Locution proverbiale

Ca y est, je suis rentrée chez moi, enfin là où m’attendent une de mes filles, mon fils, mon gendre et deux de mes petits-enfants (le troisième – une fille – est en préparation à Paris). Je vais donc reprendre le cours normal de mes activités de mère, grand-mère, blogueuse… J’ai fait des réserves d’idées et de photos pour les jours qui viennent. Aujourd’hui je commence par cette locution proverbiale que vous connaissez tous : « faire contre mauvaise fortune bon coeur ».

Faire contre mauvaise fortune bon coeur signifie à mon avis, ne pas perdre la face, garder sa superbe, et oui, on est Lion ou l’on n’est pas : il faut garder sa fierté. L’expression signifie plus communément : ne pas se laisser décourager par les difficultés ou savoir se contenter de ce qu’on peut avoir, ne pas trop en vouloir. Soit… Quelqu’un a écrit «Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a», formule reprise par Chirac à propos de la politique. C’est dire. Faut-il aujourd’hui accepter la compromission pour rester en place ? Ce n’était pas ainsi que les premiers députés français, les premiers représentants du Peuple Français voyaient leur rôle « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes.» oubliant cependant le « quatrième ordre» (les trois premiers étant Noblesse, clergé et Tiers-Etat) : celui des pauvres journaliers, des infirmes, des indigents, etc., ou l’ordre sacré des infortunés qui, à l’époque, était constitué d’un nombre important de personnes (on y revient ?).

Aujourd’hui, les députés et sénateurs, élus par si peu de citoyens sont de moins en moins les représentants du peuple. Dans les faits, ils sont si loin de ressembler aux citoyens qui les ont élus : grand nombre de fonctionnaires, d’enseignants, notables, riches voire richissimes, même à gauche comme DSK, Fabius et autres consorts, ainsi Julien Dray qui collectionne les montres à plus de 10 000 euros. Si la France compte 52% de femmes dans la population, elle voit à l’Assemblée Nationale seulement 18,2 % de députés de sexe féminin. Je vous rappelle que le suffrage universel décidé en 1789 était masculin exclusivement, pourtant il y  avait des femmes sur les barricades et sur les échafauds. Je vous rappelle aussi que les premiers députés furent élus par 10 à 11% des électeurs masculins (qui avaient peur d’aller aux urnes) ; étaient-ils si représentatifs des citoyens ces premiers députés ? Comme aujourd’hui, non ? Il faudrait que ça change, pas vrai ?

Mais je m’éloigne, comme d’habitude de mon sujet de départ. Cette locution proverbiale sans article est archaïque : « Faire contre mauvaise fortune bon coeur». La fortune a l’ancienne signification de chance, réussite, la mauvaise fortune devenant les difficultés, les revers. 
Le coeur désigne souvent le courage, mais dans ce cas, il est employé à la place de l’esprit, raison ou la mémoire (comme dans l’expression «connaitre par coeur»). C’est pour lutter contre la mauvaise fortune qu’il est important d’être raisonnable.

Faire contre mauvaise fortune bon coeur, cette expression me trotte dans la tête car je suis rentrée à la Réunion, mon chez-moi de plus de trente ans mais j’ai le mal du pays : la France métropolitaine. Oui, la métropole me manque avec ses saisons marquées, mes souvenirs, Noël sous la neige, les huitres en Charente Maritime, les moules dans l’étang de Thau, les châtaignes, marrons chauds des rues, et tant d’autres choses. J’aime bon nombre de choses à la Réunion mais j’ai envie de rentrer au pays. Il y a tant à dire, à écrire sur la nostalgie, vous souvenez-vous de ce sonnet de Du Bellay  «Heureux qui comme Ulysse» ? Et la chanson de Brassens «Heureux qui comme Ulysse» ? Clic ICI pour écouter cet hymne à la liberté. Le pays des vertes années… Joli.

« Faire contre mauvaise fortune bon coeur» , finalement je cherche simplement à «faire bonne figure», une autre expression bien de chez nous qui signifie que l’on se donne une bonne apparence dans le monde, que l’on joue un personnage (de grande importance ?), mais également que l’on doit avoir l’air accueillant.

Faire bonne figure consiste à se montrer sous son meilleur jour, à paraître de bonne humeur en public, même si on ne va pas très bien. Ne sommes-nous pas nombreux à agir, à paraître ainsi ?

Pourquoi ?

6 réflexions au sujet de « Locution proverbiale »

  1. Bonjour Françoise,
    Dur, dur, le retour, alors ?
    Tu vas revenir bientôt en métropole, donc en plus de « faire bonne figure », il va falloir que tu prennes « ton mal en patience », autre formule !
    Mais la métropole que tu retrouveras, dans quel état sera-t-elle ? Cela bouge en ce moment, côté européen, et là non plus on ne peut ni émettre un avis, ni faire des choix, ils nous sont confisqués par un petit nombre de personnes qui se disent nos représentants.
    Enfin, « qui vivra, verra », n’est-ce-pas ? encore une formule.
    Gros bisous.

  2. Bonjour françoise, comme dit Clara, bon retour, je vois que tu vas être bien occupée, c’est bien, bise et bonne journée…

  3. Françoise, mes bois sont bien en Suède, proches de la frontière finlandaise, j’ai plein de photos sur ces voyages…

  4. A bien réfléchir, nous sommes tous un peu comédiens ! Nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur. C’est une manière d’accepter parfois l’adversité …
    Bonne journée à la Réunion (ça vous évite la grisaille de Toulouse aujourd’hui !!!).
    A bientôt en métropole…Je vous embrasse.

  5. lorsque la mauvaise fortune est due aux aléas, d’ accord pour l’ accepter !
    Mais lorsqu’ elle est due à ceux là mêmes qui devraient veiller à notre bonheur, alors là, non , qu’ on les pende haut et court !
    bonne journée
    bisous

  6. Dans cette expression je prends « bon cœur » dans le sens de « bon courage » : affronter les revers avec tout son courage… la bonne figure s’ensuit tout naturellement !
    J’essaie toujours de ne rien laisser paraître de mes états d’âme, mais c’est en vain. Tout se voit, toujours, pour peu qu’on y prête attention : les yeux sont les fenêtres de l’âme…

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