Catégorie : Blabla

  • Avoir un petit ami, être fiancée ou être mariée…

    On sourit, c’est samedi.

    Voilà ce que m’a envoyé une de mes amies, pas toute jeune, mais pleine de vie et d’humour. Une histoire drôle, encore plus drôle si elle n’était pas si vraie..

    La différence entre : avoir un petit ami, être fiancée ou être mariée…

    Trois femmes se trouvent dans un bar tranquille. En sirotant son verre, une fille de trente ans dit : « Vendredi passé, après le travail, je suis allée au bureau de mon petit ami, ne portant qu’un manteau en cuir. Quand toutes les autres personnes furent parties, j’ai laissé tomber mon manteau et tout ce que j’avais en dessous était un corsage en cuir, des bas de nylon noirs et des talons hauts. Mon homme était tellement excité que nous avons fait l’amour passionnément sur son bureau. »

    La jeune femme fiancée rit nerveusement et dit : « Presque la même histoire que moi ! Quand mon fiancé est revenu à la maison vendredi passé, il m’a trouvée portant un masque noir, un corsage en cuir, des bas de nylon noirs et des talons hauts. Il était tellement excité que non seulement nous avons fait l’amour toute la nuit, mais il veut maintenant avancer la date du mariage ! »

    La femme mariée repose son verre sur le comptoir et dit « Moi, j’ai tout planifié. J’ai réussi des arrangements pour que les enfants restent chez ma mère. J’ai pris un long bain parfumé aux huiles essentielles et puis j’ai mis mon meilleur parfum. J’ai glissé dans un corsage en cuir serré, des jarretières avec les bas noirs et les talons hauts. J’ ai terminé le tout avec un masque noir. Quand mon mari est revenu à la maison de son travail, il est allé se prendre une bière dans le frigo, a ramassé la télécommande de la télé, m’a regardée, puis s’est assis sur le divan et m’a dit : « Hé ! Batman, qu’est ce qu’on mange ? »

  • Ti fleur fanée, chanson créole de la Réunion

    Je vous offre du repos en chanson, c’est samedi.  On en profite. Demain on se rattrapera : lecture dominicale.

    La chanson réunionnaise la plus connue au monde, c’est « Petite fleur aimée » ou « Ti fleur fanée ». En fouinant dans YouTube, j’ai découvert une version ancienne de ce succès réunionnais. Je vous conseille de regarder et surtout d’écouter ce qui n’est pas un séga mais, au départ, une valse. Vous devriez trouver des versions : Graeme Allwright, Maxime Leforestier et sans doute d’autres.

    Texte de Georges Fourcade, musique de Jules Fossy.

    Premier couplet (bis)

    Vi souviens mon Nénère adorée
    Le p’tit bouquet, qu’ vous la donne à moin
    Na longtemps que li lé fané,                                                    En cliquant sur l’auteur (nom)
    Vi souviens, comm’ça l’é loin.                                                  ci-dessous, vous entendrez la                                                                                                              plus  ancienne version connue.

    Refrain (bis)                                                                                 Georges Fourcade

    P’tit fleur fanée
    P’tit’ fleur aimée
    Di à moin toujours
    Kouk c’est l’amour

    Deuxième couplet (bis)

    Ni marché dans la forêt,
    Y faisait bon, y faisait frais,
    Dan’zerbes l’avait la rosée,
    Dans les bois zoiseaux y chantaient.

    Troisième couplet (bis)

    Depuis ça le temps l’a passé,
    Y reste plus qu’un doux souvenir,
    Quand mi pense, mon cœur lé brisé,
    Tout ici bas comm’ ça y doit finir.

    ********************************

    Né à Saint-Denis de la Réunion, le 27 juillet 1884  (je suis née le même jour que lui ; pas la même année, bien sûr),  Georges Fourcade fut surnommé, le Barde créole.

