Nom de l’école

Je ne parlerai pas aujourd’hui de la réforme des rythmes scolaires mais du nom des écoles. Qui choisit leur nom ? De mon temps, les écoles portaient le nom de la rue où elles étaient installées, enfin pour celles que j’ai fréquentées, maternelle et primaire, c’était comme ça ; aujourd’hui elles portent encore le même : Maternelle Diderot, école Berriat… Puis les temps ont changé, certaines écoles ont porté des noms bien à elles.

En France, il existe un « École du coteau » dans une région plate, une « École Plein Soleil » (où les enfants sont quand même enfermés),  une « École de la gare » à La Réunion (alors que le train ne circule plus depuis bien longtemps) et une « École Herbinière-Lebert » ; il apparait qu’il y en a plus d’une en France portant ce nom-là (Suzanne Herbinière-Lebert, Inspectrice Générale de L’Education Nationale, figure charismatique de l’enseignement de l’après-guerre). Pourquoi ne pas donner d’explications sur le nom de l’école ? Une plaque à l’entrée par exemple.

Alors qui choisit le nom des écoles ?

Il apparait qu’aux termes de la loi n° 86-972 du 19 août 1986 portant dispositions diverses relative aux collectivités locales, la dénomination ou le changement de dénomination, est de la compétence de la collectivité de rattachement. Les Conseils municipaux décident de la dénomination des écoles maternelles et élémentaires.

La circulaire du 28 janvier 1988 précise qu’il est traditionnellement admis que les témoignages officiels de reconnaissance doivent être réservés aux personnalités qui se sont illustrées par des services exceptionnels rendus à la nation ou à l’humanité ou par leur contribution éminente au développement des sciences, des arts ou des lettres. Il est d’usage par ailleurs que les choix arrêtés en matière d’hommages publics ne concernent en principe que des personnalités décédées depuis au moins cinq ans. Toutefois, les services du ministère chargé de l’Éducation nationale n’exercent aucune compétence en la matière et n’ont aucun moyen de s’opposer à une décision qui a été légalement prise par l’autorité compétente.

Ceci dit, bon nombre d’écoles ont le même nom. Voilà le « top 10 » des noms les plus fréquemment donnés.

En dixième place avec un peu moins de 300 écoles : Jean de la Fontaine (1621-1695), célèbre écrivain du XVIIième siècle, auteur de deux-cent-quarante et quelques fables (largement inspiré par Ésope).

À la neuvième place : Irène (1897-1956) et Frédéric (1900-1958) Joliot-Curie. Parfois, les écoles portent le nom de l’un ou l’autre, parfois le nom des deux. Elle est chimiste, il est physicien, ils travaillent ensemble et font des découvertes importantes sur la radioactivité, ce qui leur vaut le prix Nobel de chimie.

À la huitième place : Pierre (1859-1906) et Marie (1867- 1934) Curie. Il est physicien, elle est chimiste et physicienne. Ensemble, ils reçoivent le Prix Nobel de physique pour leurs travaux sur la radioactivité. Marie reçoit huit ans plus tard le Prix Nobel de chimie pour sa découverte du radium. Elle est jusqu’à présent la seule femme à avoir obtenu un prix Nobel dans ces disciplines et la seule femme à avoir obtenu deux Prix Nobel.

À la septième place : Victor Hugo (1802-1885). Écrivain, homme politique à la vision progressiste…

À la sixième place, Louis Pasteur (1822 – 1895) Pionnier de la microbiologie, il inventa le vaccin contre la rage. On lui doit la pasteurisation, procédé qui permet de tuer les bactéries dans la conservation de certains aliments.

À la cinquième place : Jean Jaurès  (1859-1914), grande figure du socialisme, humaniste, anticolonialiste, pacifiste, réformateur… En 1914, il s’oppose violemment à la guerre en prônant le dialogue avec l’Allemagne. Il est assassiné par un nationaliste dans un café parisien le 31 juillet 1914.

À la quatrième place : Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), aviateur passionné, écrivain qui passe à la postérité surtout pour  « Le Petit Prince ». Il est disparu en mer en 1944.

À la troisième place : Jacques Prévert (1900-1977), poète, écrivain, scénariste, auteur de chansons, porteur de casquette et de clope au bec qui célèbre « le cancre » dans l’une de ses plus célèbres poésies,  et choisi par près de 400 écoles.

À la deuxième place: Jean Moulin (1899-1943), héros de la Résistance française.

À la première place, avec plus de 600 écoles, c’est Jules Ferry (1832-1893), ministre de l’instruction publique, il instaure à la fin du XIXième siècle la gratuité et la laïcité de l’enseignement public, il ouvre les écoles secondaires aux filles et crée entre autres l’agrégation féminine.

Avec ce palmarès nous constatons que les célébrités sont toutes défuntes, conformément aux textes officiels : « les choix arrêtés en matière d’hommages publics ne concernent en principe que des personnalités décédées depuis au moins cinq ans« .

Les lois sont faites pour être transgressées : il existe, dans l’académie de Grenoble, à à Mirabel-aux-Baronnies dans le département de la Drôme, depuis 2007, une école Renaud Séchan (le chanteur Renaud).

J’aime bien Renaud mais pourquoi a-t-il déjà son nom au fronton d’une école ? Il n’est pas encore mort que je sache. Certains le voient-ils déjà ainsi ?

Idem pour Pierre Perret, Yves Duteil, Henri Dès ou encore Yann Arthus-Bertrand . Y a plus grave, c’est vrai mais les textes officiels… Pipeau !

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1 réflexion sur « Nom de l’école »

  1. il faut toujours qu’ il y ait des dérives !
    Je trouve aussi qu’ on ne devrait utiliser que des noms ne portant pas la contestation, donc déjà, pas d’ hommes ou de femmes politiques !

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