sont des actions dont la portée est différente. Faut-il enregistrer le plus objectivement possible ? Pourquoi ? Faut-il oublier les moments d’horreur ? Faut-il enfin se souvenir et tenir rancune ?

Si le fait d’écrire l’histoire permettait d’éviter la répétition des mêmes drames, ce serait utopisme idyllique devenu réalité. Il faut noter qu’actuellement le devoir de mémoire que l’on nous impose n’est souvent qu’exercice de repentance, ce qui me déplait fortement. Que l’on n’oublie jamais que l’esclavage (qui existe encore) est barbare, inhumain, inacceptable, soit, mais la repentance, manifestation publique du sentiment personnel de repentir pour une faute que l’on affirme avoir commise et dont on demande pardon, non, non et non.

L’esclave est le serviteur non libre et généralement non rémunéré qui est juridiquement la propriété d’une autre personne et donc, négociable : achat, vente, location, etc., au même titre qu’un objet ou un animal domestique. Se posent à moi plusieurs questions : D’où venaient les esclaves ? Qui les avaient réduits à cet état ? Qui sont les esclaves aujourd’hui ?

Si nous sommes d’accord sur la définition de l’esclave, non libre, non rémunéré, propriété de quelqu’un, nous pouvons continuer avec : pourquoi et comment des humains sont-ils devenus esclaves ?

L’esclavage est un grand fourre-tout car on trouve un peu de tout et pas seulement des Noirs mais des hommes, des femmes, des enfants de toutes les couleurs. Lors des guerres, les conquérants réduisaient en servitude leurs ennemis ; certains criminels ou délinquants étaient condamnés à l’esclavage par perte de leurs droits ; d’autres avaient été vendus par leur famille, d’autres stupides s’étaient vendus eux-mêmes (on en trouve actuellement qui ont cru aux belles paroles de passeurs de Chine ou de pays de l’Est) ; certains naissaient esclaves (les enfants d’esclaves) ; d’autres enfin étaient victimes de  razzias en Méditerranée soit sur des bateaux pris par les pirates, soit dans les villages côtiers. On recensa plus de vingt mille (20 000 ) esclaves français à Alger en 1350 ce qui n’est rien en comparaison des quinze millions approximativement de Noirs transportés d’Afrique vers d’autres cieux, l’Amérique essentiellement.

Je refuse la repentance pour plusieurs raisons : je n’ai pas à me repentir pour une faute que je n’ai pas commise. Je ne veux pas demander pardon d’autant que ma chère grand-mère, savoyarde, née en 1901, était une quasi esclave. Elle était louée (pas vendue mais presque) par ses parents dès l’âge de six ans, ne touchait aucun salaire, était mal nourrie et n’avait aucune possibilité de fuir. Qui parle des serfs en France ou en Russie, dans les sociétés médiévales ? Leur sort était-il plus enviable que celui des esclaves d’Amérique ou des colonies ?

Aujourd’hui, alors que l’esclavage existe encore, pourquoi devrait-on se focaliser sur ce qui a été ? N’est-il pas plus urgent de sauver ceux qui peuvent l’être ?

 

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5 réflexions au sujet de « Histoire »

  1. Je ne suis pas très d’accord avec Goethe ! Pour moi, écrire l’histoire n’est pas une manière de se débarrasser du passé ! Le passé, on doit s’en souvenir, ne serait-ce que pour l’améliorer ou ne pas refaire les erreurs commises alors ! Raisonnement un peu simpliste peut-être, mais…je ne suis pas philosophe…
    Quant à la repentance, je suis entièrement d’accord avec vous ! Il est de bon ton, depuis quelques années, de se repentir de fautes que nous n’avons pas commises . Lorsqu’un enfant chipe de la confiture à sa mère, on ne demande pas à son frère (ou à sa soeur) de se repentir ! Là encore, je suis simpliste, et un brin exagérée ! Mais cela me met hors de moi…
    Gardons l’étude de l’Histoire…Il faut tout de même bien connaître les faits qui se sont passés. Se souvenir oui, mais sans rancune surtout !
    Quand je pense qu’étant jeune, je n’aimais pas l’histoire ! Pourquoi ? je n’en sais rien…Mon père, passionné, nous en parlait beaucoup..tiens, tiens…la réponse est peut-être là !.

  2. je suis d’ accord avec toi.
    Il me semblait normal qu’ en France, on devait connaitre son passé, mais il semble, que la volonté soit d’ étudier l’ histoire des émigrés du Maghreb !
    Il semble que cela ait déjà provoqué quelques altercations

  3. Je ne suis pas de la même opinion que Goethe. L’histoire du passé, peut-il dépendre de l’histoire du présent ? Oui. C’est une question anachronique. Bergson avait travaillé sur ce point de vue et parlait « du mouvement rétrogarde du vrai ». En fait, quand on se retourne sur le passé, il y a une vérité qui apparait et dépend du moment du retournement du présent. Exemple : la naissance de Bonarpate en Corse ne serait rien, s’il était devenu Napoléon. Autre exemple : que serait devenu le film « l’innocence des musulmans », film piteux, s’il n’y avait pas eu les évènements que l’on connaît. La lecture des évènements de l’histoire se fait à travers des prismes souvent différents pour chacun. Bonne journée. Aujourd’hui c’est la journée du patrimoine, nous allons en profiter. Amicalement. Pimprenelle.

  4. Il m’est arrivé une drôle d’histoire avec mon commentaire hier matin…Bref, tout a disparu. Quelle histoire !
    Je disais donc que je n’étais pas d’accord avec Goethe. A mon avis le passé dépend du présent parfois. Henri Bergson a travaillé d’ailleurs sur le « mouvement rétrograde du vrai ». Cà veut dire que lorsqu’on se retourne sur le passé, il y a une vérité qui apparait et dépend du moment du retournement. Par exemple, la naissance de Bonaparte en Corse, ne serait rien, s’il était devenu Napoléon. Autre exemple du jour, que serait devenu le film piteux ‘l’innocence des musulmans » s’il n’avait pas été traduit en arabe après sa diffusion aux US. Ce film minable serait resté au fond des oubliettes. Oui, parfois le passé dépend du présent. La lecture des évènements se fait à travers des prismes souvent différents pour chacun. Bonne soirée.Amicalement, Pimprenelle.

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