Hommes célèbres de la Réunion (5) : Goulette

Aujourd’hui, Marcel Goulette. Mis à l’honneur à la Réunion dans les années 2000 par la compagnie Air Austral puisqu’un appareil B-777 long-courrier porte son nom, il est connu à Saint-Leu, une petite ville du bord de l’Océan Indien, où une place porte son nom, Marcel Goulette n’est pas réunionnais mais comment oublier celui qui en 1929 relève un audacieux défi : relier Paris à la Réunion en passant par Madagascar.

René Marchesseau et Jean-Michel Bourgeois l’accompagnent. Leur avion est un Farman, un monoplan équipé d’un moteur de 240 chevaux. L’équipage décolle du Bourget le 17 octobre 1929 et se pose onze jours plus tard à Tananarive. La dernière étape sera franchie le 26 novembre.  Voilà pourquoi il est célèbre sur l’île. Je reviendrai une fois prochaine sur cette aventure.

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Marcel Goulette est né le 7 décembre 1883 à Charmes dans les Vosges, mort dans un accident en Italie le 25 mai 1932.

Elève à l’école supérieure des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, Marcel Goulette sort en 1914 avec un diplôme d’ingénieur. C’est la Première Guerre Mondiale, il est mobilisé, asphyxié, blessé par bombe, évacué du front ; il demande à rejoindre sa compagnie, reconnu mort à trois reprises, il est finalement réformé contre son gré. Refusant de quitter les combats, il s’engage dans le service de l’aviation de chasse pour continuer la guerre : il est alors titulaire de la Croix de guerre avec six citations, deux à l’ordre de la division, trois à l’ordre du corps d’armée et une dernière à l’ordre de l’armée. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier de l’ordre de St-Stanislas.

A la fin de la guerre, Marcel Goulette devient capitaine-aviateur de réserve. Il se passionne pour l’aéronautique, œuvre comme ingénieur pour l’office de reconstruction industrielle, pilote d’essai chez « Lorraine » motoriste d’avion, administrateur délégué de la société de construction des moteurs d’avion Albert.

Par ailleurs, il se lance dans l’aviation coloniale et parvient, le premier, à poser un appareil sur l’île de la Réunion. C’est un Farman qu’il a acheté en s’endettant gravement ; il est ruiné lorsque l’avion se brise au retour dans le désert, pris dans une violente tempête de sable.

Il réussit plusieurs raids aériens et fait régulièrement parler de lui dans les journaux de l’époque en établissant plusieurs records du monde de vitesse ou de distance en partant de France vers Madagascar, La Réunion (il fait trois fois ce trajet), Téhéran, Saïgon, Le Cap, Alexandrie.

Marcel Goulette meurt le 25 mai 1932 en service commandé. Plusieurs pilotes de grande renommée ayant refusé de partir chercher des rescapés du naufrage du paquebot Georges Philippar (sur lequel le célèbre journaliste écrivain Albert Londres trouva la mort), c’est lui qui s’envole pour Brindisi pour cette mission. Au retour son avion heurte le sommet des  Apennins et s’écrase. Tous les occupants de l’appareil sont tués.

Il est enterré dans sa commune natale le 7 juin 1932.

A l’époque, des journaux émettent l’hypothèse d’un attentat, non d’un accident ; en tous cas aujourd’hui encore le doute demeure. D’après certains textes, il aurait, au moment de sa disparition, été pressenti pour devenir ministre de l’air.

Allez savoir, quatre-vingts ans plus tard.

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