Est-ce parce que je suis à Toulouse,ville espagnole que me reviennent en mémoire des vers de Federico Garcia-Lorca ?
Les anciens Républicains espagnols ont pris racine dans la ville. Pendant la guerre, ils ont participé à la construction de l’hôpital Varsovie pour soigner les victimes du franquisme. Ils ont aussi été fiers de donner le peintre Carlos Pradal et le comédien Pepe Martin à la Ville rose. Etienne Roda-Gil, fils de réfugié espagnol, était un voisin (né à Montauban).
Ils ont pleuré aussi, quand ils ont regardé les arènes disparaître après les avoir longtemps remplies ; de 1953 à 1976, les arènes du Soleil-d’Or, construites en béton sur la rive gauche de la Garonne, reçoivent 14 000 spectateurs. Après celles de Nîmes, ce sont les plus grandes de France. Le 3 octobre 1976, la dernière course est donnée à Toulouse. Le 1er août 1978, Marcel Dangou, à l’origine des plus grandes arènes de Toulouse décède. Le désintérêt de ses héritiers aboutit à la vente de celles-ci à la ville, qui les a détruites pour construire le lycée des Arènes.
Et des larmes, ils en ont encore versées lorsqu’ils ont enterré Marcelino Domingo au cimetière de Terre-Cabade. Après l’ancien ministre de l’éducation et de l’agriculture de l’éphémère république d’Espagne, ils ont malheureusement mis en terre Federica Montseny. Militante anarchiste, Federica Montseny est la première femme ministre d’Europe Occidentale. Pendant son mandat débuté en novembre 1936, est promulgué un décret qui légalise l’avortement. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu. Une grande dame en somme, une dame qui voulait faire changer le cours des choses mais qui a dû fuir son pays et qui est venue mourir à Toulouse.
Les Espagnols se sont très bien intégrés à la vie toulousaine. C’est une ville qui leur plaisait. Vivante, tranquille, et proche de l’Espagne. C’est pour ça qu’ils l’avaient choisie.
Federico Garcia Lorca ; » Baladilla de los rios »
El río Guadalquivir
va entre naranjos y olivos.
Los dos ríos de Granada
bajan de la nieve al trigo.
¡ Ay, amor
que se fue y no vino !
El río Guadalquivir
tiene las barbas granates.
Los dos ríos de Granada
uno llanto y otro sangre
¡ Ay, amor
que se fué por el aire !
Para los barcos de vela
Sevilla tiene un camino;
por el agua de Granada
sólo reman los suspiros
¡ Ay, amor
que se fue y no vino !
Guadalquivir, alta torre
y viento en los naranjales.
Dauro y Genil, torrecillas
muertas sobre los estanques.
¡ Ay, amor
que se fue por el aire !
¡Quién dirá que el agua lleva
un fuego fatuo de gritos!
¡ Ay, amor
que se fue y no vino !
Lleva azahar, lleva olivas,
Andalucía, a tus mares.
¡ Ay, amor
que se fue por el aire !
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Le Guadalquivir circule entre des orangers et des oliviers.
Les deux rivières de Grenade descendent de la neige au blé.
Aie, l’amour est parti et n’est pas venu!
La rivière Guadalquivir a les mentons grenat.
Les deux rivières de Grenade l’une de pleurs et l’autre de sang.
Aie, l’amour s’est envolé !
Pour les bateaux à voile
Il y a un chemin vers Séville ;
par l’eau de Grenade rejaillissent seulement des soupirs.
Aïe, l’amour est parti et n’est pas venu!
Le Guadalquivir, une haute tour et du vent dans les orangeraies.
Dauro et Genil, tourelles mortes sur les étangs.
Aïe, l’amour s’est envolé !
Qui est-ce qui dira que l’eau porte un fier feu de cris ?
Aïe, l’amour est parti et n’est pas venu !
Porte une fleur d’oranger, porte des olives,
Andalousie, à tes mers.
Aïe, l’amour s’est envolé !
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