    Ardent défenseur de la langue créole, il a écrit : « Met’ zot’ l’orgueil de côté, allons parle rien que créole, l’a point malher là-dans, et allons fêter, non seulement not’ patois créole, mais encore et toujours, not’ musique créole. »

    Il jouait de la guitare, écrivait des textes de chansons et il a même enregistré des disques. Il  a écrit  aussi quelques pièces de théâtre : Z’affaire coco, Coq Auguste  mais surtout, il rédigea « Z’histoires la Caze » publié en 1928.

    Georges Fourcade est mort le 29 décembre 1962 en nous laissant quelques fort belles chansons qui font partie du « patrimoine de l’île ».

     

  • Mon tit paille en queue…

    Dédicace particulière à Marylou qui a de bons souvenirs à la Réunion.

    Une chanson créole à écouter : Cliquez sur Mon tit paille en queue

    Voilà les paroles de la chanson, plus loin.

    Des paille en queue, il y en a toujours. Moins qu’avant, je le crains. Nous en voyons beaucoup moins, mais peut-être que je les regarde moins ? En tous les cas, le fait de parler de la Réunion, de sa musique et de ses chansons, m’a fait réfléchir à la langue créole, d’où l’écriture d’un très long article sur ce sujet que je publierai dimanche matin pour vous laisser le temps de lire et de réfléchir. Moi je l’ai fini ce midi.

    Bonne fin de journée.

    P’tit Paille en Queue

    Paroles Georges FOURCADE

    Premier couplet

    Moi nana un p’tit paille en queue
    La plime l’est comme en coton
    Mon nana un p’tit paille en queue
    Y sava la mer chercher poisson

    Moi nana un p’tit paille en queue
    La plime l’est comme en coton
    Mon nana un p’tit paille en queue
    Y sava la mer chercher poisson

    Refrain

    Allez pas baigne dans bord la mer
    Fait’attention chenille galaber

    Allez pas baigne dans bord la mer
    Fait’attention chenille galaber

    Deuxième couplet

    Mon joli ptit paille en queue
    Qui volé, qui volé
    Mon joli p’tit paille en queue
    Vot plume l’est encore frisé

    Mon joli ptit paille en queue
    Qui volé, qui volé
    Mon joli p’tit paille en queue
    Vot plume l’est encore frisé

    Troisième couplet

    Un jour maman paille en queue
    La dit son p’tit vous l’est entêté
    Ecoute maman paille en queue
    La pas besoin fait vot’ futé

    Un jour maman paille en queue
    La dit son p’tit vous l’est entêté
    Ecoute maman paille en queue
    La pas besoin fait vot’ futé

    Quatrième couplet

    Quand même vous p’tit paille en queue
    La pas besoin aller marche loin
    Vot z’ailes la pocor poussé
    Dans la mer nan marsouins

    Quand même vous p’tit paille en queue
    La pas besoin aller marche loin
    Vot z’ailes la pocor poussé
    Dans la mer nan marsouins

    Cinquième couplet

    Mon joli p’tit paille en queue
    La voulu fait le malin
    La pas coute son maman
    L’était mangé par le requin

    Mon joli p’tit paille en queue
    La voulu fait le malin
    La pas coute son maman
    L’était mangé par le requin

    Allez pas baigne dans bord la mer
    Chenille galaber pique ton derrière.

  • Encore des bourdes et des coquilles…

    Encore des co(q)uilles et des difficultés d’expression. Ca arrive à tout le monde, mais à l’écrit, « ça craint » comme on le dit aujourd’hui. (suite…)

  • La troisème révolution de… Fred Vargas

    « Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette  tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de  l’humanité, nous y sommes.   Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire  avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

    Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé.

    Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que  le reste était à la peine.

    Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos  pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois  voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

    On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

    Franchement on s’est marrés.

    Franchement on a bien profité.

    Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

    Mais nous y sommes.

    A la Troisième Révolution.

    Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

    Oui.

