11 novembre à nouveau

Pour Magitte, le 11 novembre est le souvenir de l’Armistice de la Grande Guerre, des Poilus, ses parents lui en ont parlé, c’était frais en ce temps-là,  moi, j’ai envie de raconter autre chose que cette boucherie (héroïque ?). L’an dernier j’avais évoqué l’engagisme, vous pouvez retrouver l’article en cliquant LÀ.

Ce 11 novembre, je dis : « Bonne fête aux Martin » (qui ne sont pas tous des ânes, je vous en parlerai plus loin).

Les dictons du jour :
« Bel été de Saint-Martin présage un hiver certain. »
« L’été de la Saint-Martin dure trois jours et un brin. »
« Si le brouillard entoure la Saint-Martin, l’hiver passe tout bénin. »
« Si les feuilles de la vigne ne tombent pas avant la Saint-Martin, l’hiver sera froid. »
« Si le vent du Sud souffle pour la Saint-Martin, l’hiver ne sera pas coquin. »

Ce n’est pas rassurant pour l’hiver, s’il fait trop beau et trop doux ces jours-ci. Surveillons attentivement le temps pour voir si les dictons se vérifient, chacun chez nous puisque du nord au sud et d’est en ouest, la météo varie.

Que s’est-il passé un 11 novembre ? Des gens sont nés, d’autres sont morts et la Terre continue de tourner.

Des naissances :
– 1974 – Leonardo DiCaprio, acteur américain.
Plus tôt,
– 1964, Calista Flochkhart, actrice américaine.
– 1962, Demi Moore, actrice américaine.

J’oublie le principal ? L’Armistice de 1918. Non, je vous dis, je n’oublie pas mais je pense qu’après la mort du dernier «poilu» français, en 2009, que peuvent encore signifier la commémoration et les cérémonies annuelles devant les monuments aux morts, les gerbes, etc ? Une journée du souvenir pour toutes les guerres devrait suffire (14-18, 39-45 et l’Algérie). Il est, par ailleurs, impératif d’enseigner, à l’école, les grandes dates de notre histoire contemporaine. Savoir ce que signifie le 11 novembre.  Les illusions, les espoirs (la Der des Der), les morts, les gueules cassées… Ne pas oublier non plus les petits appelés des années 60 qui laissèrent leur vie en Algérie et des familles chagrinées.

Et si on parlait aussi de ce qui fut très moche dans cette guerre 14-18, par exemple : le dernier jour de guerre. Cloches, joie, fête… Il a fait cependant près de 11 000 tués, blessés ou disparus, soit plus que lors du Jour J (D Day), le débarquement du 6 juin 1944 qui compta plus de 4 000 morts et plus de 6 000 blessés. En effet, en 1918, certains soldats ont perdu la vie lors d’actions militaires décidées par des généraux qui savaient que l’armistice avait déjà été signé. Bravo, les chefs ! Il n’y a pas eu que ça…

La date de décès des morts français du 11 novembre a été modifiée, les morts antidatées au 10 novembre par les autorités militaires. Pourquoi ? Deux hypothèses :
– l’hypothèse 1, symbolique pour les autorités militaires, il n’était pas possible  voire même honteux de mourir le jour de la victoire ;
– l’hypothèse 2, matérielle et plus humaine : cette décision a été prise par des médecins ou les chefs directs des soldats morts après l’armistice afin d’éviter toute forme de contestation sur l’attribution des pensions des veuves de guerre (morts trop tard = pas de pension).

Revenons à une histoire plus jolie, celle des ânes par exemple. «A la foire, il y a plus d’un âne qui s’appelle Martin», dit-on. Mais d’où vient que ce prénom est attribué aux ânes ?

Selon la légende, de l’âne de saint Martin lui-même.


Saint Martin marchait sur les chemins de Touraine pour rejoindre l’abbaye de Marmoutier. Il traversait les vignes qui alors n’étaient pas taillées. Elles ressemblaient à des lianes, produisaient de petites grappes acides desquelles les moines tiraient un petit vin aigrelet (du vinaigre ?).

A la vue des murs de l’abbaye, saint Martin fit une pause. Il attacha son âne à un piquet qui soutenait un pied de vigne. Il remercia le Seigneur d’être parvenu sans encombre à destination, but un peu d’eau à sa gourde et fatigué, s’allongea pour prendre un peu de repos. L’air était doux, le soleil agréable. Saint Martin s’endormit. Pas l’âne, affamé qui brouta toute la vigne que lui permettait sa corde, jusqu’à la dernière feuille.

A son réveil, saint Martin ne put que constater les dégâts. De la vigoureuse liane, il ne restait qu’un trognon. Saint Martin s’en fut tout penaud à l’abbaye et confessa aux moines le péché de son âne. Or l’âne, on s’en souvient, avait fait plus que n’importe quel humain pour le fils de Dieu, il l’avait réchauffé de son souffle chaud dans l’étable de Bethléem et avait porté sur son dos le petit Jésus nouveau-né dans sa fuite en Egypte alors qu’il était menacé de mort.

Si l’âne fut pardonné, saint Martin fut condamné à faire quelques corvées pour l’abbaye en compensation mais quel ne fut pas l’étonnement des moines de Marmoutier quand, à l’heure venue de la vendange, ils récoltèrent sur les vignes «taillées» par l’âne de nombreuses et grosses grappes de raisin, juteuses et sucrées, produisant le meilleur vin qu’ils n’avaient jamais bu jusqu’alors. S’ils avaient pu sanctifier la bête, encore une fois, elle l’aurait été.

C’est depuis ce temps que la vigne se taille court et que les ânes s’appellent presque tous Martin.

Quant à l’expression, elle signifie en langage populaire que Martin est un nom bien partagé ou pour dire qu’il n’y a pas qu’une seule personne à avoir telle caractéristique. Savez-vous combien il y a de Martin en France ? De prénom Martin ? De patronyme Martin ? (C’est le plus répandu en France) Et  combien de Jacques Martin ?

Beaucoup. Dans ma jeunesse et dans la rue où je vivais, deux immeubles mitoyens et un Jacques Martin dans chacun : au 22 et un au 24. Imaginez au niveau national !

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