Black Swan

Je vais râler cette fois, pour de vrai.
Il y a quelques temps que je n’étais pas allée au cinéma. Pourquoi ? Un peu par paresse et beaucoup parce que rien ne me motivait, aucun film ne valait le déplacement et l’investissement. J’attends d’ailleurs toujours la sortie de « We want sex equality » à la Réunion. Je crains que ce film n’arrive jamais sur nos écrans tropicaux. J’attendrai la sortie en DVD.
Le choix des films programmés est fait par des commerçants influencés par le battage publicitaire, leur intérêt financier et non par l’ouverture d’esprit possible des spectateurs.
Au passage, j’en profite pour dire combien les exploitants de salles de cinéma se moquent de leurs clients. Qu’ils ne s’étonnent pas si nous désertons les salles obscures ! Lundi soir, je suis allée au cinéma : 8,80€ la place ; ce n’est pas donné surtout si on traduit en francs : 60, oui soixante francs ! Les salaires n’ont pas augmenté aussi vite que le prix des places. Et dans la salle qui sent très mauvais : le moisi, certains sièges sont recouverts de sacs poubelles noirs. La salle a-t-elle été nettoyée ? Oui, mal. Le problème est ailleurs, il y a des infiltrations d’eau : il a plu dans la salle, d’où les sièges mouillés, « inoccupables » et l’odeur de pourri qui prend à la gorge quand on entre. Non content de nous faire endurer cette odeur pendant le temps de la séance, le projectionniste (ou qui ?) nous a fait attendre un peu plus de vingt minutes supplémentaires. Pourquoi ? Nous ne le saurons jamais. C’est un manque de respect caractérisé.
Ensuite vint le film. Après les critiques dithyrambiques, l’oscar de Nathalie Portman, je m’attendais à un excellent film. Déception.
Ca commence plutôt pas mal, on se dit que ça va être plein de vie et de passion, mais non, Black Swan n’est pas franchement un grand film. C’est une histoire qui finit mal (justement, je n’ai pas bien compris la fin) avec de la belle musique (un peu trop forte et répétitive quand même), des costumes de danseuses et quelques jolies plumes. C’est tout.
Tout le long du film, nous assistons surtout à des échauffements, nous constatons des relations difficiles mère-fille, des jalousies entre danseuses dans les coulisses, nous avons un aperçu de la promotion canapé qui fonctionne ici comme dans tous les milieux, nous apprenons que pour être bien, pour être en forme, il faut s’aider de petits cachets et nous comprenons qu’une passion peut mener à la folie.
Nathalie Portman sur les pointes, elle ou une autre finalement on ne sait plus et quoi d’autre ? Physiquement, elle ressemble bien à une danseuse mais elle n’est pas très convaincante. On dirait qu’elle vit la passion de sa mère et non la sienne. Elle ne se bat pas beaucoup pour avoir le premier rôle et on ne comprend pas vraiment pourquoi c’est elle l’élue. Les seuls moments de tension, mis à part les crises où la folie s’installe, sont quand Nathalie Portman se gratte une croûte, arrache une peau de son doigt ou se taille les ongles. La folie s’est  emparée d’elle, ça nous l’avons compris, mais que lui arrive-t-il en fin de compte ? Elle est folle. Alors pourquoi ce ventre sanglant ? Métaphore ?
En résumé, séance décevante, sans compter sur le comportement de quelques spectateurs incapables de rester silencieux le temps de la projection : murmures, petits rires, papiers de bonbons froissés, pop corn… Un cygne sur l’écran, des dindes dans la salle.

 

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