    On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas  demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

    La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

    De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

    Son ultimatum est clair et sans pitié :

    Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des  araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

    Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

    Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

    D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

    Peine perdue.
    Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

    Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).

    S’efforcer. Réfléchir, même.

    Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

    Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

    Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

    Pas d’échappatoire, allons-y. Encore faut-il noter, que ramasser du crottin, et tous ceux qui l’ont fait  le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.  Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

    A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.

    A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. »

    Fred Vargas
    Archéologue et écrivain

  • Une chanson joyeuse et triste à la fois

     

    La chanson  « Le tourbillon de la vie » a été créée en 1962 par Jeanne Moreau, spécialement pour le film de François Truffaut  « Jules et Jim », qui est une adaptation du roman écrit par Henri-Pierre Roché.

    Résumé très bref : Avant la Première Guerre Mondiale, à Paris, Jim, un Français, et Jules, un Autrichien sont deux amis inséparables. Ils tombent tous deux amoureux, malheureusement… de la même femme, Catherine. C’est Jules qui épouse Catherine.  Ils ont un enfant. Après la guerre, Jim rejoint le couple en Autriche. Catherine avoue  alors qu’elle n’est pas heureuse avec Jules ; ce dernier accepte que sa femme prenne Jim pour amant. Ménage à trois accepté. Jules, le mari consent à tout par amour pour sa femme et conserve son amitié pour Jim. Après bien des errements amoureux, l’histoire se termine mal.

    Au moment où l’actualité tourne autour du mariage du prince William et de Kate Middleton, souhaitons leur tout le bonheur du monde… et souvenons-nous d’un autre ménage à trois célèbre : celui que formèrent Lady Di, le Prince Charles et Camilla Parker. Secret « bien » caché, très douloureux sans doute pour la plus jeune du trio. Pas saine, cette histoire qui s’est mal terminée aussi !

    Rappel d’une phrase de François Truffaut à propos du film : « Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l’impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple ». Credo ? Sans doute.

    Ce film reprend le thème classique du triangle amoureux ; ici, deux hommes aiment la même femme. La chanson colle assez bien à cette idée du « tourbillon » amoureux. (j’ai été obligée de changer la video ; sans sous-titrage en français elle avait disparu.)

    On s’est connus, on s’est reconnus,
    On s’est perdus de vue, on s’est r’perdus d’vue
    On s’est retrouvés, on s’est réchauffés,
    Puis on s’est séparés.

    Nous savons que dans le film, ils sont trois personnages mais en écoutant la chanson, nous pouvons  croire qu’il n’y a que deux amants qui se croisent et se recroisent. La musique, légère, sautillante n’est pas triste ; elle dépeint une vie mouvementée où les protagonistes saisissent les instants qui passent : un carpe diem sans réelle tristesse ou nostalgie. « Jules et Jim » est un film joyeux et triste à la fois, tout comme la chanson. Désordre des sentiments…une femme tantôt volage tantôt amoureuse, amoureuse des deux hommes alternativement ou simultanément, elle-même ne semble pas trop   le savoir.

    Les paroles de la chanson ont été écrites par Bassiak qui a un rôle dans « Jules  et Jim ». C’est lui qui accompagne Jeanne Moreau à la guitare. Bassiak y joue le personnage d’Albert, qui écrit la chanson « Le Tourbillon » pour Catherine, ce qui est vrai dans la  réalité : il est le compositeur de la chanson, sept ans plus tôt, en référence au couple que formaient alors Jeanne Moreau et son compagnon  de l’époque Jean-Louis Richard, le meilleur ami de Bassiak.

    Pourquoi est-ce que je parle de « Jules et Jim » et du « Tourbillon de la vie » ? Propension naturelle à la digression ? Non. Pas cette fois.

    Si je vous racontais… Un couple que je connais a choisi cette chanson comme « thème de mariage ». J’en suis encore éberluée… Vous pouvez deviner pourquoi.

