Tourisme sexuel

Difficile d’aborder le sujet du tourisme sexuel. Certains nient son existence, d’autres se voilent la face mais le tourisme de la honte existe bel et bien. Cette (nouvelle ?) forme de tourisme consiste à se rendre à l’étranger pour avoir des relations sexuelles avec les habitants du cru.

Pourquoi ce sujet me vient-il à l’esprit maintenant ? Coup de blues en pensant à la crise, aux vacances ? Retour dans l’Océan Indien et proximité de Madagascar ? « Visions » et images d’aérogares ? Les larmes qui croisent les sourires…

Les touristes (sexuels) sont essentiellement des hommes à la recherche de jeunesse(s), mais aussi des femmes. Ce sont des Occidentaux le plus souvent, tous ceux qui ont de l’argent  peuvent en profiter ainsi. Il s’agit de commerce, ni plus, ni moins, entre un touriste et un autochtone prêt à vendre son corps pour une poignée de dollars : domination sexuelle par le biais de l’argent. Si cela ne concernait que des adultes consentants, il n’y aurait pas de réel problème mais personne n’ignore que les adultes, soi-disant consentants, sont quelquefois victimes d’un trafic, celui des esclaves sexuels ; nous voyons bien le problème. Fléau du XXIe siècle, ce trafic se développe à un rythme inquiétant dans les pays pauvres. Il faut parler aussi du nombre non négligeable d’enfants exploités de façon éhontée sur ce marché du sexe.

Le « tourisme sexuel » , c’est de la prostitution, une prostitution classique : des femmes, des hommes ou des enfants attendent le chaland, dans des bars ou sur des trottoirs. Dans des pays où un travail normal ne permet pas de survivre, une partie de la population, prête à tout pour se nourrir, se vend à des prix dérisoires. En face, il existe des voyages sexuels organisés par des agences de voyages. Les clients découvrent ainsi les pratiques sexuelles d’un autre pays ou, plus précisément, assouvissent leurs pulsions sur un «objet de plaisir». En s’assurant les services de jeunes filles ou garçons vierges, peur du sida oblige (des enfants «kleenex», à usage unique, de plus en plus jeunes) ; les touristes se rassurent.

A Madagascar, et ailleurs, les «copines» constituent un autre genre de prostituées. Il s’agit de jeunes femmes qui, le temps du passage d’un touriste, en deviennent les amies et accompagnatrices privilégiées. Leurs services ne sont pas ouvertement monnayés, mais les « copines » profitent du train de vie de leurs compagnons d’un temps. Ceux-ci leur paient toutes les sorties, les font participer à nombre d’activités auxquelles elles n’auraient pas accès autrement. Pour « remercier », ces jeunes filles finissent au lit. J’ai aperçu dans des rues malgaches des sexagénaires (ou plus âgés même), peu ragoûtants, accompagnés d’une ou même deux jeunes femmes de dix-sept ans maximum. Je ne crois pas que c’étaient des philanthropes, et je peux assurer que ce n’est pas leur charme qui opérait (sauf le charme de leur porte-monnaie) .

A Cuba (que je ne connais pas), il parait qu’une jinetera, c’est une cavalière, une accompagnatrice. Pudeur du terme pour désigner une prostituée occasionnelle. Des hommes aussi proposent leurs services, on les appelle les jineteros ou pingueros. La majorité des cavalières sont des chômeuses ou des étudiantes, en quête d’argent pour survivre et aider leur famille mais elles « travaillent » également pour s’acheter des vêtements et des chaussures : l’attrait de la société de consommation caractéristique de notre civilisation occidentale, vue comme une société idéale par la plupart des jeunes gens de ce pays.

Au-delà de l’aventure ou des dollars faciles, draguer un Européen ou un Nord-Américain se révèle bien souvent une échappatoire : selon l’Événement du Jeudi, « en 1998, plus de 3 000 Européens se sont mariés avec une Cubaine » ; en 2004, le nombre de mariages franco-étrangers était de 42 623 avec en tiercé gagnant les pays de Maghreb et dans l’ordre Algérie, Maroc, Tunisie (respectivement 8 153, 7 223, 2 378) mais ceux-ci sont liés à l’histoire de la France et de l’immigration sans aucun doute, comme d’autres pays. Il n’en reste pas moins vrai que la France reste  l’El Dorado pour un certain nombre d’étrangers.
J’ai relevé quelques chiffres INSEE concernant les mariages « mixtes » en France en 2 004 entre Français et étrangers avec :
– Camerounais : 1 299 (798 Camerounaises et 501 Camerounais) sur une population de 19 millions d’habitants en 2 010.
– Ivoiriens : 890 (458 hommes et 432 femmes) pour 19 millions d’habitants en 2010.
– Russes (ex-aequo) : 890 mais 853 femmes russes ont épousé des hommes français contre 37 hommes russes mariés à des femmes françaises). La population russe : 143 millions d’habitants en 2 011.

La Chine et ses 1 330 millions pour la RPC (1 milliard, c’est ça) n’a accordé la main que 709 Chinoises à des Français et 65 Chinois ont épousé des Françaises soit 774 mariages.

Pour en revenir au pays qui m’avait donné à réfléchir au début : Madagascar, 21 millions d’habitants en 2010 et 564 mariages en 2 004  ( 460 femmes et 104 hommes). Je ne peux nier les histoires d’amour mais si ces femmes épousent un Français sans lien avec l’immigration et résidant en France, c’est pour fuir un pays pauvre, dans lequel elles n’ont guère de liberté. Ces femmes permettent aussi d’arrêter la désertification de certaines régions de France en épousant des agriculteurs. Ce phénomène a été souligné notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Comme je suis Réunionnaise depuis plus de trente ans, je n’évoquerai pas la Creuse qui est un triste souvenir dans la mémoire collective locale.

Il faut reconnaître que ces mariages restent rares et qu’ils ne tiennent pas forcément longtemps  surtout s’ils n’ont servi pour la fille qu’à quitter le pays, et pour les hommes qu’à vivre une aventure plus ou moins exotique avec une jolie fille. N’oubliez pas la version féminine avec des machos, des gigolos à la petite semaine…

7 réflexions au sujet de « Tourisme sexuel »

  1. J’en avais entendu parler et cela me choque ! C’est aux gouvernements de lutter contre cela ! Bon mercredi, bise

  2. Bonjour Françoise,
    C’est très choquant cette forme de tourisme, mais hélas, vu la misère qui règne partout, il ne faut pas s’attendre à un ralentissement, mais plutôt à un accroissement.
    J’ai une amie qui rentre de Madagascar et comme tu l’avais dit, elle n’en revient pas du tout enchantée. Là- bas, des panneaux sur ce fléau sont affichés partout, m’a-t-elle dit.
    Il en est de même je crois, au Sénégal et bien d’autres pays.
    J’espère que tu as fait un bon voyage et je t’embrasse bien amicalement.

  3. Très choquant ! mais nous avons fait du « sexe » le point de mire de la nouvelle civilisation ! Serions-nous devenus des animaux ?
    Bonne rentrée dans votre île !

  4. tout est à considérer !
    combien eddie Barclay a t ‘il eu de femmes ?
    et là, elles n’ étaient pas à l’ agonie !
    chez nous, j’ ai entendu qu’ à force d’ aider tout le monde, on n’ a plus les moyens d’ aider les étudiantes qui se prostituent pour payer loyer et nourriture !
    Bravo le 21 ème siècle, celui du stupre d’ un côté, et du malheur de l’ autre
    bonne journée
    bisous

  5. qu’ajouter à cet article qui explore bien des situations. La tourisme sexuel, il se fait aussi ici chez nous grâce à des réseaux sans scrupules.

  6. Je lis vos commentaires et je vous sens choqués par la réalité. Il y a de quoi.
    Mais comment faire cesser ce commerce surtout quand il touche des enfants ?

  7. Salut, merci pour ton article, un ami de mon copain fait régulièrement du tourisme sexuel, et il trouve ça normal. Moi, je trouve ça répugnant. Je me renseigne sur la question car j’ai envie de lui « faire la morale ».

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