Quête

La quête… C’est une chanson connue, interprétée la première fois par Richard Kiley dans sa version anglophone et par Jacques Brel (pour la version francophone) ; c’est la réponse de Don Quichotte à la question de Dulcinée sur ce qu’il entend par « quête ».

Ah, Don Quichotte ! Généreux, idéaliste, moqué, fêlé, malheureux sans doute.

La quête est une action  de recherche parfois obstinée comme la quête du Graal, la quête de la vérité, la quête de Dieu… ou une action pour demander et recueillir des dons, généralement en argent pour l’Église, pour soi c’est la mendicité, pour les pauvres, pour une œuvre de bienfaisance, etc. 

Savez-vous qu’au nom de l’ordre public, la mendicité est interdite dans les rues (de certaines villes) ? Une décision qui illustre la criminalisation des personnes « fragiles », comme jadis.

Dans une note adressée à son Ministre de l’Intérieur en 1807, Napoléon concevait la répression de la mendicité comme une incitation au changement de comportement des pauvres, ce qui rappelle l’idée récemment soutenue par le député LREM Sylvain Maillard : «Les choses devraient être établies de manière qu’on pût dire : tout mendiant sera arrêté. Mais l’arrêter pour le mettre en prison serait barbare ou absurde. Il ne faut l’arrêter que pour lui apprendre à gagner sa vie par son travail. Il faut donc une ou plusieurs maisons ou ateliers de charité.» Conscience tranquille après ça. (Il y a moins de chômeurs, plus aucun SDF, tout va bien, a dit notre cher président.).

Dans le code pénal napoléonien de 1810, le vagabondage était un délit : les vagabonds étaient définis comme ceux n’ayant ni domicile certain, ni moyens de subsistance, n’exerçant habituellement ni métier, ni profession et la mendicité était punie par ce même Code.

À l’heure actuelle, seule la «mendicité agressive» est réprimée par l’article 312-12-1 du Code pénal. Un arrêté municipal anti-mendicité illustre une résurgence de la criminalisation du mendiant ce qui est contraire au principe de fraternité (et de la solidarité). 

Pendant ce temps-là, comme souvent, l’État et ses représentants gaspillent les deniers publics et par ailleurs font la quête, pour reconstruire notre Dame de Paris par exemple ; ils comptent aussi sur la générosité des Français pour financer la recherche médicale, les sauveteurs en mer, des associations qui pallient les absences de l’État (associations d’utilité publique ; il en existe 1 956 en France cette année) :

  • l’A.F.M – Téléthon,
  • l’Institut Pasteur,
  • l’A.R.C.
  • la SNSM (Société Nationale de Sauvetages en Mer), bénévoles indispensables,

sans oublier les autres dons comme ceux du sang, des plaquettes et autres parties du sang (pour l’E.F.S. qui vend les poches de produits aux hôpitaux), la moelle osseuse… et le don de son temps pour aider les enfants en difficulté ou pas, les Restaus du Cœur…

Donner c’est un acte volontaire, spontané, généreux mais tous ne le font pas et à force d’être pressurés, les donneurs vont finir par se lasser et ne plus pouvoir le faire. Fatigués et sur le plan financier, définitivement et irrémédiablement fauchés aussi.

Pour finir, une petite phrase de ce sage (et un peu cynique) Pierre Desproges :

La recherche a besoin d’argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête.

Chacun ses priorités !

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2 réflexions sur « Quête »

  1. Combien de fois me suis je dit que la France était un pays de mendiants
    Comment peut on verser un pognon dingue à des associations dont les directeurs profitent au maximum, et que de temps en temps un scandale éclabousse !
    Il y a un sketch de Jérémy Ferrari qui dénonce tous ces profiteurs !
    Il faut faire la différence entre le fainéant professionnel qui se contente de profiter du système, et celui qui malgré sa bonne volonté ne trouve pas de travail, et en trouvera de moins en moins face aux progrès de la robotisation.
    Il y a des  » artistes  » qui touchent des subventions et du chômage entre deux prestations, qui devraient être honteux , mais quand on entend une Balasko répondre qu’ il n’ y a pas de raison pour qu’ elle ne profite as du système !!!
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. …la quête pour moi , c’était la quête à l’église, mais maintenant comme tous je constate une recrudescence de demandeurs de dons, je cotise ! si l’on peut dire, à une vingtaine d’organisations, et sans cesse il s’en présente d’autres , avec souvent des scandales pour certains dirigeants s’en servant à des fins personnelles, alors je limite… que fait le gouvernement il dépense nos impots , pour des missiles, tu le dis si bien ! et pour le cancer, rien ! pour les hopitaux moins que rien ! bonne journee bises

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