    Mais comme dirait, euh, Anne Roumanov :  « Ca ne nous regarde pas ! »

  • Photographies… un problème avec soi-même ?

     

    Comme tout le monde, de temps en temps, je me dis qu’il est indispensable de faire du rangement. Je voudrais savoir combien nous sommes ou plutôt combien vous êtes à tout tenir à jour, en ordre, rangé, propre. A moins de ne pas vivre dans son logement, difficile d’être au top partout. Il y a autre chose que le ménage, l’astiquage, le dépoussiérage, le « rangeage »… Alors j’avoue que chez moi, c’est un peu (beaucoup ?) la pagaille. Il faudrait simplement trier et jeter mais je me laisse déborder, aujourd’hui plus qu’hier… et bien moins que demain ? Dans ce cas, ça craint.

    Aujourd’hui donc, j’ai décidé de ranger et de jeter. Sauf que…  je m’arrête de temps en temps. Je me laisse distraire par un courrier que je relis, un article de magazine que je redécouvre. Je papillonne.

    Il faudrait ne pas se poser de questions, jeter, voire brûler pour ne pas retourner, soudain prise de remords, fouiller dans la poubelle pour sauver in extremis la chose inutilisée depuis dix ans mais qui va vous manquer le lendemain c’est sûr. Si vous n’avez jamais vécu cela, c’est soit que vous ne rangez jamais, soit que vous avez les moyens de renouveler tous vos biens dès qu’ils sont usagés ou même avant. Moi, j’ai été élevée en essayant de « profiter » de mes affaires, c’est-à-dire de les faire durer. Aujourd’hui ce n’est plus comme ça, je l’ai dit  : « génération kleenex », société de l’éphémère, mais je voudrais savoir combien de quinquagénaires et sexagénaires ont connu cette coutume qui consistait à acheter un vêtement un peu grand pour qu’il fasse profit.

    Si vous étiez l’ainé(e) de la famille, vous profitiez d’un vêtement neuf. Les cadets profitaient moins longtemps, mais ils ne portaient  que de l’usagé, à moins que la morphologie de leur aîné(e) ne soit pas compatible avec la leur. Selon les familles, les seconds et nièmes échappaient  plus ou moins aux vêtements de leurs ainés ; moi, de ce côté, j’ai eu beaucoup de chance, j’étais la première. Chance pour ma soeur aussi, elle est née cinq ans après moi, et surtout, elle était rondelette et moi « ficelle » ; aujourd’hui, c’est largement l’inverse, elle est plus que mince et… pas moi. Sans doute que je profite  bien des effets des médicaments que ma grand-mère m’a fait avaler pour que, justement, je « profite ». mieux Mais qu’est-ce que c’était cette répétition, cette volonté de profiter. Génération d’avant et après-guerre ? J’avoue que  je cherche des explications de temps en temps. Je reviendrai sur ce sujet une prochaine fois. Là, je continue avec mon rangement. Enfin, moi et mes digressions, dans tous les domaines !

    En rangeant, lecture d’un vieil article de ELLE, et détour par le clavier de l’ordi. C’est pas gagné, la fin du rangement.

    Après tout, j’ai le droit de me faire plaisir ; depuis le temps que je vis des contraintes. J’ai le droit de  me faire plaisir. Je me réconcilie avec moi depuis quelques mois même si j’ai encore du mal avec les miroirs. Quant aux photos, ce n’est  toujours pas possible ! Je photographie mais j’essaie d’échapper au(x) photographe(s). Je sais pourquoi cependant j’essaie de voir ce que les « personnes autorisées » (par qui, dirait Coluche) racontent à ce sujet.

    Voilà l’article de 2010 (pas si vieux ; je ne vous dirai pas l’âge des doyens des magazines qui viennent de découvrir les joies de la déchèterie). Cet article n’est plus l’original :  caviardé par endroits et étoffé à d’autres. Vous devriez voir les changements de plume.

