Depuis le temps que je voulais voir l’embrasement de la Cité de Carcassonne, cette année, c’est fait. La ville célébrait, en même temps que la fête nationale, le vingtième anniversaire du classement de la cité au Patrimoine de l’UNESCO.
Tous les 14 juillet à partir de 22h30 a lieu le feu d’artifice de Carcassonne, la préfecture de l’Aude, spectacle qui comprend l’embrasement de la Cité, l’enceinte médiévale de la ville. On célèbre ainsi la fête nationale mais on commémore autre chose dans l’agglomération languedocienne : un embrasement historique, pas violent, qui n’a rien à voir avec les bûchers cathares de cette même région.
Le 14 août 1898, à Carcassonne, on célébra l’arrivée des « Cadets de Gascogne », pas les militaires (un des nombreux régiments des troupes du roi Louis XIII) mais un regroupement informel de personnalités de la littérature, de l’art et de la politique : une soixantaine d’artistes et hommes politiques méridionaux «ayant réussi à Paris» désireux de rendre hommage à ceux qui les ont précédés dans cette voie incontournable de la notoriété nationale, hommage à la façon gasconne, c’est-à-dire avec force discours et banquets ; on a pu relever les noms du sculpteur Gustave-Saint-Jean ou du ténor Guillaume Ibos… A cette occasion la Ville organisa de grandes fêtes en l’honneur de ces visiteurs prestigieux : reconstitution historique, concerts, bals, illuminations, défilés, salves d’artillerie, retraite aux flambeaux, banquets…
Pour clôturer ces fêtes, dès la tombée de la nuit, la Cité s’embrasa toute entière et ne fut plus qu’un énorme bloc de pierre incandescent. Si vous voulez en savoir davantage sur cette première fête qui eut lieu du 12 au 15 août 1898, vous pouvez consulter cet article-là.)
En 1998 la Ville de Carcassonne célébrait le centenaire de l’embrasement de sa Cité légendaire : en effet L’idée d’embraser la Cité par des feux de Bengale revient à Achille Rouquet (1851-1928) fondateurs de la Revue Méridionale. Il était aussi peintre, graveur, poète et félibre. Après ce premier embrasement, il sollicita du Maire de Carcassonne, Monsieur Jules Sauzède, la réédition annuelle de l’embrasement. Celui-ci a lieu chaque année, le soir du 14 juillet et a atteint une renommée mondiale.

Cette année, aucun souffle de vent pour disperser les fumées des fusées, la cité, nimbée dans une sorte de linceul gazeux, n’a pas été le joyau tant espéré mais j’ai pardonné à Éole de nous avoir masqué la vieille dame qui a ainsi joué la modeste ou la prude. C’était néanmoins très beau.
Si vous n’avez pas peur de la foule, si vous savez être patients, vous serez récompensés, c’est superbe au point que, ma petite-fille de trois ans, un peu inquiète des détonations au début, a demandé, après le bouquet final, à revenir le lendemain.
L’an prochain si Dieu le veut…
Laisser un commentaire