Patol, kosa sa ?

Patol, kosa sa ? (Patol, qu’est  ce que c’est ?) Une leçon de choses qui nous amènera à un proverbe créole : « Patol i pous tort sé lèrk lé tann i fo drésé », traduction française : un patol qui pousse tordu, c’est le moment de le redresser. En clair, la sagesse créole nous dit que quand le patol commence à se tordre, il faut le remettre droit ou pour être encore plus direct : il faut « dresser les enfants très tôt, ; l’éducation doit se faire dès le plus jeune âge ;  je reviens d’abord au patol.

Patolle ou patole ou encore serpent végétal : serpent gourde, courge serpent (les informations  suivent, photo en particulier, proviennent du site réunionnais, mine de trouvailles que vous pouvez consulter : http://www.mi-aime-a-ou.com

Trichosanthes cucumerina L. nommé à La Réunion patolle ou patole est présent uniquement en culture à La Réunion. Cette Cucurbitaceae est une plante grimpante tropicale cultivée pour son long fruit.

Patolle ou patole, Trichosanthes cucumerina.

Côté cucurbitacée réunionnaise, je vous ai présenté le chouchou, LÀ (clic).

Le patol est devenu un légume plutôt rare, dans les jardins réunionnais. C’est un légume qui se présente un peu comme une longue anguille vert-clair : mince, long, cylindrique, souvent vrillée, de 30 à 150 centimètres de long et de 2 à 10 centimètres de circonférence, gris-vert un peu rayé de blanc quand il est jeune, il devient rouge foncé quand il arrive à maturité. La chair est blanche, fibreuse et contient des graines aplaties, un peu comme les concombres.

À La Réunion, où les créoles comme les Chinois mangeaient tout (mais ça, c’était avant… avant l’opulence de la fin du XX° siècle), les patoles étaient utilisés comme légumes cuits. Les jeunes pousses et les feuilles étaient utilisées comme brèdes (légumes verts ; ensemble très divers de feuilles comestibles de nombreuses plantes ). Il faut noter que toutes les parties de la plante ont une odeur un peu déplaisante (oui, ça pue), odeur qui disparait à la cuisson tout comme l’amertume.

On cuisine le patole comme la calebasse ou  le pipangaille, simplement avec un peu d’ail, d’oignon, de sel et de poivre. Oh et puis, tiens voilà la recette :

Daube de patoles

1kg de patoles
100 g d’oignons
20 g d’ail
Sel, poivre, thym
2 c. à s. d’huile

Peler le (ou la ? tiens, je reste à le), donc peler le patole et le découper en cubes ; mélanger avec les oignons émincés finement, l’huile, l’ail haché, le thym, le sel et le poivre en grains concassés.

Faire cuire à feux doux et à couverrt. Laisser cuire jusqu’à l’évaporation complète. Saupoudrer de persil haché. La daube peut accompagner un carry ou un rôti de porc.

Le patole a tendance, lorsqu’il grandit, pendu à la liane, de se tordre dans tous les sens, comme une anguille. Si vous le laissez grandir ainsi, vous serez embêté quand viendra le moment de le peler avant la cuisson alors le Créole (pas couillon) a imaginé un truc : lorsque le patol est encore tout petit, il lui attache une petite pierre à la queue. Le poids le tire vers le bas et l’empêche ainsi de se tortiller.

Et oui, « Patol i pous tort sé lèrk lé tann i fo drésé », l’éducation n’a de chance d’être efficace que si l’on s’adresse à des enfants. Plus tard, les défauts sont difficiles à corriger. On dit aussi : « patol i drès kank lé pti, aprè-la i kas » ce qui correspond aux mots anglais : « il faut courber le rameau quand il est jeune ».

 

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