    « Miroir et photo, quelle différence ? »
    Devant la glace, soit on s’observe les yeux dans les yeux, soit le regard est dirigé sur une action (se mettre du mascara par exemple) alors qu’une photo est un instantané réducteur, qui fige un moment. On y apparaît dans une posture, avec un angle, des gestes dans lesquels on n’a pas l’habitude de se voir. Il ne faut pas oublier que la photogénie, injuste,  fait de réels cadeaux à certains, alors que, pour d’autres, c’est une sanction. Moi je me demande toujours si je fais partie des sanctionnés ou si je suis aussi moche que ça.

    A quoi pense-t-on quand on se voit en photo ?
    On commence par  se poser toutes sortes de questions : c’est vraiment moi, ça ? Comment suis-je par rapport aux autres ? Et surtout dans l’oeil des autres ? … Cela ramène à notre façon d’être avec les autres ; selon que l’on est au travail, avec des amis ou en famille, on se montre sous des angles différents.

    La photo devient un outil d’investigation de soi-même. Tout dépend du degré d’exigence que l’on a envers soi et  envers les autres. Image quand tu nous tiens ! Les plus soucieux de leur apparence savent qu’ils ont les moyens d’être mieux, en faisant un régime, en allant chez le dermato, en changeant leur couleur de cheveux… Ils se voient comme une pâte à modeler. Notre époque nous a apporté l’idée que l’on peut, et même que l’on doit, s’améliorer ressembler à la norme imposée : petit nez droit et fin, bouche pulpeuse.  Nous sommes envahis de belles images d’actrices, de mannequins qui travaillent sur leur physique, et on se dit : « Pourquoi pas moi ? » Nous sommes devenus des entrepreneurs de nous-mêmes. D’autres se trouvent « pas si mal » au fond, d’autres « franchement beaux » (si, si, ça existe ; j’en connais des « qui s’aiment »). D’autres enfin, se disent « ce n’est pas possible que ce soit moi, ça », ils se résignent, baissent les bras,  et pensent qu’il n’y a rien à faire de toutes façons. Alors autant s’oublier.

    Ne pas s’aimer en photo, ça veut dire quoi ?
    Si l’on « travaille » constamment sur soi-même pour être au mieux, il arrive que la photo mette à mal ces efforts en nous renvoyant une image qui ne nous convient pas. On devient très critique. Ça ne veut pas dire que l’on a forcément une mauvaise estime de soi. On n’est pas  obligatoirement dans le tout ou rien, on peut s’aimer sur un cliché et trouver en même temps qu’on a besoin de changer de look. Le jugement que l’on porte, plus ou moins sévère, montre comment on accepte les choses de la vie, à quel point on est ou non en paix avec soi-même. Par exemple, certaines personnes ne veulent plus se faire prendre en photo lorsqu’elles vieillissent car la photo semble une mise en danger.

    Mais ceux qui ne s’aiment vraiment pas,  ceux qui préfèrent s’oublier, ceux-là vivent ou essaient de vivre avec eux-mêmes, mais sans image d’eux. Ils évitent miroirs et photographes, tels de « purs esprits » (êtres incorporels conscients d’eux-mêmes, de leur existence, doués d’une vie psychique et généralement d’une d’intelligence satisfaisante ainsi que de volonté) : ils se croient « dématérialisés » , ne concédant à leur existence terrestre que le droit de boire et de manger (quelquefois trop ou quelquefois pas du tout). Ils ont souvent l’air de bons vivants, trop enveloppés et rigolards, et/ou tirés à quatre épingles visant la perfection, souvent prêts à rendre service à tout le monde, prêts à aider, à rire, à parler (trop), juste pour qu’on ne voit pas ce qu’il y a à l’intérieur de l’enveloppe dérangeante.

