Pékin

Même si j’étais plus silencieuse ces derniers temps, je n’en continuais pas moins à avoir le cerveau en activité. Un mot appelant une idée puis une autre, vous savez comment à force de pirouettes je change quelquefois de sujet en chemin. Ce sera la cas de mon billet du jour car l’actualité offre des possibilités multiples même si les médias veulent focaliser sur un seul point : le coronavirus qui détourne  notre attention des turpitudes de Manu et sa bande.

Aujourd’hui à partir du mot Pékin où vais-je vous emmener ?

Quand j’ai pensé Pékin, ce n’était pas à cause de la Chine (malgré le coronavirus) mais en pensant au mépris que Macron affiche envers le peuple ; hors de sa cour, rien de “valable”. Nous sommes des “sans dent” pour un ex, des sans voix pour Manu, de pauvres pékins.

Le terme “pékin” ou “péquin” est emprunté à l’argot militaire, utilisé pour qualifier un civil, un non militaire. Ce mot aurait fait son apparition pendant les guerres de la Révolution (1792-1802) et serait issu du provençal péquin qui désigne une personne malingre, chétive ; à cette époque, le pékin désignait le bourgeois, le civil, l’étranger au monde militaire, à ses codes et à ses habitudes (à son honneur ? Voilà un mot qui a perdu son sens). Notez bien que le terme pékenot ou péquenaud est vraisemblablement un déformation du mot pékin, auquel on a apporté une dimension péjorative : il s’applique au paysan (couillon par excellence) et, par extension, à toute personne peu dégourdie (nous les imbéciles qui ne comprennent rien aux explications – pas claires – de Sibeth et des autres ; je me souviens de Madame Myriam El Khomri, ex ministre du travail du gouvernement Macron sous François Hollande, devenue chargée de «mission» bénévole -?- pour proposer des pistes de «revalorisation des métiers du grand âge», auprès du ministère des Solidarités, Madame Buzyn (tiens, encore elle !).

Je reviens aux péquins que nous sommes. Vous souvenez-vous des belles paroles, des promesses du Grand Débat  ? Les suites se sont perdues entre Paris et la province et on effacera bientôt toutes les régions rurales de l’existence politique. Une circulaire du ministre de l’Intérieur, Castaner, gomme les nuances politiques dans les villes de moins de 9 000 habitants. Cette décision fausse les résultats et rend invisibles les petits, pour favoriser, de toute évidence, le parti présidentiel, LREM qui a du plomb dans l’aile ces derniers temps.

Ainsi en Occitanie, 98% des communes vont se retrouver sans couleur partisane pour les municipales de 2020 (trop rose le sud ?). Depuis 2014, seules les communes de moins de 1 000 habitants étaient concernées. Ainsi en ex-Midi-Pyrénées, 47 communes seulement vont être “estampillées” d’un parti politique. En Ariège, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, seules deux municipalités par département bénéficient encore de cette nuance politique ; en Haute-Garonne, ce sont 24 communes. Nous sommes les oubliés (clic).

Si Gauvin Sers raconte la France et sa campagne en 2020, Jean de La Fontaine décrivait la société de son époque ; je ne peux m’empêcher de penser à cette fable que j’avais décortiquée dans mon blog en 2011 “Les Animaux malades de la pesteet qui se terminait par ces vers :

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Non, rien n’a changé. Injustice et mépris ! Toujours. Nous sommes les ânes et le roi accompagné de sa cour se pavanent, nous narguent. Nous sommes des ânes, des sots incapables de comprendre et de s’exprimer, c’est bien le manque d’éloquence qui dessert le peuple qui se croit inférieur. (Êtes-vous sûrs que journalistes et politiques sont meilleurs que nous ? Que nenni ! vous dis-je.) 

La Fontaine fait vivre un âne au discours intimidé, haché (excès de virgules et de sons an, rappelant le hi-han de la bête) :

J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.

C’est sa maladresse qui perd l’âne alors que le véritable vainqueur de cette fable est le renard, un orateur expert dans l’art de l’esquive qui réussit même à se faire applaudir. Qui est le renard de Macron ? Un ministre ? Et si c’était une renarde ? Qui sait ?

Haro sur le baudet ! Une autre expression tirée de cette fable. Ce sont les Gilets Jaunes qui ont été désignés. Coupables de tout, et même responsables des coups qu’ils ont reçus. Non, il n’y a pas eu de violences policières. Bien sûr ! Les vidéos ? Des montages ? Et maintenant, quelle suite ? Tout doit rentrer dans l’ordre ?

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Rentrez en silence à l’étable. Attention, en plus il y a danger, courez-y :

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés 

Pour vous faire un peu plus peur on a rapatrié les Français de Wuhan, à vos frais, avec un avion militaire et on les loge maintenant quinze jours au bord de la mer dans un village-vacances, tous frais payés. D’autres pays se sont montrés moins généreux. C’est encore une source de longs débats mais réfléchissez un peu.

Je vous rappelle qu’à l’hôpital, quelle que soit la cause de votre hospitalisation, vous payez aujourd’hui de votre poche, mutuelle ou pas, un forfait “hôtellerie” de plus de 20€ par jour pour participation aux frais d’hôtellerie et de restauration de l’hôpital (repas, blanchisserie, nettoyage…). 15 jours, c’est déjà 300€ à votre charge qui correspond à ce que vous auriez dépensé chez vous. Enfin, pas tous, Darmanin parle de 200€ par personne par repas sans le vin. Pff ! Je mélange tout mais une chose est sûre, le gouvernement se fout de nous.

Le coronavirus, j’y reviendrai, je m’arrête pour ce soir.

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2 réflexions sur « Pékin »

  1. Je venais de lire que Larcher Gérard venait de dénoncer les cachotteries du gouvernement concernant la retraite à points, ce qui explique surement pourquoi le conseil d’état a mis des réserves, ce même conseil d’ état qui vient de rejeter cette fameuse circulaire Castaner !
    C’ est la panique pour les municipales, avec un député lrem de plus rejeté, Vilani qui a donné un bon camouflet à Macron, avec un premier ministre qui veut se présenter au Havre, Et tous les jours des candidats lrem qui renoncent à se présenter parce qu’ils ont compris que c’était perdu d’ avance !!
    Quand aux rapatriés, je m suis dit que c’était un peu facile de quitter la France pour faire fortune ailleurs, et au moindre souci, demander à cette même France de les rapatrier !
    Bon dimanche Françoise
    Bisous

  2. oui il est le bienvenu le coronavirus, pendant qu’on tacle les chinois, les gens pensent à autre chose que la situation inquietante que nous vivons avec la reforme des retraites ! c’est grave un virus, c’est certain, mais on oublie toujours que la grippe fait près de 10.000morts par an en France, dans le silence le plus total ! bonne journee et grosses bises chere françoise

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