La méchanceté

Je ne suis pas aigrie grâce à la sagesse qui vient avec les années mais je suis lucide et capable de dire, mieux qu’avant, ce que j’ai compris. Nous sommes malheureusement souvent victimes de méchants qui se gardent bien de le montrer et cherchent même à se faire passer pour des gentils. Je sais de quoi je parle, j’en ai connus mais ma naïveté m’empêchait de le voir et de le croire. Aujourd’hui, que dire ?

Face aux méchants, il  n’est pas nécessaire de le devenir à son tour, il suffit de prendre de la distance et quelquefois simplement espérer que le temps fera son œuvre. Je dis souvent “quand on crache en l’air, ça finit toujours par retomber” ; alors j’attends mais pas en silence sans rien faire, j’informe que j’ai compris, même si personne ne me croit, je dis ce que je pense être la réalité. J’essaie ainsi de réveiller la capacité d’analyse et de réflexion de mes interlocuteurs. Si c’est en vain, tant pis, au moins je l’ai dit. J’ai semé mon idée (le doute ?).

La méchanceté est une “chose” fort bien partagée dans les groupes humains, les religieux (toutes religions confondues) n’échappent pas à la règle ; elle est parfois même une compensation pour ceux qui ont dû faire des “sacrifices”. Les méchants savent cacher cette méchanceté et lorsqu’ils sont en position d’autorité, ils sont un véritable fléau pour leurs potentielles victimes, ils utilisent tantôt le miel, tantôt le vinaigre, une fois tout sourire, l’autre fois buté, fermé, colérique et vengeur. Le méchant est un être à double visage, blanc à l’extérieur, ténèbres à l’intérieur, gentil face aux autres, odieux face à sa proie.

Pour leur résister : ne jamais regarder vers le bas, ne pas faire comme eux, prendre ses distances et attendre (plus ou moins) que le vent tourne.

Il n’est pas rare que les méchants prétendent, après s’être acharnés, à une possible réconciliation. Ils osent, ils veulent faire comme si rien ne s’était passé ; ils ont oublié mais pas vous.. Oublier et pardonner, je ne suis pas capable d’oublier, quant à pardonner… j’ai du mal à comprendre ce qu’est le pardon. Ce que je peux faire de mieux, c’est de me dire que l’autre n’est peut-être pas totalement responsable, ne plus lui parler de ses erreurs mais je ne peux pas oublier, c’est dans un coin, une sorte de tiroir fermé dont il ne faut pas titiller le mécanisme sinon tout ressort. Je ne rumine pas, je ne ressasse pas mais le souvenir n’attend que de refaire surface.

Le pardon est l’action de tenir pour non avenue une faute, une offense et de ne pas en tenir rigueur au coupable et de ne pas lui en garder de ressentiment ; voilà pour la définition simple. Dans la religion judéo-chrétienne, c’est un acte de miséricorde, don gratuit de Dieu qui, mettant fin à la situation de rupture créée par le péché, rétablit l’homme dans sa relation d’amour avec lui (en particulier dans la religion catholique, sous la forme de l’absolution par le ministère du prêtre dans le sacrement de pénitence ; avec des moyens financiers, certains achetaient des indulgences pour obtenir le pardon du ciel ; ben voyons…)

J’ai bien compris avec les années que le méchant ne demeure pas très longtemps dans les bonnes intentions qu’il affiche, il attend le moment propice pour porter un nouveau coup ou un coup qu’il espère fatal. N’avez-vous pas connu de ces faux gentils (des parents quelquefois), ces faux amis qui, après avoir tout mis en œuvre pour vous calomnier et vous trahir, exigent de vous une abdication totale disant que tout peut être effacé, doit l’être, et que, si vous ne répondez pas à leur attente, vous êtes le vrai méchant ? Voilà comment culpabiliser les victimes !

En prenant de l’âge, il ne faut pas être aigri mais s’alléger : la méchanceté dont vous avez été victime ne doit pas être sans cesse dans votre mémoire, laissez-la de côté, évitez les méchants, ils doivent être transparents à vos yeux. Quand il y en a trop autour de vous, il faut quand même finir par agir.

Sophocle avait relevé que “la bêtise est la sœur de la méchanceté”. Attention, des hommes intelligents sont méchants et fiers de l’être ; ils ont souvent gagné leurs galons en utilisant ce stratagème, ce sont des suppôts de Satan, lui-même brillant mais uniquement occupé au mal. Un seul méchant peut empoisonner le monde, alors une diaspora de mauvais peut faire craindre le pire d’autant plus qu’ils obtiennent la confiance des naïfs.

Une autre citation me revient à l’esprit et me fait penser à une personne en vue  du moment :

“Quiconque s’imagine être le seul à bien raisonner et prétend détenir le privilège de la parole et de l’intelligence, une fois qu’on l’a mis à nu, on s’aperçoit que ce n’est que du vide.”

Sophocle

Espérons que les yeux s’ouvriront et que tous les méchants seront démasqués et écartés sinon oubliés.

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1 réflexion sur « La méchanceté »

  1. J’ai la malchance d’être rancunier, et de ne retrouver la paix qu’une fois vengé .
    j’ai horreur de la mauvaise foi, et je prends plaisir à la mettre en évidence quand c’ est possible.
    Ceux pour qui seuls comptent l’argent et le pouvoir sont méchants d’office, ne serait ce que par égoïsme !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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