    Bisous à toi, ma vieille, vieille amie qui te reconnaîtra. Toi, tu aimes les photos ou tu le laisses croire, mais je connais tes écorchures. Courage à tous ceux qui ont été ou sont encore mal dans leur peau : ça passe, mais il faut faire des efforts sur soi pour y arriver et pour s’aimer chaque jour, en photo ou pour de vrai.

  • Coquilles, bourdes, bourdons et autres « joyeusetés »

    Dans ce monde pas tous les jours drôle, on peut quand même  trouver de quoi rire grâce aux différents médias et aux « célébrités ». (suite…)

  • Pour vous les dames, demoiselles : réjouissez-vous !

    Clairvoyance n. Capacité pour une personne, généralement féminine, de voir ce qui est invisible pour son patron – à savoir que c’est un abruti.

    Extrait du dictionnaire du Diable, Ambrose Bierce

  • Femmes instruites : danger !

     

    Vous devez avoir horreur de l’instruction chez les femmes, par cette raison qu’il est plus facile de gouverner un peuple d’idiots qu’un peuple de savants. Honoré de Balzac

    Doit-on autoriser les filles à apprendre à lire ? Grande question en France jusqu’au XIX° siècle ; aujourd’hui, alors qu’elles fréquentent les mêmes écoles que les garçons et ont, de façon générale, de meilleurs résultats scolaires, la question ne fait pas sourire. Vous étonne-t-elle ?

    En 1801, Sylvain Maréchal rédige sa brochure « Projet de loi portant défense aux femmes d’apprendre à lire ». Il y a pourtant eu la Révolution douze ans avant, mais la Déclaration des Droits de l’Homme exclut les femmes (?) et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges a été mise aux oubliettes. Maréchal est-il un réactionnaire ? Non, non, à la même époque, on retrouve partout la même volonté de limiter l’accès des filles au savoir à tel point que leur éducation n’est pas une affaire d’État et qu’elle est abandonnée à la famille et à l’Église.  Guidés par la crainte des conséquences de l’oisiveté sur l’esprit des filles, familles et clergé cherchent à les occuper, à leur interdire de penser, à former de bonnes épouses et de bonnes mères (chrétiennes, catholiques de préférence), des femmes dociles, vertueuses, agiles aux travaux d’aiguille, aptes à la cuisine, voire capables de compter pour équilibrer le budget familial, soumises à leur père puis à leur mari. Il y avait bien quelques fortes têtes, mais la majorité se laissait faire : difficile de se révolter quand on est peu instruit(e) et isolé(e). Je parle des femmes mais manque d’instruction et isolement font souffrir des hommes aussi.

    Aujourd’hui, en France, les femmes essaient toujours d’avoir les mêmes droits que les hommes : diplômes, salaires, emplois. Rien n’est gagné. Au contraire, tout risque de se perdre. Il ne ne faut surtout pas lâcher prise. Se battre contre le voile, c’est indispensable. Voile dans la vie privée mais pas dans la vie publique. Si la loi n’est pas respectée : visage découvert, je ne cache pas que j’ai peur, peur pour mes filles surtout et mes petites filles (dont la première est en fabrication), peur de me voir ou de les voir un jour obligées de se voiler la face au propre et au figuré  : se dérober par honte au regard d’autrui ; se refuser à voir ce qui indigne ou horrifie. Je ne me voilerai pas la face, ni aujourd’hui, ni demain.  Je ne veux pas refuser, aujourd’hui ni demain, de voir ce qui m’indigne.

