L’auberge espagnole

Une auberge espagnole est un lieu où on ne trouve que ce qu’on y a apporté, un endroit où on trouve de tout et surtout un lieu où l’on rencontre n’importe qui et c’est bien là un des problèmes posé par ce type d’établissement.

L’origine de cette expression vient de la mauvaise réputation qui était faite par les voyageurs étrangers aux auberges espagnoles dans lesquelles il était conseillé d’apporter de quoi boire et manger, soit parce que l’auberge offrait le gîte mais pas le couvert, soit parce que la qualité et la quantité de ce qui était servi étaient détestables.

Par extension, l’auberge espagnole désigne toute idée ou situation où chacun trouve ce qui l’intéresse, ce qu’il comprend, en fonction de ses goûts, sa culture, ses convictions… Le parti d’Emmanuel Macron « En marche », c’est l’auberge espagnole : on y trouve de tout et surtout un ramassis étrange, façon inventaire de Prévert (je ne résiste pas, je le copie-colle) :

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatres fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur

une douzaine d’huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d’honneur

un autre raton laveur

un sculpteur qui sculpte des napoléon
la fleur qu’on appelle souci
deux amoureux sur un grand lit
un receveur des contributions une chaise trois dindons
un ecclésiastique un furoncle
une guêpe
un rein flottant
une écurie de courses
un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles
un strapontin
deux filles de joie un oncle cyprien
une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de
Monsieur Seguin
un talon Louis XV
un fauteuil Louis XVI
un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets
Henri IV
un tiroir dépareillé
une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur
âgé
une Victoire de samothrace un comptable deux aides-
comptables un homme du monde deux chirurgiens
trois végétariens
un cannibale
une expédition coloniale un cheval entier une demi-
pinte de bon sang une mouche tsé-tsé
un homard à l’américaine un jardin à la française
deux pommes à l’anglaise
un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon
d’acier
un jour de gloire
une semaine de bonté
un mois de marie
une année terrible
une minute de silence
une seconde d’inattention
et…

cinq ou six ratons laveurs

un petit garçon qui entre à l’école en pleurant
un petit garçon qui sort de l’école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d’instruction en vacances
assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d’herbe verte dedans
une vache
un taureau
deux belles amours trois grandes orgues un veau
marengo
un soleil d’austerlitz
un siphon d’eau de Seltz
un vin blanc citron
un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre
une échelle de corde
deux sœoeurs latines trois dimensions douze apôtres mille
et une nuits trente-deux positions six parties du
monde cinq points cardinaux dix ans de bons et
loyaux services sept péchés capitaux deux doigts de
la main dix gouttes avant chaque repas trente jours
de prison dont quinze de cellule cinq minutes
d’entracte

et…

plusieurs ratons laveurs.

(Jacques Prévert, Paroles, 1946)

Donc, « En marche », on trouve : Robert Hue (70 ans, 71 cette année) à François Bayrou (66), Emmanuel Valls (55), Gilbert Annette (71), Daniel Cohn-Bendit (72), Jacques Attali (73), Alain Minc (68), Line Renaud (88)… Toute la jeunesse quoi ! En Marche… les déambulateurs !

« En marche », c’est l’auberge espagnole où se sont réfugiés quelques traîtres, où s’incrustent des profiteurs, c’est même un bistrot où des pochtrons refont le monde. Je vous dis ça parce que l’un des derniers soutiens de Manu, c’est le chanteur Renaud.  Chanteur, il le fut. Je l’aimais. Aujourd’hui… Depuis que l’anarchiste qu’il disait être «a embrassé un flic», il a cassé son image. Il a pris le parti de Fillon qu’il a cru honnête (comme bon nombre d’entre nous), il l’a abandonné pour Macron (qui n’aurait pas de casserole, tiens donc ; on ne les a pas sorties) ; ce n’est pas sérieux. Cette année, c’est difficile de choisir, pour tout le monde, Renaud n’a pas à nous faire part de tous ses états d’âme. Renaud l’anarchiste (sans parti, sans chef, a-t-il oublié le « ni Dieu, ni maître ») a offert son soutien à tout le monde : aux écolos, au candidat LR en passant par feu Mitterrand. Sa seule idée fixe c’est sa haine du Front National : il en a le droit mais au fond, on s’en fout.

Chante encore si tu peux, Renaud, j’aimais bien et ferme ta bouche pour le reste.

  1. – On s’en fout.
  2. – Ça risque d’être des conneries.
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1 réflexion sur « L’auberge espagnole »

  1. oui ce mouvement est bien la représentation même de l’ auberge espagnole.
    Des traîtres qui rejoignent un traître !
    Un programme des plus flou, des soutiens du patronat et de la finance, une vison mondialiste et pro-migrants, tout ce que je déteste.
    Je trouve en règle générale que les acteurs et chanteurs n’ ont pas à faire de la politique, ou alors juste en chansons.
    Pauvre Renault, il a le cerveau brûlé, et que dire de Bedos et fils !
    Passe de bonnes fêtes de Pâques
    Bisous Françoise

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