Ab… Abo…

Abolir : mettre fin à l’existence de quelque chose, supprimer comme la peine de mort en France en septembre 1981 ou de l’esclavage en France en août 1793, puis le 4 février 1794, loi abrogée en mai 1802 (Napoléon I n’avait pas envie de déplaire aux colons martiniquais, région d’origine de son épouse Joséphine) et enfin le 27 avril 1848 mais les décrets d’application ont pris du temps pour arriver à leur destination. Aux Antilles, c’est en mai 1848, à La Réunion le 20 décembre de la même année (il fallait attendre la fin de la coupe de la canne sucre. On ne perd jamais le sens des intérêts financiers). En compensation de la perte de leurs esclaves, les planteurs reçurent du gouvernement français une indemnité forfaitaire ; ils contournèrent alors l’interdiction de l’esclavage en faisant venir des «travailleurs engagés sous contrat» de Chine ou d’Inde ; un nouvel esclavage qui ne dit pas son nom car il n’y a pas de billet de retour dans le contrat et les conditions de travail sont « sévères ».

Aboutir : toucher un bout, trouver un terme, avec ou sans nuance d’effort. mais en horticulture le verbe aboutir équivaut à « faire pousser des boutons » soit encore à « boutonner » (et je tourne en rond ; je pense au billet A, Ab…. ).

Abrutir : (à une lettre près d’aboutir) abrutir c’est rendre une pers. semblable à une (bête) brute. Équivalent d’abêtir ou même hébéter. La version pronominale existe aussi : s’abrutir c’est s’abaisser jusqu’à ressembler à une bête par le visage et/ou par un amoindrissement important de son activité intellectuelle, de ses qualités morales.

Abréger, rendre plus court (c’est ce que je vais tenter de faire).

Aborigène, non arborigène comme on peut l’entendre quelquefois, renvoie à celui dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de sa terre natale par extension qui est originaire du pays où il vit ce qui correspond à autochtone. Le nom d’Aborigène est attribué aux premiers habitants de l’Australie et c’est toujours à eux que je pense quand j’utilise ce mot. Ils ont été persécutés, maltraités et le sont encore, mis à l’écart dans leur propre pays.

… les indigènes ont été brutalement repoussés par les colons. On leur a laissé, dans les plaines éloignées, sous les bois inaccessibles, quelques places déterminées, où la race aborigène achèvera peu à peu de s’éteindre. Tout homme blanc, colon, émigrant, squatter, bushman, peut franchir les limites de ces réserves.  (…)   Les Anglais, on le voit, au début de leur conquête, appelèrent le meurtre en aide à la colonisation. Leurs cruautés furent atroces. (…) Aussi la population aborigène, décimée par les mauvais traitements et l’ivrognerie, tend-elle à disparaître du continent devant une civilisation homicide. 

Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, tome 2

Aborigène d’Australie : officiellement, du point de vue du gouvernement de l’Australie, le terme « Aborigène » désigne une personne qui :

  • a des ancêtres aborigènes ;
  • s’identifie elle-même comme étant aborigène ;
  • est reconnue comme telle par sa communauté aborigène.

Les trois critères doivent être remplis. Très officiellement aussi un terme tel que «en partie aborigène» n’a aucun sens, on est aborigène ou on ne l’est pas. La couleur de peau n’est pas un critère et certains Aborigènes sont blancs en apparence alors que certains de leurs ancêtres sont noirs. (C’est la même chose pour les Indiens du Canada ; je me souviens d’une Huronne blonde aux yeux bleus.)

Il y a plus de cinq-cents peuples aborigènes distincts en Australie, généralement divisés en clans, chacun ayant sa propre langue et son propre territoire. Moins d’un siècle après la première invasion de l’Australie, la population aborigène, qu’on estimait alors à près d’un million, était tombée à moins de soixante-mille (oui, 60 000) : un génocide passé sous silence. La chasse aux aborigènes (comme celle des lapins) a duré jusqu’en 1971.

Aujourd’hui encore, les Aborigènes sont toujours confrontés au racisme et à la violence, et beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions matérielles déplorables. Conséquence directe de cette situation, leurs taux de mortalité infantile et de suicide sont très supérieurs au reste de la population tandis que leur espérance de vie est beaucoup moins grande. Ils constituent également une portion anormalement élevée de la population carcérale. Voilà ce qu’a apporté la merveilleuse civilisation britannique.

Il faut savoir aussi que pendant la majeure partie du XXe siècle, les massacres généralisés ont laissé place à une politique officielle consistant à retirer les enfants aborigènes à leurs parents et à les placer dans des familles blanches ou dans des institutions missionnaires dans le but d’effacer toute trace de la culture et de la langue aborigènes. Que devenaient ces enfants dans les familles blanches ? Tous n’ont pas été bien traités et je ne peux m’empêcher de penser aux enfants de la Creuse, ces petits Réunionnais exilés sur ordre de Michel Debré, enfants dont le sort ne fut pas toujours enviable (exploités, violés, réduits en esclavage pour certains).

J’ai aimé tant l’Australie qu’après avoir renoncé à y émigrer en 1974, j’y suis allée en vacances à seize reprises et je connais un peu le pays.

Si vous vous y rendez un jour, je vous conseille la visite de Tjapukai qui venait tout juste d’ouvrir quand j’y suis allée et qui est désormais « a popular Cairns tourist attraction », un endroit à ne pas manquer si vous avez le temps de visiter le Queensland (nord-est du pays) au bord de la mer de Corail. Très instructif, il faut prendre le temps.

De ab à aborigène…

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3 réflexions sur « Ab… Abo… »

  1. Tu donnes vraiment envie de mieux connaître l’australie …
    Je comprends mieux un certain chanteur qui s’y plait beaucoup.

     » Bon mercredi après une nuit quasiment sans sommeil, de peur que la chaudière ait encore un dysfonctionnement.
    Toujours un temps pourri qui ne fait rien pour arranger le moral …
    Alors, rions ! Pour oublier tout ça.
    Gros bisoux ma françoise ♥ « 

  2. bonjour chere Françoise, je m’en tiendrai au verbe abolir et au mot aborigène, oui l’esclavage a été bien long à cesser, mais a t il cessé ? dans les émirats, l’Afrique et l’Asie du sud est de nombreux travailleurs ont une existence bien proche de celles des esclaves, j’ai toujours été interessé par la vie des aborigènes et leur martyr, je ne suis pas attiré par l’Australie, j’ai beaucoup voyagé, mais je n’irai jamais en Australie, où j’ai pourtant de nombreux amis expatriés ! ah oui les petits réunionnais exilès dans des famille rurales françaises, un autre bel exemple ! bonne journee chere amie, bises

  3. j’ ignorais qu’ aboutir, signifiait aussi faire pousser des boutons !
    Concernant les aborigènes, j’ ai aussi pensé aux indiens d’ Amérique du Nord, relégués dans des réserves, par un peuple qui se prétend le gendarme du monder, mais sème le chaos partout où il passe !
    J’ ai un neveu qui vit en Australie, et qui me dit que le gouvernement donne une somme chaque mois aux aborigènes qui hélas le plus souvent, l’ utilisent pour se souler !
    Moi j’ y serais bien allé pour les reptiles nombreux qu’ on y trouve !
    J’ ai aussi suivi des reportages d’ où il ressortait que les aborigènes n’ aimaient pas les étrangers, on les comprend !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

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