    Les images répétées de ces femmes  sans visage, ensevelies sous la burqa, frappent ma conscience d’occidentale. Ces déprimantes silhouettes anonymes, monochromes, de préférence noires, quelquefois bleues, me rappellent le sort de milliers de femmes et de fillettes dans d’autres parties du monde. Femmes isolées, bâillonnées, emprisonnées, quelquefois excisées, mutilées… Femmes interdites de vie : pas d’instruction, pas de soins, pas de travail, pas d’autonomie ! Y a-t-il un choix véritablement libre de ces femmes ? Quel est le niveau d’endoctrinement de celles qui militent pour la burqah ? Libres ?  Le sont -elles vraiment ? Libres chez  elles de porter le voile si elles le veulent, mais nous avons choisi une loi en France, il faut la respecter. Pas  besoin de la nouvelle création, celle qui date de plus d’un siècle est valable : « pas de signe distinctif d’appartenance religieuse ou politique ». Revoir mon article « Laïcité et voile islamique«  et l’inspection du lundi matin à l’école. Ma maitresse d’école était-elle une laïque intégriste ? J’ai survécu à ses « mauvais traitements » ; je n’ai pas oublié ; c’était comme ça.

    La liberté de culte existe mais ne doit pas gêner le fonctionnement de la société. Il y a aujourd’hui un large fossé entre l’idéal républicain et l’idéal religieux, quelle que soit la religion ou la secte envisagée. C’est le problème des clans, tribus, régions, des indépendantismes divers. Nous sommes la race humaine et nous devons essayer de nous entendre pour que la Terre et nous, nous survivions en paix ; c’est mal parti.

    En ce qui concerne l’Islam, je ne suis pas une spécialiste, j’ai des voisins et des amis musulmans, j’habite la Réunion. Ici, le dialogue est vraiment plus facile, donc en ce qui concerne l’Islam et le peu que je sais,  la loi islamique me paraît bonne, juste, claire, comme celle des chrétiens. C’est la réalité des pratiques culturelles et religieuses qui gâche tout.

    Il y a trente ans ou même vingt ans, ici à la Réunion, pas de burqah et pas de voiles envahissants : la mosquée, le muezzin, la prière, le Ramadam, l’Aid-el-Kebir, etc, ne gênaient personne (enfin le muezzin le matin… limite, mais les cloches à Pâques et à chaque heure, ce n’est pas terrible non plus). Qu’est-ce qui a changé ? L’intégrisme ? L’extrémisme ? Il me semble que l’extrémisme est étranger à l’esprit de la loi islamique, comme il l’est dans la religion chrétienne, ce qui n’a empêché ni les guerres de religions, ni  l’Inquisition, ni, ni… L’intégrisme islamique reflète aujourd’hui des pratiques culturelles dérangeantes car non conformes à la tradition laïque française.

    Il me semble que l’Islam, le vrai, le charitable, n’interdit ni la mixité , ni la liberté. Il y met quelques conditions de réserve, comme les catholiques et sans doute les protestants : la pudeur, la modestie.

    Nous avons un peu oublié que les écoles, le catéchisme n’étaient pas mixtes, qu’on se couvrait ou se découvrait la tête à l’Eglise (les Hommes se découvrent toujours mais les femmes ne se couvrent plus). Les règles de base sont les mêmes dans toutes les religions, ce n’est que la pratique qui change : nous avons évolué, libéré les femmes, ne faisons pas marche arrière sous prétexte que ça dérange quelques hommes à l’esprit limité, obscurci non par l’alcool (interdit) mais par une drogue quelconque et que ça contrarie peut-être quelques femmes… inqualifiables.

    Je refais ma déclaration de foi laïque :

    « Je crois en la liberté de conscience, je ne place aucune opinion au-dessus des autres, que ce soit la religion : catholique, musulmane, protestante, l’agnosticisme, l’athéisme, je crois en l’égalité républicaine ainsi construite même si certains veulent me faire changer d’avis.. Je crois en la liberté de chacun qui est respectueuse de celle de l’autre. Je veux continuer à croire, même si c’est très difficile, en la bonté et en l’intelligence humaine. »

    La seule idée qui me motive est celle de la liberté  individuelle, revendiquée et respectée, celle des autres et la mienne (oserai-je dire, surtout la mienne ?).