Le respect d’autrui

Le respect, un sujet qui donne à réfléchir. Nous nous plaignons de le voir disparaître mais souvent, dans ce cas, nous ne pensons qu’à l’oubli des règles de politesse. C’est vrai, nous sommes bien obligés de constater que les vieilles bonnes manières ont été oubliées, mais j’ai envie d’élargir le sujet ou la réflexion.

On trouve dans la plupart des religions et dans la plupart des philosophies cette règle morale du respect d’autrui, exprimée de bien diverses manières mais toujours considérée comme une règle d’or : «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse».

Dans le Nouveau Testament, Jésus nous enjoint d’aimer notre prochain comme nous-même. C’est en nous mettant à la place d’autrui que nous apprenons à le respecter. Or de nos jours, l’individualisme (cette tendance à s’affranchir de toute obligation de solidarité, à ne vivre que pour soi) et l’égoïsme (conduite de celui qui, le plus souvent consciemment, ne se préoccupe que de son intérêt ou de son plaisir propre au détriment ou au mépris de celui d’autrui) sont rois, comment le respect peut-il encore exister ? C’est toute une éducation qu’il faudrait refaire.

L’exigence d’une règle morale universelle : le « respect d’autrui », a été énoncée par Kant (1724-1804), sous la forme d’«impératifs catégoriques» dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, deuxième section, le livre que ma prof de philo de terminale Madame Largaud m’a fait endurer pendant un trimestre, après Platon, «la République» et avant Bachelard, « le rationnalisme appliqué ».

Kant écrivait : « Agis de telle façon que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Cela signifie que chaque être humain est d’une telle valeur qu’il ne peut, à proprement parler, avoir de  «prix ». On ne peut utiliser un homme comme on utilise un objet même si l’esclavage prouve le contraire ainsi que la situation actuelle de certains individus, sans parler des prostituées, je pense simplement à ceux qui accomplissent des tâches ne nécessitant aucun savoir ; on m’a donné, en Chine, l’exemple d’un homme payé pour tenir un poteau informatif parce que c’était moins coûteux et moins contraignant de le payer que d’obtenir  une autorisation de planter un poteau sur la voie publique.

Or, nous ne devrions jamais oublier que l’homme ne fait pas partie du monde matériel ; moralement, nous ne pouvons pas l’acheter ni le vendre. Vous connaissez la « vraie réalité ». On vend et on achète des joueurs de foot, par exemple et à quel prix !

A contrario, combien pour une fille dite de joie venant d’Afrique, d’Asie ou d’un pays de l’Est ?

Dans un autre registre, les lois de bioéthique de 2004, en France, se réclament de l’impératif catégorique kantien pour justifier que la cession d’organes ou d’éléments du corps humain, qu’il s’agisse d’un donneur vivant ou décédé, ou encore du sang, ne puissent faire l’objet d’un commerce (nous donnons notre sang à l’EFS qui le revend aux hôpitaux, cliniques car il faut bien payer les frais de fonctionnement de l’Etablissement Français du Sang).

On ne peut disposer d’un corps comme on dispose d’une chose mais dans d’autres pays, les organes, les gamètes humains, les ovules, les spermatozoïdes, le sang… ont un prix qui entraine des dérives monstrueuses. Nous avons tous entendu parler des enfants enlevés et rendus  à leurs parents en bien mauvais état : yeux arrachés, rein prélevé… ou des condamnés à mort « donnés » en pièces détachées. (Les autorités chinoises disent que le don est volontaire et que ce système est maintenant abandonné, car les prisonniers sont en moins bonne santé que la population en général. Rassurant ? )

En France, au nom du même principe selon lequel « le corps humain est indisponible », la pratique des « mères porteuses » est interdite : on ne peut  «louer» un utérus, un ventre de femme, on ne peut utiliser autrui pour une fin qui lui est étrangère (porter un enfant qui ne sera pas le sien) alors qu’aux Etats-Unis, cette pratique est autorisée, ce qui tend à prouver que la morale est relative dans l’espace et dans le temps.

Pourtant des règles religieuses et philosophiques semblent toujours avoir des adeptes, même dans notre société corrompue par l’argent (à vrai certains adeptes sont trop intègres et même quelquefois… intégristes).

Connaissez-vous ce précepte chinois ?

« L’ARGENT…
Il peut acheter une maison mais pas un foyer…
Il peut acheter un lit mais pas le sommeil…
Il peut acheter une horloge mais pas le temps…
Il peut acheter un livre mais pas la connaissance…
Il peut acheter une position mais pas le respect…
Il peut payer le médecin mais pas la santé…
Il peut acheter du sang mais pas la vie…
Il peut acheter du sexe mais pas de l’amour… »

Maintenant oui.

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8 réponses à “Le respect d’autrui”

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