La pagaille

Il y a plusieurs jours, j’évoquais la pagaille et j’en profitais pour vous faire écouter Maurane  qui chantait cet état, une forme de pagaille. Ce mot qu’on peut (d’après le dictionnaire)  écrire de trois manières : pagaille, pagaie, pagaye. Personnellement je préfère la version 1 : pagaille. Pour en revenir aux faits, je suis épuisée de vivre dans le capharnaüm. Je suis seule à me battre contre les objets et les événements. C’est dur…

Je n’arrive plus à dormir tant je suis effondrée ;  je ferai volontiers comme Attila : tout brûler me semble une solution efficace mais il parait que ça ne se fait pas. Je continue donc à me battre pour savoir ce que je dois garder dans le petit appartement que j’occupe et ce que je dois conserver en dépôt chez ma fille.

Chez Emmaüs, je suis « célèbre » maintenant ; ma voiture connait le chemin de chez eux et eux celui de mes « chez moi ». Je donne ce qui est donnable : meubles, linge, jouets, revues, vaisselle, ordinateurs dépassés, obsolètes, vêtements (j’ai donné le sac que j’avais trié pour moi, je suis donc limitée à une seule tenue correcte maintenant). Je jette (à la déchetterie) le reste qui est, paraît-il, re-trié.

J’ai l’impression que dès que j’ouvre un carton son contenu se multiplie, façon Gremlins, de la génération spontanée. Suis-je seule à avoir accumulé tant de choses en trente cinq ans : des pelotes de laine et des tricots inachevés, des tissus achetés pour faire une robe, une série de coussins, des dessus de lits… projets oubliés, des jouets, souvenirs de mes enfants (jouets dont ils ne veulent plus pour ne pas s’encombrer, jouets que je ne me vois pas donner à mes petit-enfants, en très bon état mais vieillots), des montagnes de photos de voyage, de fêtes de famille… de la paperasse (impôts, factures,…), des vêtements « vintage » ou plus dans lesquels je ne rentrerai plus, à la fois parce que les goûts évoluent mais pire : la morphologie ; avec l’âge, on  prend du poids et du volume (j’en ai pleuré, dimanche).

Bon… je m’arrête sur mes doléances du jour et je fais un résumé du dictionnaire à propos de ce mot et de cette situation qui me chagrine depuis des jours.

Pagaille :  Familier, désordre. Là-bas, c’est la pagaille effroyable: les pauvres vieux se piétinent dans les escaliers (Malraux, Espoir, 1937, p.719). La pagaïe ? Mais c’est quand les événements débordent les règlements édictés dans un État bien policé qui n’a rien laissé à l’imprévu (Cendrars, Main coupée, 1946, p.107).
− Loc. adv. ou adj. En pagaïe ; en pagaille; en pagaye.
♦ MARINE. À la hâte, en désordre. Appareiller en pagaille (Soé-Dup. 1906). Mouiller en pagaille (Le Clère 1960).
♦ En désordre. Le deuxième avait (…) des cheveux blonds, en pagaille, qui lui remontaient son chapeau mou (Triolet, Premier accroc, 1945, p.83). Appartement en pagaïe (…), régulièrement encombré de bagages (Sagan,Bonjour tristesse, 1954, p.159).
♦ En abondance. Des sous en pagaille (Esn. 1966). Y avait à croûter chez lui et en abondance!… Du muscadet comme en bas, du saucisson, des artichauts et des petits suisses… en pagaye alors ! (Céline, Mort à crédit, 1936, p.133).

Dans le domaine de la vie sociale, le désordre est un  bouleversement profond, une rupture de l’ordre établi dans un groupe social, une communauté, un pays.
Désordre et anarchie ; désordre général, social, universel. L’ordre social (…) prendra-t-il la place de l’ancien désordre ? (Sieyès, Tiers état,1789, p. 55).
Le surréalisme, évangile du désordre (Camus, L’Homme révolté.,1951, p. 120).

Y aura-t-il des désordres en Europe, en France à l’automne ou avant ? Et oui, désordres au pluriel, ça existe ce sont des actions (parfois) violentes qui portent atteinte à l’ordre public. Alors des grèves, des manifestations ? A voir. J’avoue que j’ai quelques craintes.

En attendant, je tente de me sortir de mon désordre, de ma pagaille.

9 réflexions au sujet de « La pagaille »

  1. J ai toujours beaucoup jetté au cours de mon existence, parfois avec tord car j ai du rachetér. Mais il n en est pas de méme pour Delfy qui garde tout.
    Bonne soirée Latil

  2. il est nécessaire de vider pour remplir mais dès fois pour certains objets ou vêtements c’est pas facile.
    Une belle plume pour narrer tes ressentis. Muxu

  3. Jusqu’à maintenant je me suis débrouillée à tout déménager avec moi. Tu dois déménager ?? Ou tu as déménagé et tu n’as plus de place pour mettre tes affaires ? J’espère que tu vas résoudre ce problème ! Bisous

  4. Bonjour,
    Moi aussi, je fais un grand nettoyage de printemps et je le fais par le vide …
    Tu déménages ???
    Bon jeudi.
    Bisoux

  5. ne garder que ce qui sert. je ne tiens pas aux objets. courage

  6. Je suis « hyper-conservatrice » ! Votre description me rappelle mon déménagement de Montpellier…Ce que j’ai pu donner à Emmaüs et jeter aussi…Vieux papiers datant de plus de 20 ans….bouts de laine, de tissu de…tout ce qu’on peut imaginer !
    C’était vraiment la pagaille chez moi ! trier, encore trier, toujours trier…j’étais morte de fatigue ! Alors, je vous comprends !!!
    Bientôt, ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir et vous pourrez respirer et vous reposer ! ça vient…Bon courage !
    Je vous embrasse.

  7. tu me fais peur !
    Quand je vois le  » bordel  » que j’ ai à la cave et au grenier, je plains celui qui devra tout débarrasser !
    tu n’ aurais pas une voisine amatrice des brocantes ?
    ton mot me fait penser Dieu sait pourquoi, à papegeai, qui je pense s’ écrit aussi de différentes façons !
    bon courage, bonne journée
    bisous

  8. Ping : Rythmes scolaires | FrancoiseGomarin.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *