Ma présidence de la communauté «Musique à cœur… ouvert» se terminera ce soir.
J’ai pris la succession de Val (qui m’avait désignée) et je vous donnerai demain le nom de celle ou celui à qui je passerai le flambeau. J’espère qu’elle ou il en voudra bien.
Je vous avais demandé, pour ce 6 février 2013, de nous faire connaître la ou les chansons contestataires que vous aimez.
La chanson contestataire offre un examen critique des institutions, de l’idéologie, du monde ; elle remet en cause les idées reçues, les institutions, l’ordre social, elle est l’expression de la liberté, cette liberté qu’il faut sans cesse défendre. De Georges Brassens à Florent Pagny, en passant par Léonard Cohen, Boris Vian ou Paul Eluard sans oublier Maurice Druon et Joseph Kessel (les auteurs du «Chant des Partisans»), le choix était très large. Protest song des Etats-Unis, du Canada, Nueva canción de l’Espagne, l’Argentine ou du Chili…
A l’époque où Druon et Kessel écrivaient le texte du chant des partisans (la musique est d’Anna Marly), ils étaient des « terroristes » «planqués» en Angleterre. Combien de Français se taisaient et combien leur avaient conseillé de faire de même ? Ensuite, la France a siffloté, puis a chanté de plus en plus fort cet air. Le Chant des Partisans est devenu chant de fraternité, comme la Marseillaise est devenue hymne de la France après avoir été celui de la Révolution Française, fondatrice des valeurs de liberté, d’égalité et de démocratie.
Le mot «partisan» m’a ramenée vers Leonard Cohen et sa chanson « The partisan » qui n’est autre que « La Complainte du partisan », écrite à Londres, en 1943, par Emmanuel d’Astier de La Vigerie (dit «Bernard» dans l’armée des ombres) et (encore) Anna Marly pour la musique. Cette complainte est devenue une chanson populaire dans les années 1950 ; aujourd’hui, elle est bien moins connue que le presque homonyme « Chant des Partisans. » Elle a pourtant été interprétée par de nombreux artistes : les Compagnons de la Chanson, Leni Escudero, Mouloudji, Joan Baez, etc. La reprise, en 1969 par Leonard Cohen, est, sans doute, le plus gros succès du titre.
Merci à Leonard Cohen d’avoir transformé le vieil homme en vieille dame, dans sa version :
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
est devenu
An old woman gave us shelter (une vieille femme nous a donné un abri)
Kept us hidden in the garret (elle nous a cachés dans le galetas)
Le déserteur de Boris Vian n’était pas loin. Contestation ; plus près de nous encore Florent Pagny, Damien Saëz, Mickey 3D… J’ai préféré mettre en avant des titres moins courus comme Le chiffon rouge de Michel Fugain.
Dans les années 1970, les ouvriers du groupe Usinor ont fait de cette chanson l’hymne de leur radio libre. (On croyait encore aux valeurs de la gauche. chez les ouvriers.) L’espoir, le rêve d’un avenir meilleur.
ou encore Pierre Perret, Lily, déclaration contre le racisme,
ou « La femme grillagée », toujours Pierre Perret et ses inquiétudes : retour de l’obscurantisme, fin de la laïcité…
Faut-il refuser l’ordre établi et vivre « La philosophie » de Georges Moustaki ? Irresponsabilité ou inconscience ? Liberté absolue ? Egoïsme ? Rêve d’artiste.
J’ai envie de vous faire écouter les Cow-Boys fringants « Plus rien », même esprit que le « Respire » de Mickey 3D. Chez ces Québécois, on a un large choix.
Et pour finir cette chanson dont j’adore la mélodie, une chanson qui veut entrainer un homme à sortir du droit chemin : «Walk on the wild side» de Lou Reed.
She says, hey babe, take a walk on the wild side
Elle dit, hey bébé, marche un peu sur le côté sauvage (du mauvais côté)
Said, hey honey, take a walk on the wild side
Disait, hey chéri, marche un peu du mauvais côté.
Sortir des sentiers battus… Que d’espoirs… et de courage.
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