Le chemin de Damas

Hier je vous proposais les paroles d’une chanson de Brassens avec, il est vrai, une petite idée derrière la tête.

J’en appelle à Bacchus !

Vu l’état piteux de mes godasses,
je dout’ qu’il trouve avec son chemin de Damas

Le représentant d’la loi vint, d’un pas débonnaire.
Sitôt qu’il m’aperçut il s’écria : tonnerre !
on est en plein hiver et si vous vous geliez !
Et de peur que j’n’attrape une fluxion d’poitrine,
le bougre, il me couvrit avec sa pèlerine.
Ça n’fait rien, il y a des flics bien singuliers

Ça n’fait rien, nous vivons un temps bien singulier...

Bacchus : le Dieu du vin

Le chemin de Damas sur lequel je voulais revenir avec vous après avoir évoqué le « gendarme » bienveillant de Georges, un représentant de la loi « bon Samaritain » qui couvre de sa pélerine un poivrot dénudé. Un flic gentil au fond pas comme les nôtres, ceux du moment qui, armés, castagnent et éborgnent sans remord des « Gilets Jaunes » et d’autres manifestants pas violents (qui n’avaient rien à faire là… ?). Nos flics sont-ils encore des représentants de la loi d’un pays démocratique ? La démocratie existe-t-elle encore ? Voilà des questions à se poser sérieusement !

Je relève aussi la phrase finale : « Ça n’fait rien, nous vivons un temps bien singulier…« ; n’est-ce pas qu’un leit-motiv au fil des générations ? Qui signifierait que c’était toujours mieux avant. (Pas si sûr : avant, guerres et crimes d’état ont laissé derrière eux des dizaines de millions de morts, nous devrions nous en souvenir et tout faire pour éviter que ça ne recommence.)

Ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est le « chemin de Damas ». Voyez-vous ce qui se passe en Syrie, en Turquie, avec les Kurdes ? Les Kurdes de Syrie, lâchés par Washington, ont conclu un accord avec Damas (et Bachar Al-Assad) pour le déploiement de l’armée syrienne dans le nord du pays, afin de s’opposer à l’avancée rapide des troupes turques et de leurs alliés. Notre monde est loin d’être en paix ! En plus de la pollution de la planète, ne devrions-nous pas craindre tous ces conflits et tenter de les faire cesser ? (En commençant par ne plus vendre d’armes.)

J’en arrive enfin à ce « chemin de Damas » ; chemin, route, ce qui était mon idée de départ et qui a inspiré des peintres, des cinéastes, des écrivains. D’où vient cette expression ?Pourquoi l’utilise-t-on ?

L’expression complète est, il  me semble est : « trouver son chemin de Damas » en référence à Saint Paul.  Trouver son chemin de Damas signifie trouver sa voie, se convertir à une doctrine après l’avoir combattue.

  • Jadis, Saul (qui prit le nom de Paul après sa conversion) était un pharisien qui persécutait de manière violente ceux qui suivaient Jésus.
  • Il avoue dans sa lettre aux Galates : « Vous avez certes entendu parler de ma conduite jadis dans le judaïsme, de la persécution effrénée que je menais contre l’Église de Dieu et des ravages que je lui causais ».
  • Cette conversion est présentée comme un miracle ; en effet, peu d’années après la crucifixion du Christ, tandis que Saul allait à Damas, en mission pour faire des prisonniers chrétiens et les ramener à Jérusalem, il eut soudain la vision d’une lumière venue du ciel ; il entendit une voix lui dire « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». « Qui es-tu seigneur ? » demanda Saul. La voix répondit « Je suis Jésus que tu persécutes ». Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait lus rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas. Pendant trois jours, Saul fut privé de la vue et resta sans manger ni boire.
  • Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie à qui le Seigneur avait dit : « Va ! cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon Nom auprès des nations païennes, auprès des rois et des fils d’lsraël. Je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom ». Ananie imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus, celui qui s’est montré à toi sur le chemin que tu suivais pour venir ici. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint ».
  • « Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, il recouvrit la vue. Il se leva et il reçut le baptême, puis il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. »
  • Tellement convaincu, il devint apôtre sous le nom de Paul.
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2 réflexions sur « Le chemin de Damas »

  1. je m’ attendais à ce que tu reviennes sur cette expression.
    On a bien remarqué que la violence est devenue familière, qu’ on tue aujourd’ hui pour un simple regard, qu’ on ne voit plus les gendarmes s’ arrêter quand on est en panne, et qu’ on voit des policiers censés protéger les citoyens avoir visiblement plaisir à les gazer et à les matraquer.
    C’ est un cercle vicieux, on sait que la violence attire la violence.
    Pas de Saul aujourd’hui, partout des caïns !
    Franchement, je ne serais pas étonné par une nouvelle guerre mondiale
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. bonjour chere Françoise, belle histoire que celle du chemin de Damas et de Paul le converti ! qui a enfin trouvé sa voie, puissent les matraqueurs, reflechir un peu à ce qu’ils font , et trouvent une voie un peu plus humaine… esperons aussi que les kurdes pourront redresser la situation en traitant avec Damas, tous ces bruits de bottes sont bien inquietants, ils n’ont guère le choix, car l’Europe empêtrée dans l’OTAN ne bougera pas ! bonne semaine chere amie, bisous

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